Début mars 2026, plusieurs médias ont relayé l’apparition d’un nouveau type d’arnaque sur Vinted. Des acheteurs réclament un remboursement en affirmant que l’objet reçu est cassé ou mal emballé. Cependant, les images transmises dans les litiges seraient parfois générées par intelligence artificielle. Cette évolution marque une transformation des fraudes sur les plateformes de seconde main, où la vérification repose souvent sur des preuves visuelles.
Sur Vinted, le remboursement devient la cible de nouvelles fraudes numériques
Le principe de la fraude au remboursement sur Vinted reste simple. Un acheteur commande un produit. Puis il ouvre un litige en affirmant que l’article reçu est abîmé. Pour appuyer sa demande, il envoie une photo censée prouver les dégâts. Certains fraudeurs utilisent désormais l’intelligence artificielle pour fabriquer ces images.
Selon Numerama, les outils d’IA permettent aujourd’hui de générer des visuels crédibles montrant des colis détériorés ou des objets cassés. Ces images peuvent ensuite être envoyées à Vinted pour obtenir un remboursement. Or les plateformes de commerce en ligne utilisent souvent ces preuves visuelles pour analyser les litiges. Siècle Digital explique ainsi que les systèmes de résolution reposent largement sur l’examen des photos envoyées par les utilisateurs.
Ce fonctionnement crée une faille exploitable. Lorsque l’image semble montrer un produit endommagé, la plateforme peut décider d’accorder le remboursement à l’acheteur. Dans certains cas, le vendeur ne récupère ni l’objet ni l’argent. Le produit reste donc chez l’acheteur tandis que la transaction est annulée sur Vinted.
Vinted : des litiges de remboursement parfois difficiles à contester
Les témoignages publiés ces derniers jours illustrent la difficulté pour les vendeurs de prouver leur bonne foi sur Vinted. Un exemple relayé début mars concerne un livre vendu sur la plateforme. Après réception, l’acheteuse a ouvert un litige en affirmant que l’objet était très abîmé. Elle a transmis une image censée montrer l’état du produit pour obtenir un remboursement.
La photographie envoyée présentait un ouvrage extrêmement dégradé. « On dirait une sorte de vieux grimoire ancien qui aurait passé quelques siècles dans un vieux manoir humide », raconte Vincent Lautier dans Le Parisien. Pourtant, selon le vendeur, le livre envoyé via Vinted était en bon état. Il soupçonne donc une image générée par intelligence artificielle.
Dans ce type de situation, la décision dépend largement de l’analyse des preuves. Lorsque les photos semblent crédibles, Vinted peut estimer que le produit a été endommagé durant le transport ou mal protégé dans le colis. L’acheteur obtient alors un remboursement. Le vendeur, lui, perd souvent la transaction et l’article envoyé.
L’IA transforme progressivement les arnaques sur Vinted
L’utilisation de l’intelligence artificielle modifie progressivement les méthodes de fraude sur Vinted. Les outils capables de créer des images réalistes sont désormais accessibles au grand public. Ils permettent de simuler des rayures, des fissures ou des dégâts sur presque n’importe quel objet. Cette évolution rend les litiges liés au remboursement plus difficiles à trancher.
Les manipulations d’images ne concernent pas uniquement Vinted. Plusieurs plateformes de seconde main observent des pratiques similaires. Dans un reportage diffusé par TF1 Info, une utilisatrice avertit : « Attention, en ce moment, sur Vinted, c’est plein d’arnaques, c’est bourré d’arnaques, surtout avec l’IA ».
Les conséquences peuvent aussi être juridiques. Une fraude visant à obtenir un remboursement frauduleux peut être qualifiée de pratique commerciale trompeuse. Ce type d’infraction peut être puni de deux ans de prison et de 300 000 euros d’amende. De plus, les autorités pourraient sanctionner les plateformes qui ne mettent pas en place des systèmes de détection efficaces, et les amendes pourraient atteindre jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires.
