Chocolats de Pâques : pourquoi les prix flambent cette année ?

L’UFC-Que Choisir a lancé une alerte, ce 7 avril, au sujet du prix du chocolat qui connaît une flambée inédite, avec une hausse moyenne de 14 % sur un an. À l’approche de Pâques, l’une des périodes de consommation les plus stratégiques pour les industriels du secteur, les conséquences de cette inflation pourraient redéfinir les habitudes des consommateurs. Si les traditionnels chocolats de Pâques demeurent emblématiques, leur accessibilité, elle, vacille.

Stephanie Haerts
By Stéphanie Haerts Published on 8 avril 2025 13h00
Chocolats de Pâques : pourquoi les prix flambent cette année ?
Chocolats de Pâques : pourquoi les prix flambent cette année ? - © Economie Matin

Chocolats de Pâques : une hausse des prix qui n’épargne aucune enseigne

Selon l’étude dévoilée par l’UFC-Que Choisir le 7 avril 2025, fondée sur l’analyse de 78 produits emblématiques de saison, les prix des chocolats de Pâques ont grimpé de 14 % en un an. Et cette envolée ne fait aucune distinction. Grandes marques, labels distributeurs, produits premium ou d’entrée de gamme : tous prennent l’ascenseur tarifaire.

La progression du prix des chocolats de Pâques est spectaculaire chez certaines références. Le lapin en chocolat de Leclerc (200 g), par exemple, affiche un bond de 34 %, atteignant 3,99 euros contre 2,97 euros l’an passé. La mascotte Milka (95 g) n’est pas en reste, avec un saut de 24 %, à 3,16 euros. Même le célèbre lapin Lindt (100 g), emblème de la marque, voit son prix grimper de 14 %, frôlant 4,40 euros. Chez Nestlé, la boîte spéciale « chasse aux œufs » de Smarties subit une hausse de 18 %, pour un total de 5,48 euros.

Cours du cacao : la flambée à cinq chiffres derrière les hausses du chocolat

Pourquoi cette explosion des prix ? À cause de la hausse du cours du cacao. Entre janvier 2023 et janvier 2025, son prix a été multiplié par cinq sur les marchés, selon le Syndicat du chocolat cité par l’UFC. En cause, une conjonction dévastatrice : mauvaises récoltes en Afrique de l’Ouest dues à des conditions climatiques extrêmes (pluies diluviennes suivies de sécheresses), vieillissement des plantations, propagation de maladies, et spéculation financière intense.

Le Syndicat du chocolat, représentant les industriels, résume cette situation en ces termes dans des propos rapportés par l'UFC-Que Choisir : « Le marché du cours du cacao subit une flambée historique des cours, résultat d’une combinaison de plusieurs facteurs (économiques, environnementaux, sociaux), notamment une demande relativement stable et forte des produits chocolatés au niveau mondial, ainsi qu’une offre réduite de cacao due aux conséquences du changement climatique et son impact sur les produits agricoles dans les principaux pays producteurs (Côte d’Ivoire et Ghana) ».

Jusqu’à présent, les géants du chocolat avaient verrouillé leurs stocks via des contrats long terme. Cela leur permettait d’absorber les chocs sans impacter le consommateur. Mais Pâques 2025 est l’ultime maillon d’une chaîne qui rompt : les marges sont rognées, les réserves épuisées, et les prix explosent.

Les marques de distributeur en chute libre malgré des prix de chocolat encore modérés

Les enseignes à bas prix ne sont pas épargnées. Selon UFC-Que Choisir, les marques de distributeur (MDD) subissent une hausse moyenne de 23 %, bien au-delà des 11 % enregistrés par les marques nationales. Si elles restent moins chères en valeur absolue, leur dépendance à la matière première cacao (plus importante proportionnellement) les rend beaucoup plus vulnérables.

L’écart de prix est encore tangible pour les chocolats de Pâques : le lapin de 200 g Leclerc coûte 3,99 euros, contre 6,35 euros en moyenne pour le lapin Lindt Or de même format. Pourtant, ces produits à bas coût ne représentent qu’une faible part du marché, dominé à 80 % par les grandes marques. Autrement dit : même en se tournant vers les MDD, le consommateur ne peut fuir l’impact de cette hausse généralisée.

24 euros par foyer… mais pour combien de temps encore ?

La fête de Pâques reste, pour les Français, une occasion privilégiée de consommer du chocolat. Le Syndicat du chocolat évalue à 24 euros le budget annuel moyen par foyer. Une somme modeste, mais désormais soumise à pression. Face à cette nouvelle donne tarifaire, la question se pose : les consommateurs continueront-ils à se ruer sur les figurines sucrées ou amorceront-ils un repli vers des produits plus basiques, voire une désertion partielle des rayons ?

Le consommateur devra faire un choix. Réduire la quantité, opter pour d'autres douceurs, sacrifier les marques… À chacun sa stratégie. En arrière-plan, un fait demeure : « Ces confiseries sont en effet de piètre qualité nutritionnelle, et ultratransformées », rappelle UFC-Que Choisir.

Stephanie Haerts

Rédactrice dans la finance et l'économie depuis 2010. Après un Master en Journalisme, Stéphanie a travaillé pour un courtier en ligne à Londres où elle présentait un point bourse journalier sur LCI. Elle rejoint l'équipe d'Économie Matin en 2019, où elle écrit sur des sujets liés à l'économie, la finance, les technologies, l'environnement, l'énergie et l'éducation.

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