Uber a (encore) augmenté ses tarifs durant une attaque

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 5 juin 2017 à 6h16
Uber Chauffeurs Greve Treve 1
700 MILLIONS $Uber aurait perdu plus de 700 millions de dollars au premier trimestre 2017.

Le Royaume-Uni a été frappé par une nouvelle attaque terroriste, à Londres, le samedi 3 juin 2017 dans la soirée. Sept personnes sont décédées et plusieurs dizaines ont été blessées dans l’attaque revendiquée par Daesh durant le week-end. Et Uber, une fois encore, a fait scandale par ses pratiques liées, essentiellement, à l’intelligence artificielle : les prix ont augmenté.

Les tarifs de l’application Uber en hausse dans la zone de l’attaque

L'attentat de Londres du 3 juin 2017 a frappé le London Bridge et le plein centre de Londres. Comme souvent, de nombreuses personnes ont tenté de fuir les lieux par taxi ou par Uber et, encore une fois, la polémique n’a pas manqué. Plusieurs internautes, sur Twitter, se sont plaints de l’augmentation des tarifs Uber dans cette zone lors de l’attaque.

Au contraire, les taxis, qui ne se basent pas sur une application, auraient été nombreux à proposer des courses gratuites aux personnes présentes tentant de trouver refuge plus loin dans la capitale britannique. Et la polémique, un nouveau problème d’image pour Uber, n’a pas manqué de rappeler les précédents et, notamment, la prise d’otages survenue à Sydney en 2014.

Uber, de son côté, à tenter de calmer le jeu : le groupe aurait, selon un communiqué diffusé à la suite de la polémique sur les réseaux sociaux, remboursé les courses effectuées dans la zone et bloqué la tarification dynamique pour la soirée à Londres. Car c’est la tarification dynamique qui pose, une nouvelle fois, problème.

Une Intelligence Artificielle gère l’offre et la demande

La grosse différence, dans ce genre de situations d’urgence, entre les taxis et Uber est l’Intelligence Artificielle qu’utilise ce dernier : c’est elle qui calcule le coût de la course, en prenant en compte la durée, le trajet mais également l’offre et la demande.

En cas d’événement majeur, forcément, la demande explose et le prix de la course est réévalué à la hausse en conséquence par un algorithme maison d’Uber. L’application, elle, ne fait qu’afficher le prix et le chauffeur, lui, ne fait que l’appliquer.

Si personne ne critique Uber d’augmenter ses tarifs en cas d’événement majeur, comme une finale sportive ou un concert, par exemple, en cas d’urgence la polémique est régulière. Seul souci : difficile pour Uber de dire à son IA de gérer l’urgence comme telle car cette dernière n’a, comme données, que le nombre de demandes qui lui sont effectuées.

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio