Union bancaire européenne : l’étape technique qui doit précéder l’action politique

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Par Eric Delannoy Modifié le 29 juin 2012 à 6h31

Les Européens se sont mis d'accord ce matin tôt (lire ici l'EcoDigest du 29 juin 2012) pour se diriger vers "une véritable union économique et monétaire." Cette marche à suivre donne le mode d'emploi de l'Union bancaire européenne, nécessaire pour améliorer l'intégration bancaire, en essayant de rompre le lien entre les banques en difficulté et l'endettement des Etats de la zone Euro.

Seule solution durable de sortie de crise, cette union bancaire européenne comprendrait trois volets : Premièrement, la création d’un fond européen de restructuration, comme mécanisme de résolution des crises, ferait en sorte que les banques paient elles-mêmes les conséquences de leurs engagements sans que le contribuable doive « mettre la main à la poche ». Deuxièmement, une supervision européenne plus indépendante des décisions nationales doit être mise en place. Enfin une garantie européenne des dépôts bancaires est indispensable.

L’union bancaire est une étape « technique » qui doit précéder les étapes politiques. Elle demandera au préalable une union budgétaire pour en garantir la pleine efficacité. Son élaboration comporte des enjeux certains. La Grande Bretagne par exemple reste à convaincre : c’est ici un acteur clé et pourtant traditionnellement « eurosceptique[1] ».

A terme, les étapes politiques devront être abordées. En effet, nous vivons avant tout une crise de gouvernance européenne et seule une plus forte intégration européenne nous permettra de sortir par le haut de cette crise.

Cette intégration doit passer par plus de fédéralisme c’est à dire par l’abandon d’une part de souveraineté des Etats. Plus de gouvernance et de légitimité démocratique européenne sont également au cœur du débat, sans elles, un tel projet ne pourra pas durer. Cela passera également par une harmonisation des réglementations nationales (modalités d’intervention des banques dans l’économie, mise en place du passeport européen pour les Hedges Funds[2], contrôles budgétaires…).

Un réel pouvoir d’exécution et d’initiative doit être conféré à l’Union Européenne afin de dépasser la position purement « défensive » actuelle. Cela permettra la création d’un espace plus puissant et moins endetté que les Etats-Unis ou le Japon.


[1] « eurosceptique » : idée politique rassemblant l’ensemble des doutes ou des critiques exprimés quant à l’efficacité ou aux résultats des programmes des communautés européennes.

[2] « hedge fund » fonds d’investissement dont la particularité réside dans sa spécialisation dans les investissements à risques ou à faible rentabilité.

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Eric Delannoy, 47 ans, est vice-président de Weave. Diplômé de l'ENSAE, de Dauphine et de Science Po Paris, il a commencé sa carrière chez Cetelem avant de devenir directeur chez PricewaterhouseCoopers puis, en 2003, responsable de la business unit CRM pour le secteur finance chez IBM Business Consulting Services. Il a rejoint Weave en 2005 pour créer l’activité banque.