Taxe robots : comme Benoît Hamon, Bill Gates est pour

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 20 février 2017 à 6h06
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50%En 2035, 50 % des emplois du Japon pourraient être occupés par des robots et des intelligences artificielles.

Dans la société de plus en plus robotisée, surtout pour certaines tâches répétitives, la question commence à se poser : que va-t-on faire lorsque de nombreux emplois, en 10 % et 50 % selon les projections des analystes, seront occupés par des machines ? Qu’en sera-t-il des chômeurs ? Benoît Hamon estime, dans son programme pour 2017, qu’il faut instaurer une « taxe robots » pour financer, entre autres, le Revenu Universel.

Le milliardaire le plus riche du monde, connu pour sa philanthropie, est du même avis que le candidat du Parti Socialiste : pour Bill Gates, la taxe robots est une bonne chose.

Une taxe robots pour compenser la perte d’emplois

Dans un entretien accordé au journal Quartz, Bill Gates a fait une déclaration qui ne manquera pas de faire sourire Benoît Hamon : il a tout simplement soutenu les mêmes propos et les mêmes arguments pour défendre l’instauration d’une « taxe robots ». L’idée de base est simple : taxer les robots, qui coûtent moins cher qu’un humain aux entreprises sur le long terme, afin d’en compenser le remplacement.

Benoît Hamon veut utiliser cette taxe pour financer une partie du Revenu Universel que le candidat du PS veut mettre en place en France. Bill Gates n’est pas totalement du même avis car il a une idée beaucoup plus réaliste de l’utilisation de l’argent de la taxe robots : il ne s’agit pas de le reverser aux humains, en tout cas pas selon le principe d’un « revenu universel ».

Pour celles et ceux qui pourraient estimer que taxer les robots freinerait l’industrie, ils n’ont pas tort : au départ, selon Bill Gates, il y a un risque, surtout pour l’innovation ; mais ce risque est justifié. Toutefois, si les politiques prennent les bonnes décisions et ne rendent pas prohibitive l’utilisation des robots en les surtaxant, l’industrie, selon le milliardaire, ne devrait pas rechigner.

Utiliser l’argent de la taxe robots pour améliorer certains domaines

C’est au niveau de l’utilisation de l’argent issu de la taxe robots que les visions de Benoît Hamon et Bill Gates divergent : si le premier veut reverser les sommes sous la forme d’un revenu universel, Bill Gates a un projet beaucoup plus utilitariste.

Selon lui, l’argent de cette taxe doit être utilisé pour deux choses :

L’amélioration des services dans lesquels les humains sont irremplaçables et l’amélioration de l’éducation.

D’un côté, la taxe robots servirait donc à améliorer les services comme les services aux personnes âgé, l’accompagnement de ces derniers, les services de soins ou encore ceux concernant les enfants : autant de domaines où l’empathie humaine n’est pas remplaçable par des robots et des intelligences artificielles pour le milliardaire.

D’un autre, l’argent pourrait servir à améliorer l’éducation en permettant à plus d’enfants et jeunes de s’instruire dans de meilleurs conditions et dans des classes moins peuplées. Ainsi faisant, les générations futures pourront être prêtes pour faire les travaux qui ne pourront pas être pris par des robots ; des emplois qui demandent néanmoins d’avoir fait des études dans les meilleures conditions possibles.

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio