SNCF : la masse salariale augmente en 10 ans mais il y a 14% d'employés en moins

32 %
Les remboursements de frais pour les employés de la SNCF ont augmenté
de 32% en moyenne sur dix ans.

Un rapport interne de la SNCF dévoilé par la lettre « Mobilicités » épingle la hausse de la masse salariale de la SNCF depuis dix ans alors même que les effectifs sont en chute de 14% sur la même période. La SNCF, contactée par l'AFP lundi 20 octobre 2014 dans la soirée, n'a pas commenté ce rapport pour l'instant mais il risque d'être explosif, selon les syndicats.

Les effectifs baissent à la SNCF


En 2003 la SNCF employait 178 260 personnes mais, depuis, le nombre de salariés a fortement baissé ; de 14% selon ce rapport interne. En 2013, il n'y avait à la SNCF plus que 152 968 employés. Une telle baisse aurait normalement dû entraîner une baisse de la masse salariale, c'est-à-dire « le cumul des rémunérations brutes des salariés de l'établissement » selon la définition de l'Insee. Mais c'est l'inverse qui se serait produit à la SNCF.


Selon la lettre Mobilicités, plusieurs facteurs expliquent cette hausse. Notamment la réforme des retraites des cheminots qui a repoussé l'âge légal de départ. Mais ce n'est pas tout : les remboursements de fais par agent ont augmenté de 32% en dix ans et le taux d'encadrement est passé de 1 pour 6,8 agents en 2003 à 1 pour 4,2 agents en 2013.

Plus d'un milliard d'euros de masse salariale entre 2003 et 2013


Au total, selon la lettre Mobilicités qui cite ce rapport confidentiel, la masse salariale a augmenté de 1,289 milliard d'euros en 10 ans. Le calcul, purement mathématique, montre ainsi une hausse de la rémunération moyenne du personnel de la SNCF largement supérieur à l'inflation.


Car entre 2003 et 2013 l'inflation n'a augmenté que de 1,56% par an selon Mobilicités alors que la rémunération moyenne du personnel a augmenté, elle, de 3,87 par an.

Les syndicats s'insurgent de la divulgation de ce rapport interne de la SNCF


Les syndicats ont unanimement condamné cette divulgation. Pour Roger Dilleseger, secrétaire général adjoint du deuxième syndicat de la SNCF, l'Unsa-Cheminots, « on vise à conditionner l'opinion publique et les salariés en interne » selon lui, le but étant de « faire comprendre que le cheminot est trop cher ».


L'Unsa explique en effet que cette hausse de la masse salariale est due à des « facteurs logiques », en l'occurrence l'augmentation des « chantiers de nuit et de week-end » qui sont payés plus.


La CFDT Cheminots, quatrième syndicat à la SNCF, estime de son côté dans un communiqué qu'il est « difficile de ne pas voir dans ces +tirs croisés+ une attaque frontale contre le corps social cheminots au moment où se négocie la future convention collective ferroviaire. »


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