Le collectif de la Manif pour Tous veut s'attaquer au porte-monnaie du gouvernement s'ils n'est pas entendu

8 millions de Français ont suivi l'intervention télévisée du chef de
l'Etat jeudi 28 mars dernier.

"On ne lâche rien" !

 

Tel est le mot d'ordre donné dimanche 24 mars dernier (lire ici), par les différents porte-paroles de la Manif pour Tous. Epuisant peu à peu tous les recours et moyens possibles pour se faire, non pas entendre, mais écouter par François Hollande et le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, le collectif à l'initiative des 3 grandes dernières manifestations parisiennes contre le projet de loi pour personnes du même sexe semble plus déterminé que jamais.

Pour preuve, il avait lancé hier un appel à se rassembler devant le siège de France Télévision alors que François Hollande passait son grand oral (lire ici). Une mobilisation réussie et "conséquente" selon les mots même de David Pujadas. Mais lors de son allocution sur France 2, François Hollande n'a pas eu un mot pour la manifestation de dimanche sur l'avenue de la Grande Armée, ni pour les personnes présentes devant France Télévision.

De quoi énerver considérablement Frigide Barjot, devenue l'agitatrice publique numéro 1. Pour elle, si le président Hollande avait alors annoncé un retrait de la loi, elle aurait appelé les manifestants à faire bloc derrière lui. Sinon il faudra craindre d'autres mobilisations, en fonction de l'actualité parlementaire, et d'autres formes de protestation, économiques cette fois-ci.

Tout d'abord, l'audimat. A savoir le fait de demander aux téléspectateurs d'éteindre leur télévision lors de l'intervention présidentielle. Ainsi ce sont 8 millions de personnes, soit 29,1 % du public qui a suivi l'interview du chef de l'Etat.

Ensuite les impôts. Le collectif appelle les Français à déclarer leurs revenus, non plus sur internet (qui simplifiait considérablement la procédure), mais sur papier. Sur le même sujet, les mécontents de l'action du président de la République sur le sujet du mariage pour tous seront également appelés à résilier leur contrat de mensualisation de leurs impôts, et enfin de payer 2 euros en plus du montant réclamé.

Des mesures simples mais qui à l'heure, désormais, du "choc de simplification", compliquent considérablement l'action de la machine fiscale française.

Dernière mesure annoncée : le collectif de la Manif pour Tous envisage également d'appeler les Français à transférer leurs économies placées sur leur livret A vers un autre compte, tous à la même date. On est loin des retraits massifs d'argent qui planent sur Chypre actuellement mais quel que soit le jour annoncé pour cette action, il risque d'être marqué d'une croix "noire" pour les banques françaises… 


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Jean-Baptiste Le Roux

Jean-Baptiste Le Roux est journaliste. Il travaille également pour RCF où il est en charge de l'actualité sur web. Il a travaillé pour Perspective Entrepreneurs, Jalons, Causeur et Valeurs Actuelles avec Basile de Koch avant de rejoindre Economie Matin, à sa création, en mai 2012. Il est diplômé de l'Institut européen de journalisme et ancien membre de l'Association des Journalistes de Défense.