La liquidation de l’Institut national de la consommation marque la fin d’un acteur public clé de la protection des consommateurs. Si le magazine 60 Millions de consommateurs pourrait encore être repris, c’est bien tout un dispositif d’information, d’analyse et de défense des droits qui disparaît.
60 Millions de consommateurs : ce que la fin de l’INC change pour les consommateurs

L’État a officialisé cette décision fin mars 2026, en publiant le décret qui organise la liquidation de l’INC. Cette mesure découle de la loi de finances adoptée quelques semaines plus tôt, qui prévoit la disparition de l’établissement public au plus tard le 31 mars 2026, selon Légifrance.
Une liquidation qui met fin à un acteur central de la consommation
Depuis des décennies, l’Institut national de la consommation occupait une place particulière. Ce n’était pas seulement l’éditeur d’un magazine. C’était un organisme public chargé de produire des tests, des enquêtes, des comparatifs et des analyses accessibles au grand public. Sa mission était claire : informer les consommateurs pour leur permettre de faire des choix éclairés. À travers ses publications, ses études et ses contenus pédagogiques, il contribuait aussi à renforcer leurs droits face aux entreprises.
Avec la liquidation, cette structure disparaît. Le décret publié le 29 mars 2026 prévoit la nomination d’un liquidateur pour organiser la fermeture, selon Légifrance. Mais il ne prévoit pas de remplacement équivalent de l’INC dans le paysage public. Cela signifie concrètement qu’un outil d’expertise indépendant, financé par l’État et accessible à tous, n’existera plus sous cette forme.
60 Millions de consommateurs : un magazine en sursis
Le magazine 60 Millions de consommateurs n’est pas immédiatement supprimé. L’État a choisi une autre voie : tenter de le vendre. Le liquidateur dispose de trois mois pour trouver un repreneur capable de reprendre l’activité de presse. Pendant ce délai, le magazine continue d’exister. Mais son avenir dépend entièrement de cette recherche.
Si une offre solide est retenue, le titre pourra continuer à paraître sous une nouvelle forme. En revanche, si aucune proposition n’est jugée satisfaisante, le décret prévoit explicitement la possibilité de mettre fin à l’activité. Le ministère du Commerce a indiqué que le processus serait mené avec « une extrême attention » et que le choix du repreneur se ferait « dans l’intérêt du titre », selon Bourse Direct. Mais à ce stade, aucune garantie n’existe.
Moins d’informations indépendantes pour les consommateurs
La principale conséquence de cette liquidation concerne l’accès à une information fiable. L’INC produisait des contenus sans objectif commercial : tests de produits, comparatifs, décryptages, alertes. Cette indépendance était précisément ce qui faisait sa valeur.
Si le magazine est repris par un acteur privé, il devra trouver un modèle économique viable. Cela pourrait modifier ses priorités éditoriales. Et si aucune reprise n’aboutit, ces contenus pourraient tout simplement disparaître. Dans les deux cas, les consommateurs risquent de perdre une source d’information reconnue pour sa rigueur et son impartialité.
Au-delà du magazine, c’est aussi le rôle de l’INC dans l’écosystème de la consommation qui disparaît. L’établissement travaillait en lien avec les associations de consommateurs et participait à la diffusion d’informations utiles sur les droits, les recours ou les pratiques commerciales. Il contribuait à structurer un réseau d’acteurs engagés dans la défense des consommateurs. Sa disparition ne signifie pas que ces missions cessent totalement. Mais elles seront désormais réparties entre plusieurs acteurs, sans coordination centrale équivalente.
Une décision contestée, malgré des arguments financiers
Le gouvernement justifie la liquidation par la situation financière de l’INC. L’établissement affichait un déficit de 719 000 euros en 2024 pour un chiffre d’affaires de 11,6 millions d’euros, souligne par Bourse Direct. Mais ces arguments sont contestés. L’INC aurait retrouvé l’équilibre en 2025, avec un bénéfice de 236 000 euros pour 11,9 millions d’euros de chiffre d’affaires.
Ce décalage alimente une critique de fond : fallait-il supprimer un outil public au moment où sa situation s’améliorait ? La question est d’autant plus sensible que la liquidation elle-même a un coût. Le gouvernement l’estime à environ 8 millions d’euros, tandis que les syndicats évoquent jusqu’à 11 millions d’euros, selon La Gazette France.
Aujourd’hui, une chose est certaine : l’Institut national de la consommation disparaît. En revanche, l’avenir de 60 Millions de consommateurs reste ouvert. Tout dépendra des offres de reprise dans les prochains mois. Le décret fixe un cadre. Mais il ne garantit ni la continuité du magazine, ni le maintien de son indépendance éditoriale.
