Monsieur Le Gendre, une seule proposition peut remonter le niveau de la France rapidement

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Nous avons perdu jusqu'à 14 heures de travail par semaine depuis 1945.

OPINION

Sur RTL, lundi 25 février, Mr Gilles LE GENDRE, Président des députés LREM, ancien journaliste-Entrepreneur interviewé par Isabelle Martichoux , affirmait qu’il existera « un million » de propositions sortant du grand débat et qu’il en faudra un nombre important à mettre en place pour remonter l’activité et remettre en ordre les finances avec des effets visibles d’ici plusieurs années.

Il faut encore une fois rappeler pourquoi notre pays se trouve dans cette très mauvaise passe :

Nous sommes le pays qui a le plus diminué les durées de travail et d’activité :

Passage de 65 ans à 60 ans (aucun pays ne l’a fait)

Les 39 puis les 35 heures (aucun pays n’a descendu la base hebdomadaire aussi bas)

A cela s’ajoute une cinquième semaine de congés, un nombre de jours fériés importants. La France tient le haut du pavé en Europe pour ces deux avantages sociaux. On pourrait encore ajouter le 8 mai redevenu férié sous Mitterrand, qui avait été supprimé sous Giscard d’Estain !

Nous avons perdu jusqu’à 14 heures de travail par semaine depuis 1945.

Nous sommes descendus jusqu’à 58 ans en moyenne pour les départs en retraite, ce qui représentait 7 années de moins qu’après la dernière guerre, alors que presque tous les pays d’Europe ont gardé les départs en retraite à 65 ans et n’ont jamais descendu officiellement la base horaire à 35 heures.

Un exemple ; prenons la Suisse élue pendant six années meilleure gestionnaire financière de tous les pays du monde :

Elle a gardé les 65 ans sans dérogation.

Elle est restée aux 42 heures semaine et même mieux, suite à la forte crise financière qu’elle a subie, les suisses ont demandé une votation pour travailler une heure de plus gratuitement pour sauver le pays ! Aurait-on fait pareil en France : sûrement NON.

Il est intéressant de connaître la paupérisation graduelle de notre pays pour se représenter ce que nous avons perdu en pouvoir d’achat, rentrées de charges pour la Sécurité sociale, les caisses de retraites, l’Assedic. Cette dernière, en pleines discussions syndicales ne sait à quel « Saint se vouer » pour trouver une issue à son endettement abyssal (37 milliards d’euros), à tel point que les syndicats n’ayant pas trouvé de solution, ont remis la copie au gouvernement : « Débrouille toi avec ce torchon brûlant » comme le prévoit la loi !

Ces horaires très faibles ont obligé tous les gouvernements à augmenter la pression fiscale (augmentation de la durée de vie oblige) en créant en permanence de nouvelles taxes, prélèvement et surtout en augmentant sans cesse ceux existants. C’est comme cela que nous nous trouvons le 1er pays du monde en matière de pression fiscale, mais aussi en montant de prestations sociales.

Les gouvernements pour préserver la paix sociale en vue des élections et pour minimiser cette pression fiscale, n’ont pas arrêté de lâcher du lest en prestations sociales, où là aussi nous sommes devenus leader mondial au détriment des déficits et d’une dette insupportable, égale au PIB. Cela permet de dire par certains, que nous faisons mieux que l’Allemagne, qui a un taux de pauvres moins élevés qu’en France. A quel prix ! Il faut rappeler que nos voisins ont un taux de chômage de 4,9%, une dette ramenée à 60% du PIB, un excédent budgétaire de 30 milliards d’euros, contre plus de 100 Mds annoncés en 2019 et 1318 milliards d’euros d’exportations contre 560 Mds pour la France.

Ce qui contribue à l’augmentation de la dette publique française de 2090 € par seconde (moyenne 2018), alors qu’outre-Rhin elle baisse de 1675 € par seconde !

Déficits et excédents de 6 pays européens. La France est largement en dessous négativement de la moyenne européenne !

En Rouge = déficits

En Vert = excédents

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Comment rétablir rapidement ce déséquilibre français et remonter très rapidement le niveau de la France par le bas ?

Une heure de plus travaillée (35-36h), ce serait 22 milliards de plus dans l’économie par année, tout près de 2 milliards d’euros par mois.

Une année de plus (62-63 ans) ce serait 65 milliards de plus par année dans l’économie.

Oui Monsieur Legendre, vous pouvez expliquer aux Français qu’il est possible de répondre à leurs exigences financières dans un délai très court.

Avec une base de 40 heures par semaine, ce serait par mois :

210 euros de plus pour un Smic

5 milliards de plus de consommation

Près de 3 milliards de plus de rentrées de charges

Près d’1 Mds de TVA

500 millions d’impôts (puisque retenus maintenant tous les mois).

Pour que la mesure soit plus facilement acceptée et mieux « digérée » par les entreprises, il serait possible de procéder par étapes. Par exemple une année de plus par an, 36 heures, puis 37 etc. pour atteindre les 40 heures en 5 ans.

Alors M. Le Gendre, vous pouvez constater que les gens vont pouvoir consommer plus, dépenser mieux, moins de low-cost, ce qui créera rapidement de l’emploi, des investissements, diminuera le chômage. Les caisses de Sécurité sociale, de retraites, d’Assedic vont se « remplir » = plus besoin de longues négociations pour ne faire qu’augmenter les prélèvements et diminuer sans cesse les prestations et revalorisations. Avec possibilités rapides de diminuer des prélèvements = encore une hausse de pouvoir d’achat…

Il est intéressant de constater que deux personnes qui reprennent un emploi font embaucher une troisième personne sous trois mois. « Effet boule de neige ».

L’augmentation du temps d’activité au-delà de 62 ans, pourra se programmer après cette première mesure. Elle sera plus facilement acceptée dans un climat plus favorable. D’autant que les répercussions financières sont beaucoup plus lentes à se faire sentir que pour les 40 heures.

Le moment est propice, les syndicats sont affaiblis, les G.J sont dans l’attente d’une réponse et de résultats rapides d’évolution de leur pouvoir d’achat et niveau de vie. (Et pas qu’eux)

Alors pour une fois, expliquez et osez, vous serez vite récompensés d’une soi-disant prise de risque.

En avant la France. Bon sang !

www.danielmoinier.com


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Daniel Moinier

Daniel Moinier a travaillé 11 années chez Pechiney International, 16 années en recrutement chez BIS en France et Belgique, puis 28 ans comme chasseur de têtes, dont 17 années à son compte, au sein de son Cabinet D.M.C.

Il est aussi l'auteur de six ouvrages, dont "En finir avec ce chômage", "La Crise, une Chance pour la Croissance et le Pouvoir d'achat", "L'Europe et surtout la France, malades de leurs "Vieux"". Et le dernier “Pourquoi la France est en déficit depuis 1975, Analyse-Solutions” chez Edilivre.