Meublés touristiques : Paris réfléchit à un système de quotas

30 %
Le taux d'occupation d'un meublé de tourisme serait de 30% en moyenne,
soit 15 semaines par an.

À l'image de Barcelone, la capitale française planche sur un système de quotas par zones pour les meublés touristiques.

Un quota de meublés touristiques

Airbnb, Booking.com, Tripadvisor et autres Abritel-HomeAway vont commencer à trembler. Mardi 13 avril 2021 sera étudiée au Conseil de Paris une mesure visant à imposer un certain nombre de quotas par zone pour les meublés touristiques. Il ne pourrait ainsi n'y avoir qu'un certain nombre de meublés touristiques dans les zones les plus touristiques de Paris. Des zones touristiques qualifiées de « tendues » car souffrant d'un manque de logements.

Ainsi, le texte qui sera soumis à l'étude du Conseil de Paris s'inspire de la politique mise en place par la ville espagnole, Barcelone qui est pionnière en la matière. Le texte prévoit d'« expérimenter, en lien avec l'État, un système de quotas ou d'interdictions par rue ou par quartier dans les zones tendues de Paris » et est également une des propositions des vingt-six citoyens, tirés au sort.

Les « zones tendues » de Paris visées

En charge de ce dossier, l'adjoint à la maire de Paris chargé du logement et élu communiste, Ian Brossat explique plus en détaille le projet que porte la municipalité : « L'idée, c'est de lancer une étude sur le sujet pour voir à quoi un tel système pourrait ressembler à Paris et dans quelle mesure il serait utile » autant que « si, à l'issue de cette étude, cela s'avère pertinent, il faudra de toute façon un changement législatif ».

Parmi les quartiers visés par cette expérimentation future, le Marais, Montmartre et d'autres quartiers très prisés des touristes. Cependant, la mesure ne plaît pas aux acteurs du secteur, dont le leader Airbnb voit d'un mauvais œil cette proposition. Ce dernier rappelle que « la mise en place de quotas pour les locations saisonnières serait illégale » puisque « les municipalités n'ont pas les compétences légales pour mettre en place ce type de mesures, discriminatoires pour les locations saisonnières ».

Cependant, pour pallier cette absence légale, la municipalité de Paris souhaite faire inscrire dans le projet de loi 4D, pour décentralisation, différenciation, déconcentration, décomplexification, dont le vote est prévu cet été, un amendement qui « autorise les communes le souhaitant à disposer de la possibilité d'adapter la régulation des meublés touristiques aux spécificités locales » .


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