Croix Rouge : 2 900 postes supprimés, budget en baisse de 17 % en 2026

Le Comité international de la Croix Rouge (CICR) annonce la suppression de près de 2 900 postes dans le monde, conjuguée à une réduction budgétaire de 17 % : une mise à l’épreuve pour l’organisation humanitaire, déjà engagée au cœur de multiples conflits.

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By Rédaction Published on 21 novembre 2025 14h37
Croix Rouge Reduction Budget
 Croix Rouge : 2 900 postes supprimés, budget en baisse de 17 % en 2026 - © Economie Matin
1,8Le budget de la Croix Rouge est de 1,8 milliard de francs suisses au lieu de 2,17 milliards espérés.

C’est ce vendredi 21 novembre 2025 que le CICR a rendu public un budget pour 2026 réduit à 1,8 milliard de francs suisses, soit un recul de 17 % par rapport à 2025. Dans ce contexte, l’organisation annonce la suppression d’environ 2 900 équivalents temps plein à l’échelle mondiale.

2 900 postes supprimés à la Croix Rouge

Le budget du CICR pour 2026 a été fixé à 1,8 milliard de francs suisses, ce qui représente une baisse de 17 % par rapport à l’année précédente. Cette contraction budgétaire s’explique principalement par une réduction des contributions des donateurs publics, notamment des États, qui couvraient « en moyenne 82 % du budget » selon les rapports antérieurs.

En conséquence, le CICR prévoit de supprimer environ 2 900 équivalents temps plein dans le monde, ce qui représente près de 15 % de ses effectifs globaux (estimés autour de 18 000 à 18 500 collaborateurs) selon certaines sources. Un tiers de ces suppressions serait réalisé via des départs volontaires ou le non‑remplacement de postes vacants. Cette décision traduit la convergence de deux phénomènes : d’un côté, l’augmentation du nombre de conflits armés et, de l’autre, la stagnation ou la baisse des financements humanitaires, au moment où d’autres priorités (ex. : dépenses de défense) progressent chez certains États donateurs.

Priorisation des activités

La réduction des effectifs et du budget annoncée par la Croix Rouge aura plusieurs impacts sur ses opérations, son positionnement et ses priorités. Premièrement, l’organisation indique qu’elle devra prioriser ses activités : accéder aux zones de conflit majeures comme la Ukraine, la RDC ou la région du Proche‑Orient, tout en réduisant ou éliminant certaines missions « secondaires ». Deuxièmement, la contraction entraîne une pression accrue sur les collaborateurs restants : une organisation plus légère, mais potentiellement plus fragile en cas de crise simultanée dans plusieurs régions. La capacité de réponse rapide pourrait en être affectée.

Troisièmement, ces suppressions de postes dans un contexte mondial marquent un signal fort vers le secteur humanitaire : la décroissance des effectifs de la Croix Rouge reflète un changement de paradigme, où la nécessité d'“efficacité” et de “rationalisation” devient centrale, à l’heure où les besoins grandissent mais les financements se raréfient. Quatrièmement, sur le plan local, cela pourrait se traduire par la fermeture ou le regroupement de délégations, ou encore par un gel de nouveaux recrutements : dans certains pays, le personnel pourrait se voir redéployé, ou les missions ajustées pour s’aligner sur les ressources disponibles. Enfin, pour le public et les bénéficiaires, cela signifie un accès peut‑être plus réduit à l’aide humanitaire dans certaines zones, ou une concentration des efforts sur des crises “prioritaires”.

Une aide humanitaire réduite dans le monde

La Croix Rouge opère dans plus de 90 pays à travers le réseau international. Le montant de 1,8 milliard de francs suisses pour 2026 marque une inflexion par rapport à l’appel de 2,17 milliards lancé pour 2025. Sur le plan économique, cette réduction illustre un arbitrage : face à des conflits prolongés, des crises sanitaires, des déplacements massifs de populations, l’aide humanitaire se voit concurrencée par d’autres priorités budgétaires.

En matière d’emploi, la suppression de 2 900 postes dans un organisation de cette taille est d’autant plus significative qu’elle réduit la marge de manœuvre de l’organisation pour recruter dans des zones sensibles ou pour maintenir des capacités d’intervention rapide.

Sur le volet santé, en zone de conflit ou de crise humanitaire, un effectif réduit peut engendrer une moindre couverture, moins de centres d’appui, ou une logistique plus contraignante. Enfin, sur le plan international, cette décision s’inscrit dans une tendance plus large de “fatigue des donateurs” envers l’aide d’urgence, ce qui rend le rôle de la Croix Rouge encore plus crucial, mais aussi plus vulnérable.

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