Thierry Lepaon démissionne, ébranlé par le scandale des dépenses somptuaires

Par Olivier Sancerre Modifié le 8 janvier 2015 à 6h14

Le secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon, était au pied du mur depuis plusieurs jours. Il a fini par démissionner de son poste ce mercredi 7 janvier, sur fond de train de vie dispendieux.

La CGT éclaboussée par les scandales de son secrétaire général

« Il y aura un nouveau secrétaire général de la CGT la semaine prochaine », a simplement déclaré l'ex patron du syndicat aux membres de la commission exécutive, le « gouvernement » de la CGT. Il faut remonter loin dans l'histoire pour retrouver un précédent, c'est à dire en 1909 et Victor Griffuelhes. Coïncidence, ce départ forcé est arrivé dans l'indifférence la plus totale, alors que la France avait les yeux braqués sur l'attentat à Charlie Hebdo.

Thierry Lepaon a précipité sa propre chute en tentant une dernière stratégie d'évitement qui est tombée à l'eau : il a en effet voulu s'associer à l'action des huit autres membres du bureau confédéral qui avaient souhaité remettre leur mandat en jeu auprès du comité central national — une manœuvre qui a ressemblé au chant du cygne pour un dirigeant acculé de toutes parts et poussé à abandonner son poste.

Thierry Lepaon décrédibilisé

L'ex secrétaire général traîne de sérieuses casseroles derrière lui : un niveau de salaire jugé trop élevé, des travaux dispendieux dans son bureau et son appartement, une prime de départ incongrue… Bref, il fallait à Thierry Lepaon agir avant que le mal ne soit fait et que l'image de la centrale syndicale soit trop écornée.

Qui va pouvoir remplacer Lepaon ? Difficile à dire pour le moment, la commission exécutive se réunissant lundi pour décider du nouveau fonctionnement à la tête du syndicat. Une direction collégiale, avec à sa tête une autorité morale (on évoque l'ancien secrétaire Bernard Thibault), circule beaucoup.

Les dépenses somptuaires de Thierry Lepaon ont entâché la crédibilité de la CGT.

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.