Naître en 1975 plutôt qu’en 2025 : ce que dit un sondage des Français

Selon un sondage international publié récemment, une majorité significative de Français auraient préféré naître en 1975 plutôt qu’en 2025, révélant un fort sentiment de nostalgie ancré dans la société française. Cette tendance interroge le regard que porte la population sur son présent et sur l’évolution de la société, du bien‑être et du contexte global de vie.

Cropped Favicon Economi Matin.jpg
By Rédaction Published on 10 janvier 2026 18h04
Français 1975
Naître en 1975 plutôt qu’en 2025 : ce que dit un sondage des Français - © Economie Matin
1975Les Français nostalgiques des années 1970.

Le 5 janvier 2026, les résultats d’une étude mondiale menée par Ipsos ont fait émerger un constat marquant : 57 % des Français déclarent qu’ils auraient préféré naître en 1975 plutôt qu’en 2025, plaçant la France en tête des pays les plus nostalgiques de l’époque passée. Ce sondage, réalisé dans 30 pays auprès de 23 772 personnes, met en lumière des perceptions contrastées de la vie, de la société et de l’avenir.

Pourquoi les Français idéalisent 1975

La première grande raison qui ressort de cette enquête tient à l’idéalisation du passé, une tendance qui se manifeste fortement en France. Dans l’étude Ipsos, une nette majorité de répondants associe l’année 1975 à une époque de bonheur perçu supérieur, à une impression d’environnement plus sûr et à une vision plus positive de certains aspects de la vie sociale, malgré des progrès mesurables dans plusieurs domaines aujourd’hui.

Un point frappant est que 70 % des Français estiment que les gens étaient plus heureux en 1975 qu’aujourd’hui, un chiffre nettement plus élevé que la moyenne observée dans l’ensemble des pays sondés. Cette perception du bonheur passé peut expliquer en grande partie le souhait exprimé par une majorité de Français de voir leur naissance à cette période.

Cette préférence pour 1975 ne se limite pas au sentiment de bonheur : de nombreux répondants considèrent également que le niveau de sécurité sociale et personnelle était perçu comme supérieur, ainsi que la qualité de l’environnement. Bien que ces perceptions puissent être biaisées ou subjectives, elles traduisent un regard fortement teinté de nostalgie, qui valorise des éléments du passé au détriment du présent ou du futur.

Perceptions du présent : une société en interrogation

Ce regard vers le passé s’explique aussi par une insatisfaction ou une inquiétude envers le présent, marquée par des préoccupations multiples. Selon l’étude Ipsos, la France se distingue non seulement par son attachement rétrospectif, mais aussi par une perception plus critique de son époque actuelle par rapport à d’autres pays.

Ainsi, une faible proportion de Français, seulement 21 %, affirment qu’ils préféreraient vivre dans la période actuelle plutôt qu’en 1975, un chiffre significativement inférieur à la moyenne mondiale. Cette tendance peut être interprétée comme un signe de malaise collectif face aux défis contemporains.

Plusieurs domaines illustrent ces perceptions contrastées :

Sécurité et environnement : une proportion majeure des répondants estime que ces aspects étaient meilleurs en 1975 qu’aujourd’hui, malgré des données objectives qui montrent des avancées dans certaines de ces sphères.

Niveau de vie : 59 % des Français jugent que le niveau de vie était plus élevé en 1975, ce qui peut refléter une insatisfaction vis‑à‑vis de la situation économique actuelle ou une perception idéalisée des conditions matérielles passées.

Santé : la perception des progrès en matière de santé est plus nuancée, puisque plus de la moitié reconnaît que les soins et l’espérance de vie ont évolué favorablement, mais cela n’efface pas la perception globale d’un monde d’hier jugé plus stable.

Cette dichotomie entre progrès objectif et perception subjective est typique des phénomènes de nostalgie collective : des avancées réelles ne suffisent pas à modifier un sentiment diffus de perte ou de dégradation.

Le rôle des contextes historique et sociétal

L’attachement à l’année 1975 ne se comprend pas entièrement sans replacer cette date dans son contexte historique. Cette période de l’après‑guerre et des Trente Glorieuses demeure associée à des idéaux de croissance, de reconstruction sociale et d’optimisme collectif dans l’imaginaire populaire français. Comparativement, le début des années 2020 est marqué par des crises successives — pandémie de Covid‑19, tensions géopolitiques, inflation et défis environnementaux — qui ont pu amplifier un sentiment d’incertitude et d’insécurité.

Autre facteur à considérer : la méconnaissance objective des évolutions historiques. L’étude Ipsos signale que beaucoup de répondants ont tendance à surestimer l’espérance de vie en 1975 et à sous‑estimer celle d’aujourd’hui, démontrant que la nostalgie peut être fondée sur des perceptions parfois éloignées des réalités mesurables.

Cette distorsion perceptuelle peut également se refléter dans d’autres domaines comme l’éducation, l’accès aux droits, l’égalité des genres ou la qualité de vie générale, où des progrès significatifs ont été réalisés au fil des décennies mais ne sont pas toujours pleinement intégrés dans l’opinion collective.

Une exception générationnelle : la Génération Z

L’étude montre toutefois une exception notable chez les plus jeunes, la génération dite Z (nés entre 1997 et 2012). Cette tranche d’âge est la seule, parmi celles étudiées, à montrer une légère préférence pour l’époque actuelle — c’est‑à‑dire une préférence pour être né en 2025 plutôt qu’en 1975 — bien que l’écart reste mince. Cette nuance générationnelle souligne que la nostalgie n’est pas uniforme à travers toutes les couches de la société mais qu’elle peut dépendre de l’expérience vécue et de l’exposition aux défis contemporains.

La Génération Z, confrontée à des enjeux tels que le changement climatique, la transformation numérique ou l’évolution du marché du travail, semble pourtant plus ouverte à l’avenir, même si l’inquiétude face à ce dernier demeure palpable au sein de cette même génération.

Nostalgie et implications sociales

Au‑delà d’un simple sentiment personnel, cette préférence pour 1975 a des implications sociales et culturelles. Elle peut refléter une tension entre un présent perçu comme instable et un passé idéalisé, influençant la manière dont les citoyens abordent les questions politiques, économiques et sociales. Une population qui regarde vers le passé avec bienveillance peut être plus sensible aux discours évoquant la restauration de valeurs traditionnelles ou à des réponses politiques axées sur la sécurité et la stabilité plutôt que sur l’innovation et le changement.

Dans une démocratie, ces perceptions collectives peuvent façonner les attentes vis‑à‑vis des institutions et des dirigeants, en particulier si elles se conjuguent à un sentiment de dégradation de certains aspects de la vie quotidienne.

No comment on «Naître en 1975 plutôt qu’en 2025 : ce que dit un sondage des Français»

Leave a comment

* Required fields