Supprimer l’impôt sur le revenu : un choc de confiance pour la relance française

Et si la vraie réforme de pouvoir d’achat consistait à supprimer purement et simplement l’impôt sur le revenu ? Dans une France surendettée, surtaxée et sous-consommante, cette mesure, loin d’être utopique, pourrait être le levier d’une relance durable.

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By Jean-Luc Ginder Published on 7 novembre 2025 4h30
Impôt plancher : les riches l'ont esquivé, il n'a quasiment rien rapporté
Supprimer l’impôt sur le revenu : un choc de confiance pour la relance française - © Economie Matin
40,4%Le ratio impôts/PIB s’est établi à 40,4 % dans l’UE en 2024.

Une économie française exsangue

En 2025, la France se trouve à un carrefour budgétaire historique. La dette publique a dépassé les 3 416 milliards d’euros, soit 115,6 % du PIB, un niveau inédit depuis la Libération. Le déficit, lui, se stabilise autour de –5,8 %, alors que la charge des intérêts atteindra près de 59 milliards d’euros cette année, un record absolu.

Malgré des plans de relance successifs, le pouvoir d’achat des Français s’érode : –1,2 % en 2024, selon l’Insee, et plus de 1 000 euros de hausse annuelle du coût de l’énergie par foyer. La France reste le deuxième pays le plus imposé au monde, avec un taux de prélèvements obligatoires de 46 % du PIB et une dépense publique à 58 % du PIB.

Supprimer un impôt pour relancer la consommation

L’impôt sur le revenu, payé par seulement 43 % des foyers fiscaux, ne rapporte à l’État qu’environ 85 milliards d’euros — soit à peine 20 % de ses recettes fiscales. Sa suppression ne serait donc pas un gouffre, mais une injection directe de 80 milliards d’euros dans l’économie réelle.

Pourquoi prélever pour redistribuer ensuite sous forme d’aides arbitraires ? En appliquant la logique keynésienne — laisser l’argent circuler dans la consommation réelle — on relance plus efficacement la machine économique que par des subventions à court terme.

Une réforme sociale avant tout

Supprimer l’impôt sur le revenu n’est pas un acte antisocial. C’est un acte de confiance dans la classe moyenne et dans le travail. C’est permettre à chaque foyer d’être un acteur économique direct, pas un simple bénéficiaire de transfert.

Cette mesure aurait un triple effet : économique, en stimulant la consommation ; social, en rendant du pouvoir d’achat ; budgétaire, en réduisant mécaniquement les dépenses de redistribution.

Le courage politique d’un choix simple

Notre modèle ne s’écroule pas faute d’impôts, mais faute de respiration. La relance ne viendra ni des aides ponctuelles ni des subventions industrielles à répétition. Elle viendra de la confiance rendue aux Français.

Supprimer l’impôt sur le revenu, c’est accepter de changer de logiciel : celui du contrôle vers celui de la responsabilité, celui du prélèvement vers celui de la participation. La croissance ne se décrète pas, elle se libère.

Les chiffres clés du budget 2025

Indicateur Valeur estimée 2025 Source
Dette publique 3 416 Md€ (115,6 % du PIB) Ministère de l’Économie
Déficit public –5,8 % du PIB HCFP
Impôt sur le revenu 85 Md€ (≈ 20 % des recettes fiscales) DGFiP
TVA 150 Md€ (1er poste de recettes) DGFiP
Taux de prélèvements obligatoires 46 % du PIB (2ᵉ mondial) OCDE
Dépense publique 58 % du PIB Eurostat
Inflation moyenne 2024 2,3 % INSEE
Hausse énergie/ménage (2024) +1 000 € Observatoire de l’énergie
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Jean-Luc Ginder est économiste et essayiste spécialiste de la macro économie ainsi que de l'économie de l'Energie. Il est l'auteur du livre « Phobiamanagement » mettant en avant les effets de la peur en économie et du livre « Réflexions Economiques » (Éditions Corps et Ame, février 2018).

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