Le gouvernement engage une nouvelle baisse des aides à l’embauche d’apprentis dans le supérieur. Derrière cette décision budgétaire, ce sont des milliers de contrats, l’emploi des jeunes en BTS ou en écoles d’ingénieurs et les équilibres financiers des entreprises qui sont directement concernés. Montants revus à la baisse, économies attendues, calendrier d’application : voici ce qu’il faut comprendre.
Apprentissage : les aides d’État baissent encore

Le 15 février 2026, la presse a révélé un projet de décret actant une nouvelle réduction des aides à l’embauche d’apprentis, dans un contexte de tension sur les finances publiques et de recherche d’économies. Cette réforme, confirmée par des sources gouvernementales, modifie en profondeur les dispositifs d’aide à l’apprentissage et pourrait peser sur l’emploi des jeunes, en particulier dans les formations de type BTS et dans les cursus d’ingénieurs.
Une baisse ciblée des aides à l’embauche qui vise BTS et ingénieurs
Le cœur de la nouvelle réforme concerne les contrats d’apprentissage conclus dans l’enseignement supérieur. Selon La Tribune, le gouvernement prévoit de réduire les aides à l’embauche pour les diplômes de niveau BTS, licences, masters et écoles d’ingénieurs, d’après un projet de décret du ministère du Travail. Concrètement, pour les entreprises de moins de 250 salariés, l’aide maximale serait fixée à 4 500 euros pour un apprenti préparant un BTS ou un diplôme équivalent de niveau bac + 2, et à 2 000 euros pour un apprenti préparant un diplôme d’ingénieur, une licence ou un master. Or, ces montants étaient auparavant plus élevés, ce qui modifie directement l’équation économique de l’embauche pour les employeurs et, par ricochet, les perspectives d’emploi pour les jeunes en études supérieures.
Pour les entreprises de 250 salariés et plus, le tour de vis est encore plus marqué. D’après les informations rapportées par La Tribune, l’aide serait limitée à 1 500 euros pour les diplômes de niveau bac + 2 et à 750 euros pour les formations plus longues, comme les cursus d’ingénieurs. Toutefois, une exception demeure : l’aide de 6 000 euros pour l’embauche d’un apprenti en situation de handicap est maintenue, quelle que soit la taille de l’entreprise. Le gouvernement opère un ciblage clair des aides, tout en préservant certains publics, mais l’impact potentiel sur l’emploi des jeunes en apprentissage dans le supérieur suscite déjà des interrogations.
Des économies budgétaires en sacrifiant l’emploi des jeunes
Pour justifier cette nouvelle baisse des aides pour l’insertion des jeunes, l’exécutif assume une logique d’économies substantielles. La réduction des aides à l’embauche d’apprentis devrait permettre environ 200 millions d’euros d’économies dès 2026, puis près de 700 millions d’euros d’ici 2027.
Par ailleurs, les nouvelles règles s’appliqueront à la première année d’exécution des contrats d’apprentissage conclus avant le 1er janvier 2027 et entreront en vigueur dès le lendemain de la publication du décret. Or, pour de nombreuses PME, l’aide constituait un levier déterminant dans la décision d’embauche d’un apprenti en BTS ou en école d’ingénieurs. La baisse des montants pourrait influer sur le volume global de contrats et, à terme, sur l’emploi des jeunes en phase d’insertion.
