La BCE s'inquiète : l'inflation pourrait tomber dans le négatif

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Pour la BCE, le taux idéal d'inflation est proche de 2%.

La Banque centrale européenne (BCE), dirigée par Christine Lagarde, est en première ligne face à la crise économique qui se profile, liée à la pandémie de Covid-19. Son arsenal ? Des rachats massifs d’actifs et de dette, et des prêts pour des centaines de milliards d’euros afin de soutenir l’économie. Pas de quoi lever toute inquiétude, loin de là…

Isabel Schnabel prévient : l’inflation pourrait tomber dans le négatif

Samedi 27 juin 2020, comme le relate Bloomberg, Isabel Schnabel, membre du comité exécutif de la BCE, a défendu le programme de rachat d’actifs et de dettes lancé pour faire face à la crise économique. L’enjeu est majeur : alors qu’Angela Merkel a accepté le projet d’une dette commune à l’ensemble des pays de la Zone euro, projet proposé par l’Italie et l’Espagne et finalement validé par Emmanuel Macron et la chancelière allemande, l’Allemagne pourrait être contrainte de ne pas y participer. La plus haute instance juridique du pays, la cour de Karlsruhe, se pose la question du bien-fondé de l’opération.

La BCE a donc lancé un vaste plan de défense de son plan de soutien à l’économie, entre autres en dévoilant des documents confidentiels. Quant à Isabel Schnabel, elle a souligné le pire : l’inflation pourrait tomber en territoire négatif.

« L’inflation pourrait rester proche de 0% jusqu’à l’année prochaine, et des niveaux d’inflation négatifs sont possibles », a déclaré Isabel Schnabel relayée par Bloomberg.

Un risque de division dans la zone euro

La BCE a établi trois scénarios pour l’inflation en zone euro : le meilleur prévoit des taux relativement bas, 0,2% au quatrième trimestre 2020 et 0,4% au premier trimestre 2021, mais une hausse rapide : plus de 1% d’inflation dès le deuxième trimestre 2020. Par contre, le scénario le plus noir ne prévoit pas de remontée des prix à plus de 1% avant… le quatrième trimestre 2020, et ce après un passage en territoire négatif (-0,2%) fin 2020 et début 2021.

De tels taux présentent un risque pour la zone euro : « ça irait à l’encontre de l’idée même de monnaie unique si nous ne faisons rien et que nous regardons la pandémie creuser un fossé dans la zone euro et produire de profondes divisions qui mettraient en péril le retour d’une politique monétaire unique à long terme ». Comprenez : la zone euro, et donc l’euro, n’aurait plus aucun sens.


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