Grève à Air France : la direction fait un geste pour sortir de la crise

590 millions d'euros
Air France a dégagé un bénéfice d'exploitation de 590 millions d'euros
en 2017.

Chez Air France, en ce mercredi 11 avril, septième jour de grève, la direction fait un geste pour tenter de mettre un terme à ce conflit qui dure depuis deux mois. Le directeur général d'Air France, Franck Terner, a ainsi proposé une main tendue aux organisations syndicales. 

La direction propose d'étaler l'augmentation réclamée par les syndicats sur trois ans

À l’instar de la SNCF, Air France subit une grève morcelée depuis deux mois. Ainsi, il s’agit ce mercredi 11 avril, du septième jour de grève. Mais alors que le conflit s’enlise, le directeur général d'Air France, Franck Terner, a fait une proposition le 10 avril au soir. Ce dernier a proposé « une main tendue » aux organisations syndicales. 

Si les syndicats demandent 6% de hausse des salaires, la direction leur propose d’étaler l’augmentation sur trois ans. Et, ce, dès 2018. Et une hausse de 2% des rémunérations pourrait même être négociée, au lieu du 1% offert au départ. Le souhait d’Air France est évidemment de mettre fin à la grève, mais aussi de se mettre autour de la table dès jeudi 12 avril, alors que les dernières réunions entre syndicats et direction ont tourné court. Et que les vacances scolaires débutent le 14 avril.

Une proposition mal accueillie chez les pilotes et les personnels au sol

Mais l’accueil de cette proposition est plus que mitigé. Philippe Evain, le leader du SNPL, syndicat majoritaire chez les pilotes, estime que la proposition « n'a ni queue ni tête »Pour lui, la direction propose de lever le conflit sans rien obtenir de concret en échange. L’intersyndicale, composée de 11 centrales et qui représente aussi bien les pilotes que les navigants ou personnels au sol, doit tenir une conférence de presse pour donner sa position officielle sur cette offre. Mais il semble bien que l'on en connaisse déjà la teneur.

Depuis le début du mouvement, les syndicats sont déterminés et semblent inflexibles sur leur demande d'une hausse générale des salaires de 6%. Et la direction n’accède pas à leur revendication : elle propose 1% d’augmentation générale, en plus du 1% déjà avancé et 1,4 % d’augmentations individuelles. Pire, elle conditionne cette main tendue à la tenue d’une négociation sur les salaires sur trois ans, ce qui veut dire que les parties doivent trouver un accord.  Et si la direction demandait en échange des mesures de productivité, et davantage de flexibilité aux personnels ? Mais la direction aura peut-être les salariés grévistes à l’usure. Des signes d'essoufflement se font ressentir, en effet, chez les personnels de cabine et ceux au sol.

Selon la direction, le nombre grèvistes a chuté de 22 % au début du conflit, en février, à moins de 9 % le 10 avril. Cette grève aurait coûté 170 millions d’euros. Et lorsque l'on sait qu'Air France a dégagé un bénéfice d’exploitation de 590 millions d’euros en 2017, certains salariés commencent à se dire qu'il serait dommage qu’une partie de cette somme soit engloutie dans ce mouvement social. La reprise des négociations pourrait donc être une porte de sortie honorable pour tout le monde.


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