Un nouveau visage du diabète vient d’être reconnu : le « diabète de type 5 », lié à la sous-nutrition chronique, touche des millions de jeunes maigres dans le monde. Longtemps confondu avec les formes classiques, il appelle désormais une réponse médicale et économique adaptée.
Diabète : le type 5, une menace chez les patients trop minces

Lors du Congrès mondial du diabète à Bangkok, la Fédération internationale du diabète (FID) a officiellement introduit le diabète de type 5 dans la classification internationale. Ce variant, issu de la malnutrition et distinct des types 1 et 2, bouleverse la compréhension de la maladie. Selon la FID, il concerne entre 20 et 25 millions de patients, principalement dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.
Le diabète de type 5, un type distinct
Le diabète de type 5 ne correspond ni au diabète auto-immun de type 1 ni au diabète de type 2 caractérisé par une résistance à l’insuline. Comme l’a expliqué la chercheuse Meredith Hawkins, dans Medscape « il s’avère que les personnes atteintes de cette forme présentent un défaut profond de sécrétion d’insuline, ce qui n’avait pas été reconnu auparavant ». Les patients présentent souvent un indice de masse corporelle inférieur à 19 kg/m².
Leur pancréas, sous-développé par une sous-nutrition prolongée, sécrète trop peu d’insuline. L’IDF souligne que ce phénomène est aggravé par des carences maternelles pendant la grossesse, des infections répétées et une insécurité alimentaire persistante. Cette combinaison crée une trajectoire métabolique spécifique, différente des formes classiques du diabète.
Un diabète mondial aux lourdes conséquences
Selon l’IDF, le diabète de type 5 touche entre 20 et 25 millions de personnes dans le monde, principalement en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne. Ces régions, où la sous-nutrition reste un problème majeur, concentrent la majorité des cas. Cette forme frappe donc des populations jeunes, maigres, souvent exclues des schémas habituels de prise en charge.
L’absence de critères standardisés conduit à des erreurs diagnostiques fréquentes. Certains patients sont traités comme des diabétiques de type 1, avec de fortes doses d’insuline, au risque d’hypoglycémies sévères. D’autres reçoivent des traitements destinés au type 2, inefficaces dans leur situation. Ces dérives coûtent cher aux systèmes de santé déjà fragiles, en multipliant hospitalisations et complications. Pour les chercheurs, reconnaître cette variante permet d’éviter ces impasses médicales et économiques.
Vers des traitements adaptés au diabète de type 5
Pour la FID, le diabète de type 5 doit être abordé différemment. La priorité est de restaurer un état nutritionnel satisfaisant tout en adaptant le traitement antidiabétique. Dans certains cas, une faible dose d’insuline peut suffire. Dans d’autres, des antidiabétiques oraux sont envisagés, mais les données manquent encore.
Un groupe de travail international a été créé pour définir des lignes directrices claires d’ici deux ans. L’objectif est de proposer des critères diagnostiques précis et des protocoles thérapeutiques adaptés. Comme le souligne l’IDF, l’enjeu dépasse la médecine. Il s’agit aussi d’investir dans la nutrition infantile, la sécurité alimentaire et la prévention des carences, autant de leviers pour limiter l’expansion de ce diabète atypique.
