SNCM : dépôt de bilan probable aujourd’hui à la demande… d’un actionnaire

Par Olivier Sancerre Modifié le 2 novembre 2014 à 22h09

Un actionnaire peut-il vouloir la faillite de l'entreprise dans laquelle il a investi ? Dans le dossier de la SNCM, la réponse est malheureusement oui : Transdev, propriétaire de la majorité de la compagnie maritime méditerranéenne, va faire plonger la société.

Les actionnaires veulent revoir la couleur de leur argent

Transdev, actionnaire majoritaire de la SNCM, a demandé le remboursement de son prêt d'un montant de 103 millions d'euros. Une créance qui va faire basculer l'entreprise dans le dépôt de bilan dès le 3 novembre, date à laquelle le montant devient exigible. Si l'on rajoute les 14 millions de dettes détenues par Veolia Environnement, actionnaire à parité de Transdev avec la Caisse des Dépôts et Consignation, la somme à rembourser par la SNCM ne pourra pas être honorée par une compagnie exsangue.

La SNCM a plusieurs boulets au pied : non seulement l'entreprise doit faire face aux exigences de ses actionnaires, mais elle doit également composer avec Bruxelles, qui a infligé une amende de 400 millions d'euros suite à des aides d'État jugées illégales par l'exécutif européen.

Des réunions qui mènent à la crise

Les syndicats ont bien tenté de demander l'organisation d'une ultime réunion de médiation et de crise le 18 novembre, mais il est plus que probable que la SNCM dépose finalement son bilan ce lundi 3 novembre. Mardi 28 octobre, une réunion s'était tenue mais aucune solution de long terme n'a pas être trouvée.

Olivier Diehl, le président du directoire de la société, devrait en toute logique convoquer cette semaine un comité d'entreprise extraordinaire afin d'informer les salariés… et procéder au dépôt de bilan auprès du tribunal de commerce de Marseille. Le président du tribunal aura ensuite entre deux à six mois pour le règlement judiciaire à proprement parler.

La situation de la SNCM pourrait attirer des repreneurs. Mais pour que l'entreprise redevienne rentable, il faudrait alors se séparer de la moitié de ses effectifs, qui comptent un peu plus de 2 000 personnes.

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.