Scandale Levothyrox : l'ancienne formule disponible jusqu'à fin 2021

3,1 %
3,1% des 3 millions de patients traités par lévothyroxine prenaient
encore l'ancienne formule début 2020.

Sur demande de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), les laboratoires Merck ont accepté de maintenir l’ancienne formule du Levothyrox (Euthyrox) au moins jusqu’à la fin 2021. Après plusieurs années de bataille judiciaire, les patients atteints d’hypothyroïdie vont pouvoir souffler. 

Levothyrox : les laboratoires Merk prolongent la distribution de l’Euthyrox 

C’est un « immense soulagement » pour les patients de l’Association française des malades de la thyroïde (AFMT) ainsi que toutes les personnes qui prenaient du Levothyrox. Dans un courrier adressé à l’association, le ministère de la Santé a annoncé vendredi 7 août 2020 avoir « demandé aux laboratoires Merck de tout mettre en œuvre pour maintenir la spécialité Euthyrox en France au-delà de septembre 2020 ». Ainsi, l’ancienne formule du médicament contre l’hypothyroïdie dont la distribution devait s’arrêter à la rentrée 2020, sera finalement disponible jusqu’à fin 2021. 

« Cette prolongation de distribution d’Euthyrox offrira aux patients concernés un temps supplémentaire pour amorcer le changement de traitement dès que possible pour une alternative thérapeutique pérenne », précise le courrier. Pour le moment, aucun des autres médicaments comparables récemment mis sur le marché n’avaient convenu aux patients, mettant ce dernier en position de monopole. 

Levothyrox : une longue bataille judiciaire 

Depuis la commercialisation de la nouvelle formule du Levothyrox en mars 2017, certains patients s’étaient plaints d’effets secondaires : maux de tête, insomnies, vertiges, mais aussi prise de poids, perte de cheveux, pertes de mémoire… Au total, 17.000 cas d’effets secondaires ont été recensés. Une action collective est engagée dès le 24 octobre 2017 contre le laboratoire Merck pour « non-assistance à personne en danger » mais aussi « tromperie aggravée », « blessure involontaire » et « mise en danger d'autrui ». Première victoire pour les victimes : le 14 novembre 2017, le Tribunal de grande instance de Toulouse condamne le laboratoire à fournir « sans délai » l'ancienne formule à des patients de Haute-Garonne. 3 ans après, la bataille juridique continue. 

Plus récemment, le 25 juin 2020, la Cour d’appel de Lyon a condamné Merck à verser 1.000 euros à chaque plaignant, pour « défaut d’information » et « préjudice moral » lors du changement de formule. Le laboratoire a annoncé son intention de se pourvoir en cassation


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