À la pompe, le répit est spectaculaire. En cette fin d’année 2025, le carburant affiche des prix rarement vus depuis plus de trois ans. Pourtant, derrière cette accalmie inattendue, les signaux d’une hausse imminente s’alignent déjà pour le début de 2026.
Le carburant coûte pas cher : faites le plein car demain il sera trop tard

Fin décembre 2025, en France, le carburant est au cœur de toutes les attentions alors que les Français se déplacent massivement pour les fêtes de fin d’année. Les données officielles confirment une baisse marquée des prix de l’essence et du diesel, tandis que les acteurs du secteur automobile alertent, déjà, sur un retournement de tendance attendu dès janvier 2026.
Carburant : des prix au plus bas en cette fin d’année 2025
Le carburant le plus consommé, le SP95-E10, s’affiche à 1,5992 euro le litre en moyenne nationale à la mi-décembre 2025, selon des données ministérielles relayées par Le Monde. Dans le même temps, le diesel, longtemps pénalisé, tombe à 1,5299 euro le litre, un niveau inédit depuis plus de quatre ans hors épisodes ponctuels. Ainsi, pour de nombreux automobilistes, le passage à la pompe redevient supportable, alors même que le souvenir des pics de prix de 2022 reste vif.
Cette baisse du carburant ne relève pas d’un simple ajustement technique. Sur une seule semaine, le diesel a reculé d’environ 7,1 centimes par litre, tandis que l’essence SP95-E10 a cédé plus de 7 centimes, selon TF1 Info. Autrement dit, la tendance est rapide. Un automobiliste interrogé par CNEWS résumait la situation avec soulagement en expliquant que son plein lui coûtait « 111,46 euros, au lieu de 120 ou 130 euros habituellement ». La perception d’un « bon moment » pour faire le plein s’impose dans l’opinion.
Carburant : pourquoi les prix de l’essence et du diesel ont chuté si brutalement
Pourtant, cette embellie sur le carburant s’explique par une combinaison précise de facteurs énergétiques. D’une part, le cours du pétrole brut s’est nettement replié. En décembre 2025, le baril évolue autour de 60 dollars, contre plus de 75 dollars à l’automne, selon La Dépêche. Ce recul, conjugué à une production abondante des pays exportateurs, fait automatiquement baisser les prix de l’énergie raffinée. De plus, l’euro s’est raffermi face au dollar, un élément déterminant puisque le pétrole est libellé dans la devise américaine : plus l’euro est fort, moins le carburant coûte cher.
D’autre part, les distributeurs ont accentué la baisse par des politiques commerciales agressives. En fin d’année, traditionnellement, certaines enseignes rognent leurs marges pour attirer les automobilistes, notamment dans un contexte de mobilité accrue. Ainsi, la chute du carburant à la pompe est aussi stratégique. Mais, cette logique commerciale reste fragile.
Carburant : la hausse attendue début 2026 qui va faire mal au portefeuille
Cependant, ce répit pourrait être de courte durée. Dès le 1er janvier 2026, une hausse du carburant est annoncée par plusieurs acteurs du secteur. En cause, l’évolution du dispositif des certificats d’économies d’énergie, les CEE. Selon La Dépêche, les compagnies pétrolières anticipent une augmentation de 4 à 6 centimes par litre, applicable à l’essence comme au diesel. Cette charge supplémentaire, intégrée progressivement dans les prix, devrait se répercuter sur les quinze premiers jours de janvier 2026.
Le poids des CEE dans le carburant devient central. Olivier Gantois, directeur général de l’Union française des industries pétrolières, explique que cette composante représente environ 11 centimes par litre aujourd’hui, mais qu’elle « devrait devenir 15 à 17 centimes » dès janvier 2026, selon Le HuffPost. Autrement dit, indépendamment des marchés de l’énergie, la fiscalité et les obligations réglementaires créent un plancher haussier durable. À cela s’ajoutent l’incertitude géopolitique ambiante et la volatilité des cours du pétrole brut.
Dans ce contexte, la tendance apparaît claire. Si les prix du carburant restent exceptionnellement bas à la toute fin de 2025, l’année 2026 pourrait rapidement marquer un retour à la hausse, sous l’effet cumulé des taxes, des CEE et d’un marché pétrolier imprévisible.
