L'hystérie des va-t-en guerre. Le cas Francis Huster

Mes chères impertinentes, chers impertinents,

Les bons sentiments dans les relations internationales sont assez pathétiques et démontrent a minima une grande naïveté et un manque évident de maturité historique et politique.

Les relations internationales sont dures. Rudes. Violentes.

On a l’habitude de dire depuis Von Clausewitz que « la guerre n’est qu’un prolongement de la politique par d’autres moyens ».

Ainsi sont les relations internationales.

On y cherche à dominer.

On y cherche à s’assurer des ressources et de l’espace l’un et l’autre ne faisant souvent qu’un.

Quant aux frontières, « elles sont les cicatrices de l’histoire ».

La situation en Ukraine est d’une grande complexité, de même que l’Ukraine elle-même est d’une très grande complexité. C’est un pays où la corruption est élevée, les trafics en tous genres nombreux, de la prostitution aux trafics d’enfants sans oublier les trafics d’organes, l’Ukraine est très loin d’atteindre les standards européens.

L’Ukraine est en guerre civile depuis 2014 et les histoires russes, soviétiques, allemandes et ukrainiennes s’entremêlent.

Il faut donc beaucoup de nuances et de pondération pour parler de la situation en Ukraine.

Mais nous sommes dans un monde médiatique devenu totalement fou, où toute intelligence semble rayée de la carte.

Nous sommes entrés dans un monde binaire et d’émotions. Si tu penses, tu relativises, tu nuances. Alors tu es contre moi, tu fais le jeu de l’ennemi.

Les médias embrayent de cette façon-là et mettent en marche la moulinette à propagande, celle qui consiste à faire cesser toute tentative de réflexion.

Il se passe sur l’Ukraine la même chose que sur les vaccins.

Si vous émettez des objections parfaitement rationnelles, vous êtes un collabo de Poutine comme vous êtes un anti-vax !

Au bout du compte cela donne le naufrage de Francis Huster sur les ondes. Francis Huster, comme BHL n’ont d’ailleurs aucun mandat pour décider de l’entrée en guerre du peuple de France et n’ont pas vocation à décider de nous envoyer mourir dans les tranchées du Donbass.

Je vous laisse écouter.

Après cette sortie affligeante et stupide en termes intellectuels, je vous laisse écouter le président Macron lorsqu’il était pro-russe et qu’il faisait le jeu de la propagande du Kremlin !

Je plaisante bien évidemment, c’est de l’humour noir.

Je dis qu’il ne faut pas oublier de remettre les choses dans leur contexte, qu’il faut prendre de la hauteur.

Au bout du compte, soit nous trouvons les moyens de faire la paix, soit, il se passera ce qu’il se passe à chaque fois dans l’histoire du monde.

C’est ainsi que l’on discute des affaires du monde et que l’on tente de dépasser les désaccords. Ce n’est pas facile, ni simple, mais Macron et Poutine dans cette vidéo ne sont pas des hystériques qui appellent à atomiser la terre entière.

Quand la négociation n’est plus possible, lorsque la diplomatie échoue, alors, la guerre n’est qu’un prolongement de la politique par d’autres moyens.

Et nous envoyons alors nos enfants si précieux mourir bien loin de chez nous, sur des champs de bataille plein de boue.

Il ne faut pas être hystérique, pas plus que va-t’en guerre.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.

Préparez-vous !


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Charles Sannat

Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l'Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.

Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com

Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.