La consommation de viande revient au cœur du débat. Mercredi 11 février 2026, le gouvernement a publié sa feuille de route pour transformer l’alimentation des Français d’ici à 2030. Il a pour objectif d’agir sur la consommation de viande afin de réduire les gaz à effet de serre, tout en améliorant la santé publique et l’équilibre économique des filières.
Consommation de viande : le gouvernement appelle à la limiter pour le climat

Le 11 février 2026, le gouvernement a rendu publique la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC). Ce document cadre, attendu depuis plusieurs mois, place la consommation de viande au centre d’une politique qui articule santé, économie agricole et réduction des gaz à effet de serre. Dans un contexte de tension climatique et de pression sur le pouvoir d’achat, l’exécutif assume désormais une ligne : encourager une évolution des pratiques alimentaires sans imposer d’interdiction.
Une feuille de route officielle qui cible la consommation de viande
La publication de la SNANC marque une étape politique. En effet, le texte vise à « Limiter et non réduire la consommation de viande et de charcuterie, c’est ce que préconise la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat », selon l’Agence France-Presse dans une dépêche reprise par Web-Agri le 11 février 2026. Le choix des mots n’est pas anodin. Alors que certains ministères plaidaient pour une réduction explicite de la consommation de viande, le gouvernement a finalement retenu la notion de limitation, ce qui traduit un arbitrage interne sensible. Ainsi, la stratégie assume un cap environnemental, mais elle évite un terme jugé trop contraignant pour les filières d’élevage.
Cette orientation s’appuie sur des données chiffrées précises. L’alimentation représente environ 24 % de l’empreinte carbone de la France. Or, dans ce total, 61 % des émissions proviennent des produits d’origine animale. Dès lors, la consommation de viande apparaît comme un levier majeur pour réduire les gaz à effet de serre. Par ailleurs, la SNANC ne se limite pas à la viande, elle prévoit de réduire de 50 % le gaspillage alimentaire des ménages d’ici à 2030, toujours selon la même source. Toutefois, la consommation de viande concentre l’attention, car elle croise à la fois des enjeux sanitaires, climatiques et économiques.
Santé publique et gaz à effet de serre : un double impératif
Le gouvernement inscrit la consommation de viande dans une réflexion globale sur la qualité nutritionnelle. Le communiqué du ministère de l’Agriculture, publié le 11 février 2026, précise que la stratégie vise à permettre à tous les Français d’accéder à une alimentation « plus saine, plus durable et plus locale d’ici à 2030 ». De plus, plus de 4 000 contributions citoyennes ont été recueillies lors de la consultation ayant précédé la publication du texte, selon ce même communiqué. Cette dimension participative confère une légitimité politique à l’orientation retenue, même si elle ne dissipe pas toutes les critiques.
Sur le plan scientifique, certains experts saluent la cohérence du diagnostic. « Le texte fait un constat lucide de la situation nutritionnelle et environnementale et des grands enjeux qui y sont liés », a déclaré Serge Hercberg, co-créateur du Nutri-Score, dans des propos rapportés par BFMTV. Toutefois, d’autres acteurs jugent l’approche trop prudente. Le Réseau Action Climat France a ainsi qualifié la stratégie d’« Une occasion manquée », selon AEF info, en raison de l’absence d’objectif chiffré explicite de baisse de la consommation de viande. En effet, si le lien entre consommation de viande et gaz à effet de serre est reconnu, le gouvernement n’a pas fixé de pourcentage précis de diminution.
Un équilibre délicat entre économie agricole et transition alimentaire
La consommation de viande ne constitue pas seulement un enjeu climatique. Elle touche aussi au modèle agricole français. En appelant à limiter la consommation de viande importée, la stratégie cherche à soutenir la production nationale, tout en réduisant l’empreinte liée aux transports et aux modes de production moins exigeants sur le plan environnemental. Ainsi, le gouvernement tente de concilier transition écologique et souveraineté alimentaire. Cependant, cet équilibre demeure fragile, car toute évolution de la consommation de viande peut affecter les revenus des éleveurs.
Dans ce contexte, la stratégie mise également sur la diversification alimentaire. Elle encourage une augmentation de la consommation de fruits, de légumes, de légumineuses et de céréales complètes. Par conséquent, la consommation de viande n’est pas isolée du reste du régime alimentaire, mais intégrée dans une transformation plus large des habitudes. Néanmoins, l’absence de contrainte réglementaire forte laisse planer une interrogation : la simple incitation suffira-t-elle à infléchir durablement la consommation de viande et, par ricochet, à réduire les gaz à effet de serre ?
