Santé : Pfizer rachète Allergan pour 150 milliards d’euros

Par Olivier Sancerre Modifié le 23 novembre 2015 à 23h50
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110 000Pfizer et Allergan emploient 110 000 employés.

La plus grande transaction de l'année, et une des plus importantes de l'Histoire, est en passe de réussir. Pfizer et Allergan vont bel et bien rapprocher leurs activités, le premier acquérant le second pour la bagatelle de 160 milliards de dollars.

La nouvelle entité, qui devra d'abord obtenir le feu vert de toutes les autorités de régulation des pays où elle est active, est un géant de la pharmacie. Ensemble, Pfizer et Allergan emploie en effet 110 000 employés partout dans le monde, et ils affichent un chiffre d'affaires annuel de 60 milliards grâce à des best-sellers comme le Viagra ou le Botox.

Mastodontes

Ce mariage entre deux mastodontes du monde de la santé obéit à des stratégies spécifiques. Pfizer a besoin de la croissance d'Allergan pour soutenir son activité et maintenir ses revenus ; quant à Allergan, cette acquisition va lui permettre de toucher d'autres marchés que ceux américains où il est très implanté.

Pfizer réussit surtout un tour de passe-passe aussi bien financier que politique. Car c'est Allergan qui va absorber Pfizer, pour une raison purement fiscale : la société, plus petite que celle qui veut l'avaler, est en effet basé en Irlande où le taux d'imposition est moindre que celui pratiqué aux États-Unis ! Pfizer reverse environ 26% de son chiffre d'affaires au fisc américain, contre 17% quand il sera domicilié à Dublin…

Fisc

Ian Read, le futur grand patron du nouvel ensemble, ne fait d'ailleurs aucun mystère de sa volonté de mettre les dirigeants américains devant le fait accompli : l'an dernier, il a essayé de mettre la main sur AstraZeneca, un groupe anglais, pour les mêmes raisons.

Quand l'opération sera achevée, c'est à dire à l'automne 2016, le groupe — qui s'appellera Pfizer — va scinder en deux ses activités avec d'un côté les produits dont les brevets ne sont plus protégés, de l'autre les produits à forte marge qui s'appuient sur la propriété intellectuelle qui n'est pas encore tombée dans le domaine public.

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.