Renault : les ventes en Chine étaient largement surestimées

0,2 %
En 2019, la Chine ne représentait que 0,2% des ventes du groupe dirigé
à l'époque par Carlos Ghosn.

Renault avait fait artificiellement gonfler, sur le papier, ses ventes en Chine au titre des années 2018 et 2019, révèle le quotidien Les Echos.

Des véhicules passés comme vendus par Renault… alors que Renault ne participait même pas à leur fabrication

La co-entreprise de Renault avec le groupe chinois Brilliance, fondée en 2017, n’a pas exactement été le succès que l’on croyait. Sur le papier, compte tenu de l’apport positif de cette co-entreprise, Renault avait écoulé en Chine 216.700 véhicules en 2018, 179.500 en 2019 et 157.000 en 2020. Dans les publications financières du groupe au losange, l’Empire du milieu était même présenté comme le quatrième marché mondial, après la France, la Russie et l'Allemagne. Mais en réalité, tout n’a pas été aussi positif.

Comme le révèle le quotidien Les Echos, en 2018 et 2019, Renault faisait apparaître dans ses résultats les ventes des marques Jinbei et Huason, pourtant entièrement fabriquées par Brilliance. Le rôle de Renault se limitait à une assistance de leur commercialisation. Comme le révèle le journal, les deux entreprises avaient même conclu un accord afin de mettre sur pied cette ruse comptable.

Avec cette ruse comptable, Renault avait privé Volkswagen du statut du constructeur numéro un mondial

Étant donné son caractère clairement contraire aux usages comptables, la combine n’a pas tardé à se faire savoir. Une discordance a mis la puce à l’oreille aux fins observateurs des activités Renault : en 2019, la Chine avait représenté 5% des ventes du groupe, alors même que la part de ce pays dans les revenus du groupe n’était que de 0,2%.

Grâce à cette combine, en 2018, Renault avait pu revendiquer la première place au palmarès mondial des constructeurs de véhicules. Compte tenu de ces ventes « fantômes » en Chine, cette année-là, Renault avait devancé Volkswagen… de tout juste 110.000 immatriculations. Depuis l’arrivée en 2020 du nouveau directeur général, Luca de Meo, Renault a mis fin à cette pratique.


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