Vapotage : moins pire que la clope, mais dangereux quand même !

Le vapotage s’impose depuis plusieurs années comme une alternative à la cigarette classique, portée par l’essor de la cigarette électronique et par un discours souvent rassurant. Pourtant, les conclusions récentes de l’Anses rappellent que cette pratique n’est ni anodine ni sans risques pour la santé, y compris en l’absence de nicotine. L’agence sanitaire appelle à la prudence et à la vigilance, au moment où le vapotage se diffuse largement, notamment chez les plus jeunes.

Paolo Garoscio
By Paolo Garoscio Published on 4 février 2026 6h17
Pourquoi Passer Au Vapotage
@shutter - © Economie Matin
6%Plus de 6 % des adultes en France vapotent chaque jour

Le 4 février 2026, l’Anses a rendu publiques de nouvelles analyses sur le vapotage, fondées sur une vaste revue de la littérature scientifique. L’agence a réévalué les effets sanitaires de la cigarette électronique, en comparant ses impacts à ceux de la cigarette traditionnelle. Objectif affiché : éclairer les consommateurs, les professionnels de santé et les pouvoirs publics sur les risques avérés de cette pratique en pleine expansion.

Vapotage : ce que dit l’Anses sur les risques avérés

Selon l’Anses, le vapotage expose les utilisateurs à des substances potentiellement nocives, issues à la fois des e-liquides et des réactions chimiques provoquées par leur chauffe. Ainsi, même lorsque la cigarette électronique ne contient pas de nicotine, des composés toxiques peuvent être inhalés. « Les risques possibles pour les vapoteurs incluent des effets cardiovasculaires, respiratoires et cancérogènes, y compris en l’absence de nicotine », souligne l’Anses dans son expertise, selon les informations rapportées par Franceinfo. Cette affirmation rompt avec l’idée communément répandue selon laquelle la dangerosité du vapotage serait exclusivement liée à la nicotine.

La répétition des expositions est au centre du risque pour la santé des cigarettes électroniques, comme pour la cigarette classique. Le vapotage repose sur une inhalation fréquente, parfois quotidienne, de substances dont les effets cumulés restent mal connus. Plus de 6 % des adultes en France vapotent chaque jour, et 74 % des vapoteurs déclarent un usage quotidien, selon les données reprises par Santé publique France. Ce niveau d’exposition, rappelle l’Anses, justifie une approche de précaution en matière de santé, d’autant que la recherche scientifique continue d’identifier de nouveaux composés présents dans les aérosols de cigarette électronique.

La cigarette électronique : une pratique à ne pas généraliser ni banaliser

Un autre point central du rapport de l’Anses concerne la diffusion du vapotage chez les jeunes et les non-fumeurs. L’agence observe que la cigarette électronique tend à s’imposer comme un produit de consommation banalisé, parfois perçu comme sans danger. Or, selon les données analysées, plus de la moitié des jeunes vapoteurs âgés de 13 à 17 ans vapotent quotidiennement, y compris des adolescents n’ayant jamais fumé de cigarette classique. Cette situation inquiète l’Anses, qui alerte sur le risque d’entrée dans une dépendance à la nicotine, mais aussi sur l’exposition précoce à des substances toxiques.

« Au regard des risques identifiés, l’Anses recommande d’écarter toute action susceptible d’encourager le vapotage, notamment chez les jeunes et les non-fumeurs », indique l’agence, selon des propos repris par Libération. Autrement dit, même si le vapotage peut être présenté comme un outil de réduction des risques pour certains fumeurs adultes, il ne doit pas devenir un produit d’initiation. Cette distinction est essentielle pour la santé publique, car elle conditionne les politiques de prévention, d’encadrement de la publicité et de régulation des arômes attractifs pour les plus jeunes.

Vapotage ou cigarette : une dangerosité relative mais un danger quand même

La question revient régulièrement dans le débat public : le vapotage est-il plus ou moins dangereux que la cigarette traditionnelle ? Sur ce point, l’Anses adopte une approche nuancée. L’agence reconnaît que la cigarette électronique ne repose pas sur la combustion du tabac, ce qui réduit fortement l’émission de goudrons et de monoxyde de carbone, deux substances majeures responsables des maladies liées au tabagisme. De fait, l’Anses confirme que l’exposition à certains toxiques est globalement moindre chez les vapoteurs que chez les fumeurs.

Cependant, cette réduction ne signifie pas absence de danger. Le vapotage génère d’autres composés, comme des aldéhydes, dont la toxicité est reconnue. Le rapport de l’Anses, fondé sur l’analyse de près de 2 860 publications scientifiques, met en évidence des incertitudes majeures concernant les effets à long terme sur la santé. « Le vapotage n’est pas sans risque et ne doit pas être banalisé », résume l’agence, selon Franceinfo.

Paolo Garoscio

Rédacteur en chef adjoint. Après son Master de Philosophie, il s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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