L’Assurance maladie teste l’IA pour repérer la fraude sociale

En août 2025, la Caisse primaire d’Assurance maladie de Paris a lancé un test d’outil basé sur l’intelligence artificielle destiné à identifier les documents frauduleux. Ce dispositif vise à renforcer la lutte contre la fraude sociale, un fléau qui fragilise les finances publiques alors même que l’Assurance maladie affiche un record de 628 millions d’euros de fraudes détectées en 2024 selon Ameli.

Stephanie Haerts
By Stéphanie Haerts Published on 5 septembre 2025 12h30
L’Assurance maladie teste l’IA pour repérer la fraude sociale
L’Assurance maladie teste l’IA pour repérer la fraude sociale - © Economie Matin

L’Assurance maladie muscle sa riposte avec l’intelligence artificielle

L’expérimentation est ciblée : le logiciel analyse actuellement les facturations liées aux matériels auditifs et optiques. « L’outil, utilisé depuis le mois d’août dernier, est actuellement en test sur les facturations de matériels auditif et optique », précise Capital. Grâce à un entraînement sur des données réelles, l’intelligence artificielle peut repérer des anomalies, comme des arrêts de travail falsifiés ou des ordonnances fictives.

Ce renfort technologique intervient alors que la fraude sociale reste au cœur des préoccupations de l’Assurance maladie. En 2024, elle a détecté et stoppé 628 millions d’euros de fraudes, soit une hausse de 35 % par rapport à l’année précédente, a rappelé Ameli. Les fraudes évitées, c’est-à-dire stoppées avant tout remboursement, ont atteint 263 millions d’euros, un bond de 55 % en un an selon l’IFRAP.

Des chiffres qui illustrent l’ampleur du phénomène

Derrière ces résultats, les fraudes aux indemnités journalières illustrent l’efficacité accrue des contrôles. Elles ont atteint 42 millions d’euros en 2024, contre 17 millions un an plus tôt selon Ameli. Le dispositif de surveillance vise ainsi les abus d’arrêts maladie, souvent au cœur de la polémique publique sur la fraude sociale. Pour autant, la responsabilité des assurés ne doit pas masquer le poids des professionnels de santé.

D’après Le Monde, la fraude à l’Assurance maladie représenterait chaque année 1,71 milliard d’euros, dont 1,12 milliard imputable aux professionnels. Ces derniers concentrent les deux tiers du montant total des détournements, notamment via des actes fictifs ou des surfacturations. Ce déséquilibre confirme que la fraude sociale ne se limite pas aux arrêts de travail frauduleux mais s’étend à l’ensemble de la chaîne de soins.

Un enjeu économique et de confiance publique

La mise en place d’un outil d’intelligence artificielle s’inscrit dans une stratégie plus large baptisée « Riposte », qui associe renforts humains et innovations numériques. Selon l’Assurance maladie, une hausse de 10 % des effectifs dédiés à la lutte contre la fraude a été actée, tandis que des pôles interrégionaux d’enquêteurs judiciaires viennent épauler les caisses locales. Cette organisation permet d’articuler expertise technique et investigation de terrain.

En parallèle, le contexte budgétaire renforce la nécessité de ces actions. D’après La Dépêche, la fraude sociale dans son ensemble pèserait 13 milliards d’euros chaque année en France, dont près de 1,71 milliard imputable à l’Assurance maladie. Le recours à l’intelligence artificielle apparaît donc comme une étape logique pour améliorer l’efficacité du contrôle et préserver la confiance des assurés dans le financement solidaire du système de santé.

Stephanie Haerts

Rédactrice dans la finance et l'économie depuis 2010. Après un Master en Journalisme, Stéphanie a travaillé pour un courtier en ligne à Londres où elle présentait un point bourse journalier sur LCI. Elle rejoint l'équipe d'Économie Matin en 2019, où elle écrit sur des sujets liés à l'économie, la finance, les technologies, l'environnement, l'énergie et l'éducation.

No comment on «L’Assurance maladie teste l’IA pour repérer la fraude sociale»

Leave a comment

* Required fields