Face à l’explosion des arrêts maladie et à leur impact croissant sur les finances publiques, le gouvernement entend reprendre la main. Dans un contexte de déficit de la Sécurité sociale sous tension, l’exécutif prépare des mesures pour lutter contre les abus et freiner une dynamique jugée préoccupante.
Arrêts maladie : pourquoi le gouvernement veut serrer la vis

Le gouvernement a clairement affiché sa volonté de s’attaquer au phénomène des arrêts maladie. En ligne de mire : leur coût jugé de plus en plus difficile à contenir pour les finances publiques. Le sujet, désormais central dans le débat économique, s’inscrit dans une stratégie plus large de redressement budgétaire. Alors que le déficit public reste élevé, l’exécutif considère que les arrêts maladie représentent un levier d’action immédiat. Sébastien Lecornu a ainsi alerté sur une dérive préoccupante, ouvrant la voie à de futures réformes.
L'exécutif pointe une dérive budgétaire
Le gouvernement ne cache plus son inquiétude. Lors d’une prise de parole à Bercy, Sébastien Lecornu a dressé un constat sans détour : « On a une dérive très préoccupante sur le terrain budgétaire des arrêts maladie », a-t-il déclaré, le 27 mars 2026. Dans le détail, cette dérive s’inscrit dans un contexte global de finances publiques fragilisées. Le déficit public de la France a atteint 5,1 % du PIB en 2025, contre les 5,4% prévu. Pour 2026, l’objectif est fixé à 5 % du PIB, ce qui suppose des efforts significatifs de réduction des dépenses.
Or, les indemnités journalières versées au titre des arrêts maladie pèsent de plus en plus lourd. En 2024, elles ont représenté 12,1 milliards d’euros avec une hausse de 6,3 % en un an. Sur une décennie, la progression atteint même 40 %, illustrant une tendance structurelle difficile à inverser. Ainsi, pour le gouvernement, la question des arrêts maladie dépasse le simple cadre social. Elle devient un enjeu budgétaire majeur, directement lié à la soutenabilité des comptes publics.
Le gouvernement souhaite enrayer les abus avec les médecins
Face à cette situation, l’exécutif entend agir rapidement. Des discussions ont été engagées avec les médecins libéraux afin de mieux encadrer la prescription des arrêts de travail. L’objectif est clair : limiter les abus tout en préservant l’accès aux soins pour les patients réellement concernés. Dans cette optique, le gouvernement prépare un plan d’économies spécifique. Ce dispositif devrait être présenté « très prochainement » et viser à réduire significativement les dépenses liées aux arrêts maladie. Plusieurs pistes sont à l’étude, notamment un contrôle renforcé et une responsabilisation accrue des prescripteurs.
Cette stratégie s’inscrit dans une volonté de rupture avec les politiques passées. Comme l’a rappelé Sébastien Lecornu, « la maîtrise des finances publiques en transparence doit se faire quoi qu’il arrive désormais », le 27 mars 2026. Une déclaration qui marque la fin assumée de la logique du « quoi qu’il en coûte » adoptée pendant les crises récentes. Cependant, cette approche pourrait susciter des tensions avec les professionnels de santé. Les médecins, déjà soumis à une pression croissante, pourraient voir d’un mauvais œil un encadrement plus strict de leurs pratiques.