Le logement n’est plus seulement une question sociale en France. Il est devenu une urgence nationale. Derrière les chiffres froids s’accumulent des réalités humaines brutales : familles déplacées, enfants à la rue, travailleurs précaires enfermés dans l’instabilité. En 2025, le mal-logement a atteint un niveau critique inédit en France malgré les promesses du gouvernement.
Mal-logement : la situation est catastrophique en France

Début février 2026, la publication du 31ᵉ rapport de la Fondation pour le Logement des Défavorisés dresse un constat alarmant : la situation du logement en France s’est encore dégradée en 2025. Le logement s’impose une nouvelle fois dans le débat politique, à quelques semaines des élections municipales, tant la crise touche l’ensemble du territoire et des catégories sociales.
Le logement au cœur d’une crise sociale omniprésente en France
Le logement est devenu le révélateur le plus brutal des inégalités sociales en France. Selon le rapport annuel de la Fondation pour le Logement des Défavorisés, plus de 4,2 millions de personnes sont aujourd’hui sans logement personnel ou mal logées. Ce chiffre, déjà massif, ne dit pas tout. Il faut y ajouter 12,3 millions de personnes fragilisées par la crise du logement, confrontées aux impayés, à la précarité énergétique ou à des logements inadaptés, selon Le Parisien.
Cette crise du logement n’épargne aucune ville. Grandes métropoles, villes moyennes, territoires ruraux : tous sont concernés. Le logement est devenu inaccessible pour une part croissante de la population, tandis que les politiques publiques peinent à enrayer la spirale. D’après France 24, le mal-logement s’est même invité dans la campagne des municipales, tant la situation est devenue politiquement explosive début 2026.
Cette dégradation est structurelle. La production de logements sociaux ralentit, les expulsions locatives repartent à la hausse et les dispositifs d’accompagnement s’essoufflent. Christophe Robert, délégué général de la Fondation pour le Logement des Défavorisés, alerte sans détour : « On n’avait jamais connu à la Fondation de telles tensions sur le front de la lutte contre le mal-logement et de la pauvreté », a-t-il déclaré.
Logement, pauvreté et précarité : c’est de pire en pire
Le logement est aujourd’hui l’un des premiers facteurs de bascule dans la pauvreté. En 2025, près d’un million de personnes ne disposent d’aucun logement personnel en France. Certaines alternent entre hébergement d’urgence, nuits à l’hôtel ou solutions précaires chez des tiers. D’autres n’ont tout simplement aucune solution. 350 000 personnes sont sans domicile, vivant à la rue ou en centre d’hébergement en France.
À ces personnes s’ajoutent environ 600 000 individus contraints d’être hébergés chez des proches, parfois pendant des années, sans intimité ni stabilité. Le logement devient alors un facteur de tension familiale et sociale, aggravant la précarité plutôt que de la résorber.
La situation des enfants est particulièrement inquiétante. À la veille de la rentrée scolaire 2025, 2 159 enfants ont dormi dans la rue au moins une nuit en France, selon TF1 Info. Le logement, censé être un socle de protection, fait défaut dès le plus jeune âge. Cette réalité souligne l’échec des dispositifs d’hébergement d’urgence et l’insuffisance des réponses structurelles du gouvernement français face à la pauvreté familiale.
Sans surprise, la précarité énergétique accentue la crise du logement. Des millions de ménages vivent dans des logements mal isolés, exposés au froid l’hiver et à la chaleur l’été, sans moyens financiers pour engager des travaux. Cette situation alimente un cercle vicieux : factures élevées, impayés, risque d’expulsion, puis bascule dans le mal-logement ou l’errance.
Le droit au logement face à l’urgence humaine et à l’inaction publique
Le logement n’est pas seulement une question de toit. Il engage la dignité humaine. L’hiver 2025-2026 en a donné une illustration tragique. Entre Noël et le jour de l’An, au moins huit personnes sans domicile fixe sont décédées dans les rues de plusieurs villes françaises. Ces décès rappellent que le logement est aussi une question de survie.
Malgré l’ampleur de la crise, les réponses publiques sont jugées insuffisantes par les acteurs de terrain. La Fondation pour le Logement des Défavorisés dénonce l’absence de véritable volet social dans la politique du logement. Les mesures annoncées restent fragmentaires, souvent temporaires, et ne compensent pas la baisse structurelle des investissements dans le logement social. Le logement devient ainsi un marqueur de déclassement. Travailleurs pauvres, retraités modestes, familles monoparentales : tous peuvent basculer. La pauvreté n’est plus marginale. Elle progresse au cœur même du marché du logement. La France, pourtant l’un des pays les plus riches d’Europe, voit s’installer durablement une précarité résidentielle de masse.
Face à cette situation, le logement cristallise les colères et les inquiétudes. Les associations alertent sur un risque d’explosion sociale si rien n’est fait. Le rapport annuel de la Fondation pour le Logement des Défavorisés, publié le 2 février 2026, insiste sur l’urgence d’un changement de cap, rappelant que le droit au logement reste un principe constitutionnel encore largement théorique pour des millions de personnes.
