Déficit : Pour Michel Sapin la France peut faire mieux que 3,3 % en 2016

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 14 novembre 2016 à 6h11
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5,7 MILLIARDS €Les mesures annoncées par le gouvernement depuis début 2016 devraient coûter 5,7 milliards d'euros.

Le gouvernement français ne perd pas de son optimisme qui l'a caractérisé durant ces deux dernières années, surtout en termes de résultats économiques. Alors que l'objectif de croissance pour 2016 semble désormais un mirage, même le gouvernement ne croit plus à 1,5 % de croissance, Michel Sapin estime que le déficit du pays pourrait être meilleur que prévu.

3,3 % de déficit en 2016 ou bien mieux que ça ?

Le gouvernement ne table plus que sur une croissance de 1,3 % bien qu'il n'ait pas officiellement déclaré que les 1,5 % de croissance en 2016, prévision sur laquelle a été basée la Loi de Finances 2016, sont impossibles. Toutefois, l'Insee a revu sa prévision de croissance à la baisse s'alignant avec celles de la Banque de France, de Bruxelles, de l'OCDE ou du FMI (entre 1,2 % et 1,4 % en fonction de l'organisme).

Pour atteindre 1,5 % de croissance il faudrait, selon les économistes, 1,2 % voire 1,4 % de croissance au dernier trimestre 2016... du jamais vu depuis des années. Or, c'est ce 1,5 % de croissance qui devait permettre à la France de faire baisser son déficit à 3,3 % en 2016. Sans compter les diverses annonces et cadeaux fiscaux faits durant l'année en prévision de la Présidentielle 2017.

Michel Sapin, dans un entretien accordé au journal Les Echos publié lundi 14 novembre 2016, ne semble pas vouloir perdre espoir, conforté par la Commission Européenne : en 2016, en France, le déficit sera de 3,3 %.

Déficit en 2017 : 2,9 % pour Bruxelles, toujours 2,7 % pour Michel Sapin

Le ministre de l'Economie et des Finances veut faire taire les mauvaises langues : "Je veux d'abord réaffirmer cet objectif de 3,3%, alors que certains prétendaient qu'il ne serait pas atteint" a-t-il déclaré aux Echos avant de se montrer très optimiste : "Mais je n'exclus pas qu'on puisse faire mieux."

Tout dépendra, bien évidemment, de la croissance au quatrième trimestre 2016 qui sera fort probablement boostée par la période de Noël. Le budget des Français est même attendu en hausse par rapport à 2015, ce qui est une bonne nouvelle.

Pour 2017, dernier délai pour la France pour faire tomber son déficit sous la barre des 3 % comme le pays l'a promis à Bruxelles dans le cadre du Pacte de stabilité, Michel Sapin fait une nouvelle fois preuve d'un optimisme à toute épreuve : alors que Bruxelles s'attend à 2,9 % de déficit (suffisant pour que la France n'ait pas d'amende), le locataire de Bercy table encore et toujours sur 2,7 %.

Pourtant, depuis début 2016 le gouvernement a débloqué quelques 5,7 milliards d'euros de dépenses de plus pour l'emploi, le salaire des enseignants, la sécurité... autant de dépenses imprévues qui risquent fort de peser sur la dépense publique.

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio