La caisse de retraite des cadres (AGIRC) bientôt en faillite ? [BESTOF]

2 MILLIARDS €
Le déficit de l'AGIRC sera de 2 milliards d'euros en 2014. Intenable.

Article publié initialement le 13/11/2014

L'information n'est pas nouvelle : Nous vous en parlions déjà le 11 octobre... 2012 dans notre Ecodigest titré "Retraites complémentaires, fin de partie en 2017". Ce jour là, les partenaires sociaux - syndicats et patronat - devaient se réunir pour changer ce qui pouvait l'être. Seulement voilà, quasiment rien n'a été fait, à part un gel de la revalorisation des pensions, et en novembre 2014 nous pouvons encore écrire ici que l'AGIRC risque la banqueroute en 2017-2018. Exactement comme en 2012, mais deux ans plus tard.

Tout le monde sur le pont ? Même pas ! Les partenaires sociaux, toujours eux, puisqu'ils "co-gèrent" les caisses de retraite complémentaires des cadres et des salariés (AGIRC-ARRCO), devaient se réunir en ce moment même pour "trouver des solutions". Mais la réunion a été reportée à l'année prochaine, histoire de laisser Force Ouvrière tenir son congrès en février sans créer de remous internes au sein du syndicat en amont... 

Les caisses de l'AGIRC seront vides dans quatre ans

 

Il faut dire que le problème a plusieurs facettes : l'AGIRC, la caisse de retraite complémentaire des cadres, sera à court d'argent dans quatre ans maximum. Mais celle des salariés, l'ARRCO, qui disposait encore en 2012 d'un trésor de guerre de 45 milliards, peut voir venir jusqu'en 2027 ! Dans ces conditions, plutôt que de dégrader les pensions versées aux cadres, de retarder le déclenchement du versement des retraites complémentaires (à 65 ans par exemple), l'idée de fusionner les caisses et donc les réserves commence à faire son chemin. Dans ces conditions, les deux caisses pourraient tenir dix ans sans réforme, en consommant tout leur cash

Augmenter les cotisations sur les seuls cadres ? Il faudrait des hausses massives pour rééquilibrer les flux, dans un système par répartition qui indemnise de plus en plus de cadres retraités, pour un nombre de cotisants qui n'augmente pas en proportion. Le rapport est actuellement de 4,7 millions de cotisants pour 2 millions de retraités, ce qui conduit à un déficit de deux milliards d'euros cet année.  Autant dire que la solution de la fusion des caisses ne serait qu'un pis-aller, car la caisse de retraite complémentaire ARRCO n'est pas mieux lotie. Elle aussi sert "trop" de pensionnés pour "pas assez" de cotisants.

Des pensions versées en fonction du patrimoine ?
 

Il faudra donc obligatoirement songer sérieusement rapidement à réduire la charge des pensions versées aux retraités des deux caisses. Soit, en reculant l'âge de prise en charge, soit, en réduisant le montant des pensions complémentaires, soit les deux. Ou bien encore, assortir le versement des pensions complémentaires de conditions de ressources et de patrimoine, faisant ainsi un distingo entre ceux qui possèdent par exemple leur logement, et ceux qui doivent encore payer un loyer.... La solidarité poussée à l'extrême, les fourmis payant encore pour les cigales, au risque de tout casser...


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Jean-Baptiste Giraud

Jean-Baptiste Giraud est le fondateur et directeur de la rédaction d'Economie Matin. Il est également intervieweur économique sur RTL dans RTL Grand Soir (en semaine, 22h17) depuis 2016.

Jean-Baptiste Giraud a commencé sa carrière comme journaliste reporter à Radio France, puis a passé neuf ans à BFM comme reporter, matinalier, chroniqueur et intervieweur. En parallèle, il était également journaliste pour TF1, où il réalisait des reportages et des programmes courts diffusés en prime-time. 

En 2004, il fonde Economie Matin, qui devient le premier hebdomadaire économique français. Celui-ci atteint une diffusion de 600.000 exemplaires (OJD) en juin 2006. Un fonds economique espagnol prendra le contrôle de l'hebdomadaire en 2007.

Après avoir créé dans la foulée plusieurs entreprises (Versailles Events, Versailles+Les Editions Digitales), Jean-Baptiste Giraud a participé en 2010/2011 au lancement du pure player Atlantico, dont il est resté rédacteur en chef pendant un an.

En 2012, soliicité par un investisseur pour créer un pure-player économique,  il décide de relancer EconomieMatin sur Internet  avec les investisseurs historiques du premier tour de Economie Matin, version papier. 

Il a également été éditorialiste économique sur SUD RADIO de 2016 à 2018.

 

Jean-Baptiste Giraud est également l'auteur de nombreux ouvrages, dont notamment "Combien ça coute, combien ça rapporte" (Eyrolles), "Les grands esprits ont toujours tort", "Pourquoi les rayures ont-elles des zèbres", "Pourquoi les bois ont-ils des cerfs", "Histoires bêtes" (Editions du Moment) ainsi que "le Guide des bécébranchés" (L'Archipel).