La location en France se transforme en épreuve de vitesse pour les locataires. Les logements disparaissent des radars. Les candidats s’accumulent. Selon Foncia, la baisse de l’offre n’est plus un simple creux saisonnier : elle s’installe et verrouille le marché. En coulisses, l’immobilier locatif se grippe et les locataires risquent d’affronter une sélection toujours plus dure pour accéder à un logement.
Logement : louer sera toujours très compliqué en 2026

Le 28 janvier 2026, Foncia a livré son bilan 2025 sur l’état de la location en France. Le constat est sombre : moins d’offre, moins de mouvements, et une tension qui ne reflue pas. Cette baisse frappe un marché déjà fragilisé par la hausse passée des taux, par l’arbitrage des bailleurs et par un cadre réglementaire plus exigeant. Au bout de la chaîne, la location devient plus rare, plus rapide, et souvent plus brutale pour ceux qui cherchent un logement.
Location : le marché est de plus en plus tendu en France
D’après les indicateurs 2025 présentés par Foncia, la location entre dans une phase de contraction nette. Le réseau revendique près de 400 000 logements gérés et décrit une tension devenue « structurelle », selon Immo Matin. Les chiffres avancés donnent la mesure : les congés de locataires reculent de 3 % sur un an, tandis que les relocations diminuent de 2 %. Or, quand la mobilité se tasse, la location s’assèche mécaniquement : moins de départs, donc moins d’entrées, donc moins d’offre visible. Dans ce cadre, Foncia observe aussi une chute du stock de logements disponibles de 7 % en 2025, selon La Tribune.
Cette dynamique se lit aussi dans la rotation du parc géré. Le taux de rotation reste limité à 19,7 % en 2025, en baisse de 0,5 point par rapport à 20246. En clair, la location tourne moins vite et laisse moins d’opportunités. Dans ce contexte, Zahir Keenoo, président de Foncia ADB, résume l’alerte en des termes lourds : « En 2025, nous avons enregistré une baisse de 3,5 % du nombre de locations totales réalisées en France (…) soit 54 700 locations, ce qui constitue un niveau historiquement bas ». La location se retrouve alors prise dans un étau : l’offre recule, la demande ne se détend pas partout, et chaque annonce devient un point de cristallisation.
Les locataires sous tension face à la baisse des offres de logements
La baisse de l’offre ne vient pas d’un seul facteur. Elle s’alimente, au contraire, d’un empilement de décisions et de contraintes qui font sortir des logements du circuit classique de location. D’abord, des bailleurs vendent. La Tribune explique que le retrait au profit de la vente s’observe sur fond de contraintes grandissantes et de rentabilité dégradée, et cite un chiffre central : 47 % des 12 000 propriétaires bailleurs sondés par Foncia déclarent avoir choisi, ou envisager, de vendre leur bien.
Ensuite, la contrainte énergétique pèse sur la location. Le ministère de la Transition écologique rappelle, dans un communiqué récapitulatif des mesures au 1er janvier 2025, qu’à compter du 1er janvier 2025 les logements classés G au DPE sont interdits à la location. Certains logements deviennent indisponibles tant que les travaux ne sont pas faits, et l’offre se contracte.
À ces éléments s’ajoutent des sorties vers d’autres usages. La location longue durée perd des unités, parfois temporairement, parfois durablement. En parallèle, une autre force agit : l’accession à la propriété s’est compliquée, et une partie des ménages reste locataire plus longtemps. Bien’ici évoque même un parc « figé », où des locataires ne libèrent plus leur logement faute de pouvoir acheter, ce qui freine la rotation nécessaire aux étudiants et aux jeunes actifs, selon le communiqué « Marché immobilier 2025 ». Dès lors, la location se transforme en compétition. La baisse de l’offre produit un effet en cascade : davantage de candidats par annonce, une sélection plus sévère, et un rapport de force qui se durcit contre les locataires, surtout dans les zones tendues.
Les données confortent l’idée d’un marché fragile. Challenges s’appuie sur le bilan de LocService établi sur plus de 100 000 offres et demandes et cite un mouvement inédit : le score de tension locative en France fléchit de 4,8 à 4,69, une première depuis 2019. Cependant, cette respiration nationale ne règle rien là où la location est la plus disputée : le même article souligne qu’à Lyon il y a douze fois plus de candidats locataires que d’offres de biens à louer. Autrement dit, même quand un indicateur agrégé bouge, la tension reste extrême là où l’offre manque le plus. En outre, Challenges rappelle que les loyers continuent de monter, avec +0,6 % en moyenne nationale, après +3,3 % l’année précédente. La location ne se détend donc pas vraiment : elle s’ajuste, mais sur un socle de rareté.
