Croissance : l’économie française surprend avec +0,5 % au troisième trimestre

La France affiche une excellente performance au 3ᵉ trimestre 2025 avec une croissance de +0,5 % du PIB, un résultat bien au-dessus des attentes. Cette embellie soulève la question : peut-elle relancer une dynamique de croissance durable ?

Ade Costume Droit
By Adélaïde Motte Published on 30 octobre 2025 10h00
Croissance Francaise 05 Troisieme Trimestre
Croissance : l’économie française surprend avec +0,5 % au troisième trimestre - © Economie Matin

Une reprise plus vigoureuse que prévu

La croissance française a accéléré plus fortement qu’attendu entre juillet et septembre 2025. D’après l’Insee, le produit intérieur brut (PIB) a augmenté de 0,5 %, après une hausse de 0,3 % au trimestre précédent. Ce rythme, inédit depuis un an, marque une embellie dans un contexte économique mondial encore tendu. La France résiste mieux que prévu, portée par une reprise de certains secteurs industriels et un regain des exportations.

Cette progression, supérieure aux anticipations des économistes, repose sur une amélioration notable du commerce extérieur. Les exportations ont bondi de 2,2 %, tandis que les importations ont légèrement reculé de 0,4 %. Cette inversion de tendance a permis au commerce extérieur d’apporter une contribution positive de 0,9 point à la croissance trimestrielle. Les performances du secteur aéronautique et la bonne tenue des ventes de produits pharmaceutiques à l’étranger y ont largement contribué.

Des moteurs internes encore hésitants

Si les échanges extérieurs expliquent en partie ce rebond, la demande intérieure, elle, reste plus timide. La consommation des ménages, en particulier, ne décolle pas. Elle n’a progressé que de 0,1 % sur le trimestre, un chiffre stable par rapport à la période précédente. En cause, le ralentissement du pouvoir d’achat et la prudence des foyers face aux incertitudes économiques et budgétaires. Les ménages privilégient encore l’épargne, malgré un reflux de l’inflation.

L’investissement, ou formation brute de capital fixe, affiche une légère reprise de 0,4 % après un trimestre de stagnation. Cette amélioration, portée notamment par les entreprises industrielles et certaines collectivités locales, reste toutefois fragile. Elle traduit davantage un rattrapage qu’un véritable redémarrage de la dynamique d’investissement. Par ailleurs, la variation des stocks a pesé lourdement sur le PIB, amputant la croissance de 0,6 point après avoir contribué positivement au trimestre précédent.

Un acquis de croissance encore modeste

À la fin du troisième trimestre, l’acquis de croissance pour l’ensemble de l’année 2025 s’établit à 0,8 %. Ce niveau, bien qu’en hausse, reste modeste. Il confirme que la reprise économique reste mesurée et dépendante d’un environnement international incertain. L’Insee estime que l’économie française pourrait terminer l’année autour de 0,7 à 0,8 % de croissance, contre environ 1 % espéré au début de l’année par Bercy.

Pour le ministre de l’Économie, Roland Lescure, ce résultat reste « une performance remarquable », compte tenu du contexte mondial. Selon lui, la France prouve sa capacité de résistance grâce à la solidité de ses entreprises exportatrices et à la diversification de son économie. Cette appréciation prudente est partagée par plusieurs économistes, qui soulignent toutefois que la consommation intérieure et la productivité demeurent les deux points faibles du modèle français.

Une embellie à confirmer

Si cette accélération est saluée, elle ne garantit pas un retour durable à une croissance forte. Le gouvernement mise sur une stabilisation des prix de l’énergie, une baisse progressive de l’inflation et une relance de l’investissement public pour soutenir la reprise. Cependant, les incertitudes budgétaires liées au débat parlementaire sur le budget 2026, la hausse des taux d’intérêt et les tensions géopolitiques pourraient freiner cet élan.

Les économistes appellent à la prudence : une croissance trimestrielle robuste ne suffit pas à effacer des fragilités structurelles bien ancrées. Le marché du travail reste dynamique, mais la productivité stagne. Les marges de manœuvre budgétaires sont limitées, et la dette publique dépasse 110 % du PIB. Autant d’éléments qui plaident pour une gestion rigoureuse et une politique économique plus ciblée sur la compétitivité.

La France bénéficie donc d’un sursaut inattendu. Cette croissance de 0,5 % au troisième trimestre traduit la capacité de l’économie à rebondir malgré les vents contraires. Mais elle ne saurait masquer les défis à venir : stimuler la consommation, relancer l’investissement productif et restaurer la confiance des ménages comme des entreprises. Le quatrième trimestre dira si cette embellie était un sursaut temporaire… ou le début d’un véritable redressement.

Ade Costume Droit

Diplômée en géopolitique, Adélaïde a travaillé comme chargée d'études dans un think-tank avant de rejoindre Economie Matin en 2023.

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