Franck Duval - S3E Suez : « Nous voulons Meridiam comme pilote »

Dans un peu moins de dix jours, les différents acteurs de l’acquisition de Suez par Veolia devront présenter leur feuille de route. Au centre des enjeux, les actionnaires extérieurs qui seront finalement retenus et la répartition des forces au sein du futur conseil d’administration. Minoritaire, mais influent, le syndicat de l’encadrement (cadres et TSM) S3E Suez veut faire entendre sa voix et sa préférence assumée pour le fond Meridiam.

A quel actionnaire va la préférence de votre syndicat ?

Franck Duval, Président du syndicat autonome de l’encadrement S3E du groupe Suez :

« Nous sommes en contact avec Meridiam depuis le 11 avril date de la signature d’un accord entre les deux Conseils d’Administration. Nous les avons rencontrés, nous les soutenons, et  nous souhaitons que Meridiam obtienne 50,1% des droits de vote pour être le décideur et mettre en œuvre ses engagements annoncés. Nous sommes favorables à cette solution et nous nous opposons à l’idée que GIP représente 40% de l’actionariat. Personne ne sait pourquoi GIP veut investir dans Suez. Quelles sont leurs intentions de développement ? Les actions salariales ? Pour faire quoi ? C’est un fonds étranger, non Européen: ils n’ont pas vocation à rester actionnaire 10 ans comme le prévoit le pacte signé le 14 mai. Nous ne sommes pas d’accord qu’ils dépassent les 20% du futur consortium.

Nous avons sollicité le ministre de l’Économie pour lui rappeler que ce n’était pas admissible qu’il accepte que GIP monte à 40% dans le capital. C’est le Ministre qui a l’autorité pour dire NON !, il doit s’appuyer sur le décret Montebourg, qui lui permet de donner son accord sur les investisseurs étrangers ! Pour l’instant, on nous a dit qu’on avait été entendu, mais on n’a pas eu de retour dans les actes. »

Si vous rejetez GIP, quel partenaire vous semble plus pertinent ?

F.D. : « Nous sommes favorables à Meridiam, ils ont déclaré publiquement qu’ils étaient prêts monter jusqu’à 80% du capital. Le fonds a défini ses engagements. Ce que nous souhaitons : c’est avoir l’assurance dans le compromis du pacte d’actionnaires que c’est Meridiam bien qui sera le pilote et décisionnaire dans le nouveau consortium. Il doit y avoir un vrai leadership, si nous voulons que la stratégie de Suez s’incarne et retrouve sa stature sur le long terme. Nous avons également accueilli favorablement la marque d’intérêt de Remondis, qui a 18 milliards d’actifs, dont 8 milliards dans les mêmes métiers que nous. Ce groupe est complémentaire et a également une stratégie de développement pour le futur Suez. »

De leur côté, la CGT, la CFDT et la CFTC, qui revendiquent plus de 65% de la représentation des salariés, semblent attendre beaucoup du Parquet national financier. Que pensez-vous de leur position ?

F.D. : « Chacun suit le chemin qu’il croit, ils sont dans l’idée de faire annuler l’accord du 11 avril. Ils sont focalisés sur l’obtention de 11% du capital pour les salariés. Il faut bien comprendre qu’à 50 ou 60 millions le point d’actionnariat salariés, il va falloir de nombreuses années avant d’atteindre déjà les 10% de l’accord du 11 avril. Notre syndicat préfère construire rapidement et repartir dès le mois d’octobre si le retour des autorités de la concurrence européenne et dans neuf pays sont positifs. La nouvelle prise en main effective se fera au mieux au printemps 2022. Nous espérons que nous travaillerons alors avec Meridiam pour la reconstruction à court terme de notre groupe SUEZ. »


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