Des sources concordantes confirment l’imminence d’une action judiciaire internationale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis depuis 2022
La CPI s’apprête à délivrer des mandats d’arrêt contre des autorités maliennes

La Cour pénale internationale (CPI) finalise actuellement la préparation de mandats d'arrêt visant des responsables maliens pour des crimes présumés commis entre 2022 et 2024, selon plusieurs sources concordantes au sein de l'institution judiciaire basée à La Haye. Cette procédure marque une escalade significative dans le traitement judiciaire des violations des droits humains au Sahel.
Une procédure en cours d'aboutissement
Selon les informations disponibles sur le site officiel de la CPI, la Chambre préliminaire I, présidée par la juge Reine Alapini-Gansou, examine actuellement un dossier relatif à la situation au Mali portant sur la période 2021-2024. Cette instance, compétente pour l'émission des mandats d'arrêt, la confirmation des charges et l'ensemble des questions préjudicielles, aurait selon nos sources finalisé l'examen des éléments transmis par le Bureau du Procureur.
"Les procédures sont en phase finale", confie une source proche du dossier, qui précise sous couvert d'anonymat que "l'exécution pourrait intervenir prochainement". Cette formulation prudente reflète la complexité des mécanismes institutionnels de la CPI, où chaque étape procédurale fait l'objet d'un examen minutieux avant validation.
Des accusations graves documentées
Les charges retenues s'articulent autour de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre présumés, incluant des exécutions extrajudiciaires, des arrestations arbitraires, des disparitions forcées, des actes de pillage et de torture. Parmi les épisodes les plus documentés figure la découverte, en avril 2025 près de Kwala, d'une soixantaine de corps de civils portant des traces de sévices, selon les éléments transmis par les organisations requérantes.
Ces faits s'insèrent dans un contexte opérationnel marqué par l'intensification, depuis 2022, des opérations militaires contre les groupes jihadistes. Des sources onusiennes et d'organisations de défense des droits humains ont régulièrement signalé des cas d'exécutions extrajudiciaires et d'abus impliquant les Forces armées maliennes (FAMa).
Une saisine formelle récente
Les 15 et 16 juin 2025, plusieurs organisations touarègues - Imouhagh International, Kel Akal, Diaspora of the United States et Azawad Solidarity Association - ont formellement saisi le Bureau du Procureur de la CPI d'une communication détaillant les crimes présumés. Bien que cette démarche n'engage pas automatiquement l'action du Procureur, elle vient alimenter l'évaluation analytique en cours et compléter le dossier de la situation malienne.
La communication évoque également des faits survenus au Burkina Faso, État partie au Statut de Rome, soulevant la question d'une possible extension géographique de l'enquête ou de l'ouverture d'une situation distincte, compte tenu du caractère transfrontalier des allégations.
Un cadre juridictionnel établi
La CPI dispose d'une base juridictionnelle solide pour agir au Mali, État partie au Statut de Rome. En cas de condamnation, les peines encourues devant la CPI peuvent atteindre trente années d'emprisonnement, voire la réclusion à perpétuité dans les circonstances les plus graves. Le Statut de Rome prévoit également des mesures de réparation aux victimes et la possibilité d'ordonner la confiscation des biens obtenus par le crime.

