L'euro a déjà éclaté. La Banque de France détient 20 % de la dette française !

1.700 milliards d'euros
La dette négociable de l'État français s'élève à 1.700 milliards
d'euros.

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Hier, dans mon article « L’épargne est devenue totalement inutile », je vous parlais du rôle économique ancestral de l’épargne des uns finançant les besoins des autres !

Je vous ai démontré que si les taux étaient négatifs c’était parce que l’épargne ne servait plus à rien tellement elle était devenue abondante en raison de l’impression monétaire de nos banques centrales, à commencer par la BCE, la Banque centrale européenne.

Je vous avais également dit à plusieurs reprises que quand on dit que c’est la BCE qui achète des « actifs » (dans la sémantique actuelle on considère une reconnaissance de dette comme un actif), c’est-à-dire une obligation souveraine, ou plus précisément une dette d’un pays européen, c’est techniquement chaque banque centrale nationale qui rachète les dettes de son propre pays !

L’euro a déjà éclaté !

Ce n’est pas moi qui le dis.
Je ne dis d’ailleurs jamais rien.
Je n’invente jamais rien.

Un jour, l’un de mes profs qui m’a le plus marqué m’a expliqué : « Charles, 95 % des informations sont dans le domaine publique et font partie de ce que l’on appelle des sources ouvertes. Charles, lis, encore, et encore, et analyse ! » C’était avant Internet, et pour les sources ouvertes, il fallait lire les journaux et se déplacer physiquement dans les lieux abritant les « sources » d’information.

Je ne vous affirme donc pas gratuitement que l’euro a déjà éclaté, et c’est une excellente nouvelle pour le souverainiste que je suis et qui, à 17 ans, n’a pas pu voter lors du référendum de Maastricht.

Si l’euro a déjà éclaté, c’est parce que chaque pays via sa banque centrale nationale rachète sa propre dette, ce qui veut dire que dans les faits, tout est organisé pour tenir des comptes bien clairs… les bons comptes faisant les bons amis.

En clair, la dette française n’est pas chez les Allemands, ni la dette italienne, ni aucune autre d’ailleurs.

Alors Macron pourra raconter ce qu’il veut avec la Merkel en nous expliquant qu’ils font des trucs super géniaux pour l’Europe… La réalité c’est…

Chacun sa dette, « chacun sa merde » !

Pour ceux qui en doutaient encore, voici cet article des Échos, un journal pas franchement subversif, plutôt bien sous tous rapports et que l’on peut encore citer sans passer pour un horrible fasciste europhobe et qui est une « source ouverte ».

« La Banque de France achète la dette française dans le cadre du « Quantitative easing » de la BCE

La part de dette publique détenue par les étrangers est au plus bas depuis dix ans. La Banque de France achète de la dette pour le compte de la BCE.

C’est le vœu de certains dirigeants politiques : renationaliser la dette française. Quelques-uns souhaiteraient même que la Banque de France puisse directement acheter les titres émis par l’État, une pratique strictement interdite dans la zone euro. Or, d’après les dernières statistiques de l’institution monétaire, celle-ci est probablement le plus gros créancier de l’État et son poids s’est encore accru. La Banque de France détient un peu moins de 20 % de la dette négociable de l’État, qui s’élève à 1.700 milliards d’euros. Pour mémoire, sa part était inférieure à 5 % à la fin 2014 ». …

Hahahahahahaha !

En 2014, il y a 4 ans, la Banque de France détenait moins de 5 % de la dette nationale. Nous en sommes à 20 !

Maintenant, c’est 20 %...

Mes amis, c’est la Banque de France qui assure péniblement la liquidité de votre contrat d’assurance vie en fonds euros contenant de la bonne dette d’États en faillite virtuelle.

Je ne sais pas combien de temps durera encore toute cette mascarade, mais je vous invite à investir dans du tangible et dans du productif !! Fuyez le papier, il finira brûlé et vous, ruinés.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Article écrit par Charles Sannat pour Insolentiae


A découvrir

Charles Sannat

Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l'Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.

Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com

Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.