Canicule : la SNCF contrainte de supprimer des trains

En pleine canicule, la SNCF annule une vingtaine d’Intercités sur plusieurs jours, une mesure défendue par le ministre des Transports, Philippe Tabarot, comme un acte de précaution nécessaire face à la vétusté du matériel.

Paolo Garoscio
By Paolo Garoscio Published on 12 août 2025 15h36
tgv-sncf-marque-vocabulaire-sigle-langue-france
tgv-sncf-marque-vocabulaire-sigle-langue-france - © Economie Matin
43 MILLIARDS €Le chiffre d'affaires de la SNCF a atteint 43,4 milliards d'euros en 2024.

Ce mardi 12 août, dix trains Intercités ne circuleront pas, sur un total de 15 000 trains (TGV, TER et Intercités) programmés dans la journée. Selon le ministre Philippe Tabarot, cela représente moins de 0,1 % du trafic, mais l’annonce a suscité des réactions sur les réseaux sociaux, certains y voyant une fragilité inquiétante du transport ferroviaire français. La SNCF précise que vingt suppressions sont prévues entre mardi et vendredi, principalement aux heures de pointe thermique, selon RMC.

Pourquoi la SNCF supprime ces trains ? Vieillissement et canicule

L’entreprise ferroviaire pointe directement la vétusté de certaines rames Corail, encore largement utilisées sur les lignes Intercités. Sous l’effet de températures dépassant 38°C, les systèmes de climatisation peuvent tomber en panne, rendant le voyage dangereux pour les passagers.
Selon le ministre, « l’âge moyen du réseau est de 28 à 29 ans, et certaines portions ont plus de 40 ans ». « Ce n’est pas glorieux, mais nous n’avons pas voulu prendre le risque de mettre à mal le matériel et de laisser quatre à cinq heures des voyageurs à l’arrêt sans climatisation ».

La décision d’annuler est donc motivée par un principe de précaution : éviter que des passagers restent coincés plusieurs heures dans une voiture surchauffée, sans climatisation et parfois sans fenêtre ouvrable.

Les lignes SNCF concernées par les suppressions de trains pour cause de canicule

Les mesures visent trois axes fortement exposés au soleil et dépourvus d’ombre naturelle sur de longs tronçons :

  • Bordeaux–Marseille,
  • Paris–Clermont-Ferrand,
  • Paris–Limoges.

Selon la SNCF, la plupart des trains supprimés sont situés en milieu de journée, quand la chaleur atteint son maximum. Les trajets du matin et du soir sont en grande partie maintenus, pour limiter l’impact sur les déplacements domicile-travail et touristiques.

Ce n’est pas la première fois que la SNCF adapte son plan de transport à cause d’une canicule. En juillet 2019 déjà, plusieurs TER et Intercités avaient été annulés, mais sur un volume plus important. Avec le réchauffement climatique, Météo France prévoit une multiplication par deux ou trois des épisodes de chaleur extrême d’ici 2050. Les infrastructures ferroviaires, construites pour des températures maximales de 35°C, sont mises à rude épreuve.

Et si la solution arrivera, elle tarde : les nouvelles rames Oxygène, capables de fonctionner efficacement jusqu’à 45°C, ne seront livrées qu’à partir de 2027, détaille BFMTV. Ce retard, dû en partie à des problèmes industriels et logistiques, laisse un vide opérationnel. En attendant, la SNCF multiplie les opérations de maintenance préventive et réfléchit à des ajustements horaires permanents lors des pics de chaleur.

Paolo Garoscio

Rédacteur en chef adjoint. Après son Master de Philosophie, il s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

No comment on «Canicule : la SNCF contrainte de supprimer des trains»

Leave a comment

* Required fields