Affaire d'État. Liens troubles entre l'État français, l'État islamique et Lafarge !

13 millions d'euros
Le cimentier Lafarge est accusé d'avoir versé près de 13 millions
d'euros à des groupes armés en Syrie, dont l'Etat islamique.

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Lafarge, Daech, Syrie, et barbouzeries ! C’est un article d’un journal très révisionniste, totalement fasciste, et profondément complotiste du nom de Libération ! Vous aurez compris l’ironie de mon propos puisque Libération n’est justement rien de tout cela.

Le journal Libé, c’est plutôt du politiquement correct dégoulinant et à volonté en entrée, plat et dessert !

Et voilà que Libération fait un long papier, très long même sur les liens entre l’État français, l’État islamique et l’entreprise Lafarge.

Mais qu’avons-nous fait ?

Comme chacun sait, Bachar est le méchant boucher de Damas, et les rebelles sont supers gentils, et nous, comme on est bons (et pas les brutes ou les truands), on est aussi du côté des gentils.

C’est vrai que les gentils, en Syrie, ils sont vite un peu islamistes sur les bords. Du coup, ils sont gentils là-bas, mais très méchants ici… C’est ce que l’on appelle la complexité des relations internationales, et comme nous sommes des imbéciles de sans-dents, on ne peut pas comprendre !

Manque de bol, il y a une enquête avec une juge qui semble interroger un peu de monde chez Lafarge, vous savez, le grand groupe cimentier français qui avait une usine là-bas, en Syrie, pour fabriquer du ciment et du bon béton.

Bon béton que l’on retrouve d’ailleurs dans les tunnels qui servent aux islamistes pour se planquer… Ben Laden lui aussi faisait dans le BTP en Afghanistan et ailleurs. BTP, islamisme et services secrets ont toujours fait bon ménage !

Nous avons bombardé la Syrie, pays souverain, même si nous ne l’aimons pas.
Nous avons armé des combattants là-bas, appelés gentils rebelles et devenus rapidement de vilains islamistes.
Nous avons accusé une entreprise française de liens avec l’ennemi alors qu’il commence à apparaître que les locaux de cette même entreprise hébergeaient les forces spéciales américaines puis françaises, puis aussi les gentils islamistes de Daech…

Bref, il apparaît surtout que nous menons en Syrie une politique qui n’est pas celle de la France.

Que nous arrive-t-il pour que nous agissions ainsi ?

Qu’avons-nous oublié de nous-mêmes, de notre histoire, de nos traditions ?

L’affaire syrienne est un scandale d’État.

Un scandale d’État qui remonte jusqu’à chacun de nos derniers présidents.

Voici les extraits des meilleurs moments de cette grande enquête de Libération.

Syrie : comment Lafarge informait l’État français

Dans l’affaire du financement de l’État islamique par l’entreprise de matériaux de construction, Libération révèle que les renseignements français étaient informés de façon précise et régulière par le directeur sûreté. L’Élysée et le Quai d’Orsay participaient à des discussions stratégiques sur l’envoi de soldats dans l’usine.

Lors de ce troisième interrogatoire, révélé par ­Libération, la juge questionne Jean-Claude Veillard sur un point crucial : les services de renseignements français étaient-ils informés de la « réalité du financement » de l’EI par ­Lafarge ? La réponse est limpide  : « Je ne faisais aucun tri dans les informations que je donnais aux services des renseignements. » Et d’enfoncer le clou ? : « Au cours des réunions, j’ai donné toutes les informations. » Selon l’agenda fourni par Jean-Claude Veillard aux enquêteurs, le directeur sûreté a rencontré à 33 reprises les différents services de renseignement extérieurs (DRM, DGSE) et intérieurs (DGSI) entre 2012 et 2014.

Jusqu’ici, le scandale dépeignait surtout l’entêtement d’une multinationale pour engranger des profits au risque d’exposer ses salariés aux enlèvements et de contribuer au financement d’une organisation terroriste. Désormais, c’est l’État qui apparaît au cœur de l’affaire.

Une affaire d'État !

« Ancien commando marine, en poste dans l’entreprise depuis 2008, Jean-Claude Veillard, 64 ans, est un familier des cercles de la défense nationale. À la juge Bilger, il tient à préciser qu’il a « passé [sa] vie à combattre le terrorisme, en Afghanistan, en Bosnie, en Somalie ». Décrit comme un homme à la fibre patriotique chevillée au corps, il noue au fil du temps une relation de confiance avec différents services secrets.

Le groupe Lafarge seule source du renseignement français en Syrie

La juge tente alors de sonder l’importance de ses renseignements pour les services? : « Étiez-vous la seule source d’information pour la DGSE ? » « Dans cette partie de la ­Syrie, j’aurais la prétention de le croire », rétorque le directeur sûreté.

Opération « grosmarmotte » !

Pour ­converser avec le directeur ­sûreté, la DGSE opte pour la création d’une adresse mail dont l’intitulé est ­surprenant ? : grosmarmotte@gmail.com.Plusieurs fois, Veillard l’utilisera pour informer le service de la destinée de l’usine. Ainsi, le 13 septembre 2014, il avise la DGSE de sa future rencontre avec deux dirigeants kurdes en France. L’EI attaque l’usine et en prend possession quelques jours plus tard, le 19 septembre. Dans un autre mail adressé à la DGSE, daté du 22 septembre, Veillard fait ouvertement part de son inquiétude ?: «L’usine est maintenant occupée par Daech qui bénéficie de notre cantine, clinique et base vie. […] Le contact a été établi pour la libération de nos collègues chrétiens. Nous recherchons maintenant une voie pour payer la “taxe” car leur jugement est simple? : la conversion, la taxe ou la vie…»

L'usine de Lafarge, base des forces spéciales françaises !

« Dès 2014, alors que l’usine syrienne venait d’être investie par l’EI. Sherpa, partie civile dans l’enquête, a demandé l’audition de Laurent Fabius, alors au Quai d’Orsay. «En octobre ou novembre», Jean-Claude Veillard fait état de contacts avec le cabinet militaire du président François Hollande. « Mon simple objectif était de faire comprendre que cette usine pouvait être utilisée comme base dans le cadre de déploiement des forces militaires françaises », explique le directeur sûreté de Lafarge dans le bureau du juge. À la fin de l’année 2015, ce sont dans un premier temps les forces spéciales américaines qui prendront pied dans l’usine. Le 28 décembre 2015, Jean-Claude Veillard contacte par mail l’ambassadeur français pour la Syrie, basé à Paris, Franck Gellet, afin de le rencontrer? : «J’ai informé le directeur de la DRM et le CEMP [état-major personnel] du PR [président de la République] de cette évolution de situation. […] Je sollicite un rendez-vous dès que possible afin que nous puissions partager avec vous les informations à notre disposition et que vous nous proposiez une stratégie pour garder le contact avec ce site.» Le commandement militaire retient finalement la proposition de Lafarge, et positionne des forces spéciales françaises dans l’usine, aux côtés des Américains, quelques semaines plus tard. »

Je vous invite à prendre le temps de lire directement cet article en entier sur le site de Libération.

Je vous invite également à diffuser au plus grand nombre ces informations, pour qu’elles ne restent pas confidentielles, pour que les citoyens de notre pays sache quelle sale guerre nous faisons pour des intérêts qui ne sont certainement pas ceux du peuple souverain de France !

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Article écrit par Charles Sannat pour Insolentiae


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Charles Sannat

Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l'Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.

Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com

Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.