Budget 2026 : les grandes entreprises passeront à la caisse

Le gouvernement a tranché. La surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises sera bien maintenue dans le Budget 2026. Annoncée comme temporaire puis remise en cause, cette contribution devient l’un des piliers de l’équation budgétaire française, avec un rendement attendu bien supérieur aux premières estimations.

Paolo Garoscio
By Paolo Garoscio Published on 19 janvier 2026 6h44
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Budget 2026 : les grandes entreprises passeront à la caisse - © Economie Matin
8 MILLIARDS €Le rendement attendu atteindrait environ 8 milliards d’euros pour la surtaxe.

À la mi-janvier 2026, dans un contexte de forte contrainte sur les finances publiques en France, l’exécutif conduit par Sébastien Lecornu a arrêté ses choix fiscaux. Au cœur de ces arbitrages figure la surtaxe, mesure emblématique visant les grandes entreprises, intégrée au projet de loi de finances pour 2026 après plusieurs semaines d’hésitations et de débats politiques.

La surtaxe confirmée dans le Budget 2026 malgré les hésitations initiales

La surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises restera pleinement en vigueur dans le Budget 2026. Alors que l’exécutif envisageait initialement un allègement progressif du dispositif, l’arbitrage final a conduit à maintenir le prélèvement à un niveau équivalent à celui de l’exercice précédent. Cette décision, justifiée par la nécessité de sécuriser des recettes rapides et de trouver un Budget qui ne conduise pas à une censure de l’exécutif, s’inscrit dans une stratégie de redressement budgétaire assumée par le gouvernement, selon Capital.

D’après Le Monde, le maintien de la surtaxe constitue l’un des points clés du texte budgétaire qui devrait être adopté par la force, soit par 49.3 soit par Ordonnances. Le rendement attendu atteindrait environ 8 milliards d’euros, soit le double de ce qui avait été envisagé dans les premières versions du projet. Cette inflexion marque un tournant politique clair, l’exécutif ayant renoncé à réduire la pression fiscale sur les grandes entreprises afin de préserver l’équilibre global du Budget.

Une surtaxe centrale pour l’équilibre budgétaire et le financement de l’État

Le poids financier de la surtaxe explique largement son maintien. Selon les estimations gouvernementales relayées par Sud Ouest, la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises devrait rapporter environ 8 milliards d’euros en 2026. Ce montant constitue une ressource jugée indispensable pour limiter l’aggravation du déficit public dans un contexte de croissance atone et de charges accrues pour l’État.

À l’inverse, la première mouture du texte budgétaire tablait sur un rendement limité à environ 4 milliards d’euros. Cette hypothèse reposait sur une réduction progressive de la surtaxe, combinée à d’autres ajustements fiscaux. Mais face aux tensions politiques et à l’absence de majorité solide au Parlement, le gouvernement a finalement privilégié une solution plus sécurisée afin de garantir la soutenabilité du Budget.

LA CVAE ne baissera pas

Le maintien de la surtaxe s’accompagne d’un autre renoncement majeur concernant la fiscalité des entreprises : l’abandon de la baisse de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, la CVAE. Cette mesure, attendue par de nombreux acteurs économiques, a été sacrifiée dans l’arbitrage final. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a justifié ce choix par la nécessité de concentrer l’effort fiscal sur les entreprises les plus profitables, selon Sud Ouest.

Cette orientation confirme la ligne suivie par l’exécutif : préserver les petites et moyennes entreprises, tout en sollicitant davantage les grands groupes. La surtaxe devient ainsi un instrument ciblé, politiquement sensible mais budgétairement efficace.

Paolo Garoscio

Rédacteur en chef adjoint. Après son Master de Philosophie, il s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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