Les taux d’intérêt vont-ils repartir à la hausse aux États-Unis ?

Par Olivier Sancerre Modifié le 19 mars 2015 à 6h42
Shutterstock 153178391
5,5%En février dernier, le taux de chômage mesuré aux États-Unis a été de 5,5%

Patiemment, avec des mots prudemment choisis, la Fed prépare les esprits à une hausse des taux d’intérêt. Il s’agit pour Janet Yellen, la nouvelle directrice de la Réserve fédérale américaine, de ne pas bousculer trop fort les habitudes.

Car depuis dix ans, les taux directeurs de l’institution sont au plus bas. Et ils n’ont pas changé ce mercredi 18 mars, jour de réunion pour les membres de la Fed : ils sont restés entre 0 et 0,25%. Le dollar facile, c’est la clé de voûte qui a permis à l’économie américaine de tenir bon durant la crise et de rebondir depuis quelques trimestres, avec la force que l’on sait.

Inflation au plus bas, emplois au plus haut

Le communiqué de la Fed évoque un marché du travail encore fragile même si le taux de chômage s’approche des 5%. Or, l’organisme a aussi pour mission de s’assurer d’un marché de l’emploi dynamique et solide. L’inflation, qui a été de 0,2% en janvier sur un rythme annualisé (alors que l’objectif est de 2%), reste très faible, en vertu de salaires qui n’augmentent pas malgré le tiraillement du marché du travail. À terme, la hausse des prix devrait rester contenue grâce, entre autres, à des prix de l’énergie très bas et qui n’augmenteront pas à court terme.

Cependant, ce même communiqué a supprimé le mot « patient » : cela ne signifie pas pour autant que la Fed va devenir « impatiente », selon le mot de Janet Yellen. Les taux d’intérêts vont-ils augmenter en juin ? Rien n’est moins sûr, même si cette fenêtre de lancement circule parmi les économistes.

Appels à la modération

L’OCDE a d’ailleurs déclaré dans la foulée qu’il serait sage pour la Fed de poursuivre sa politique de taux directeurs bas afin de maintenir une bonne fluidité de l’économie américaine et soutenir l’activité privée au pays. De plus, un renversement complet de la tendance pourrait avoir des effets indésirables, comme le ralentissement des embauches ou une inflation qui repartirait soudainement à la hausse : des effets négatifs que veut s’éviter à tout prix la Fed.

Janet Yellen, directrice de la Fed, a de lourdes décisions à prendre.

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.