Taxe foncière : la facture qui monte, qui monte…

Ils pensaient avoir touché le plafond. Ils vont découvrir qu’il n’y en avait pas. Pour des millions de propriétaires, la taxe foncière n’est plus un simple impôt local : c’est un fardeau annuel de plus en plus lourd. Et 2025 ne fera pas exception.

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By Grégoire Hernandez Published on 19 mai 2025 17h30
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Taxe foncière : la facture qui monte, qui monte… - © Economie Matin
17 %17 % des particuliers propriétaires détiennent « deux habitations », selon Bercy.

1 082 euros. C’est la moyenne nationale versée par les propriétaires en 2024.
Mais derrière cette moyenne se cache une réalité bien plus rude. Certains ont vu leur avis d’imposition bondir de plusieurs centaines d’euros. Et le pire, c’est que cette ascension ne fait que commencer.

Une taxe foncière en pleine flambée

Le chiffre est tombé comme une lame : 33,8 milliards d’euros payés par les particuliers en 2024, soit plus de 1 000 euros par tête. À première vue, la progression semble modérée : +5,7 % par rapport à l’année précédente. Mais c’est oublier que ce rythme s’inscrit dans une dynamique de hausse constante. Trois années consécutives de revalorisation des bases cadastrales ont suffi à faire bondir la facture.
Et quand on regarde de plus près, certains profils sont clairement plus exposés. Les multipropriétaires, par exemple, ont déboursé 4 095 euros en moyenne. Ceux qui possèdent deux logements ont payé 1 338 euros. Même les mono-propriétaires n’ont pas été épargnés : 717 euros en moyenne, simplement pour détenir leur résidence principale. Et, sans surprise, les maisons paient le prix fort : 1 072 euros contre 851 euros pour les appartements, selon les données de la DGFiP, publiées le 13 mai 2025.

Là où le bât blesse, c’est dans la manière dont l’impôt est calculé. La taxe foncière repose sur la « valeur locative cadastrale », un chiffre censé représenter le loyer annuel théorique que générerait le logement s’il était loué. Cette valeur, elle-même fixée en fonction des loyers de marché, est actualisée chaque année. En 2023 : +7,1 %. En 2024 : +3,9 %. En 2025 ? +1,7 % seulement, officiellement. Mais ce chiffre est trompeur.
Depuis le 1er janvier 2025, une réforme est entrée en vigueur, passée discrètement dans la loi de finances. Désormais, la base cadastrale est révisée automatiquement selon les loyers réels constatés commune par commune. Résultat : à Lyon, Bordeaux, Rennes ou Nice, où les loyers ont explosé ces dernières années, la revalorisation dépasse 6 %. Et quand les taux communaux suivent la même pente, 18 000 communes ont voté une hausse en 2025, le coup de massue est total.

Comment ne pas se faire piéger ?

La théorie fiscale, c’est bien. Les chiffres, c’est mieux. Un couple à Nantes, qui avait aménagé un bureau dans son garage, a vu sa taxe passer de 1 280 euros à 1 587 euros en un an. Soit +24 %, pour un simple changement d’usage, selon Le Télégramme. Ce genre de situation devient monnaie courante pour les bailleurs dans les grandes villes, les propriétaires de résidences secondaires ou ceux qui ont effectué des travaux, même mineurs.
Et ce n’est qu’un début. Une réforme plus vaste de la fiscalité locale est déjà dans les tuyaux. Elle pourrait, d’ici à 2026, inclure les biens professionnels et commerciaux. Autrement dit : personne ne sera épargné.

La vigilance est désormais une nécessité. Pour éviter une mauvaise surprise à l’automne, les propriétaires ont tout intérêt à vérifier dès maintenant leur avis de taxe foncière 2024 : base locative brute, taux communal, modifications déclarées… Chaque élément compte. En cas d’erreur, la rectification est possible jusqu’à la fin de l’année. Mais l’initiative revient au propriétaire, pas à l’administration.
Car c’est bien là le cœur du problème : un impôt local devenu imprévisible, dont le calcul est de plus en plus opaque et les hausses de plus en plus brutales. Les collectivités, elles, s’en frottent les mains : 53,6 milliards d’euros de recettes en 2024. Pendant ce temps, les contribuables, eux, comptent.

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Étudiant en école de journalisme. Journaliste chez Économie Matin de 2023 à 2025.

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