En France, ce lundi 10 novembre 2025 à 11 h 31 marque symboliquement le moment où les femmes cessent d’être rémunérées pour leur travail. En raison d’un écart salarial persistant de 14,2 %, elles effectuent l’équivalent de sept semaines de emploi gratuit d’ici la fin de l’année.
Inégalités : pourquoi les femmes cessent d’être payées dès ce 10 novembre ?

Depuis plusieurs années, la date du 10 novembre s’est imposée comme un symbole des inégalités salariales en France. En 2025, le collectif Les Glorieuses, fondé par l’économiste et militante Rebecca Amsellem, fixe l’instant précis à 11 h 31 : à cette heure, les femmes cesseraient, en théorie, d’être payées pour leur travail, si leur rémunération suivait la même courbe que celle des hommes. Cet indicateur repose sur une étude de l’Insee indiquant un écart moyen de 14,2 % entre les salaires masculins et féminins à temps plein.
Le 10 novembre 2025 à 11 h 31, le moment où le salaire s’arrête pour les femmes
Ce lundi 10 novembre 2025, l’heure symbolique de 11 h 31 est à nouveau reprise par la presse et les réseaux professionnels. Selon Le Monde, c’est à cet instant précis que les femmes commencent à « travailler gratuitement » jusqu’au 31 décembre 2025. Cette estimation, calculée à partir de la différence moyenne de rémunération entre les sexes, se veut à la fois simple et percutante. « Il faut encore un coup de pouce pour accélérer dans la lutte pour l’égalité salariale », rappelle Rebecca Amsellem dans les colonnes du quotidien.
L’écart, s’il se réduit lentement, reste considérable. Entre 2016 et 2023, il est passé de 15,1 % à 14,2 %, soit une baisse de 0,9 point, d’après l’Insee. Cette progression modeste illustre la persistance de freins structurels : la répartition inégale du temps partiel, la concentration des femmes dans les secteurs les moins rémunérés et la sous-représentation dans les postes à haute responsabilité. Ainsi, selon CNEWS, près de 30 % des femmes travaillent à temps partiel, contre seulement 8 % des hommes.
Un symbole qui traduit des réalités économiques profondes
L’expression « travailler gratuitement » ne relève évidemment pas d’une réalité juridique, mais d’une projection économique. Le collectif Les Glorieuses calcule chaque année cette date en appliquant l’écart salarial moyen au calendrier. Plus cet écart se creuse, plus la date avance dans l’année ; plus il se réduit, plus elle recule. En 2025, elle reste fixée à la même période qu’en 2024, signe d’un ralentissement des progrès.
Le principe, simple à comprendre, permet de matérialiser une inégalité abstraite : si les femmes étaient rémunérées au même niveau que les hommes, elles gagneraient un salaire équivalent jusqu’au 31 décembre. Mais puisque la différence persiste, elles sont censées cesser d’être payées plus de sept semaines avant la fin de l’année explique la newsletter Les Glorieuses.
Des causes connues, des solutions encore à consolider
Pour comprendre cet écart, plusieurs paramètres s’entrecroisent. D’abord, la répartition des tâches domestiques et familiales, toujours largement assumée par les femmes, limite leur disponibilité pour un emploi à temps plein. Ensuite, la ségrégation professionnelle oriente encore les femmes vers des métiers dits « féminins » – éducation, soin, services – souvent moins valorisés. Enfin, les freins à la promotion et au salaire de départ continuent de peser : selon l’Insee, même à diplôme équivalent, une femme touche en moyenne 9 % de moins qu’un homme dès sa première embauche.
Face à cela, le collectif Les Glorieuses plaide pour un changement de culture salariale et une transparence accrue au sein des entreprises. « À ce rythme-là, on atteindra l’égalité en 2167 », prévient Rebecca Amsellem dans Le Monde. La militante déplore que les sanctions prévues contre les employeurs ne respectant pas les obligations de publication de leur index d’égalité soient encore trop rares et trop légères.
Pour les pouvoirs publics, la priorité consiste désormais à renforcer le suivi. Le ministère du Travail a d’ailleurs annoncé une évaluation complète de l’efficacité de l’index d’égalité professionnelle avant la fin de 2025. L’objectif affiché est de mieux cibler les sanctions et d’accompagner les entreprises de moins de 250 salariés, souvent les plus en retard. Toutefois, la progression reste fragile : les femmes représentent encore à peine 22 % des comités de direction du CAC 40, d’après les données consolidées en septembre 2025.
