Selon la Fondation Énergie, depuis ce lundi 27 avril 2026, la Suisse vit à crédit en matière d’énergie. Pour faire simple : le pays doit désormais importer pour couvrir ses besoins. La France se trouve dans une situation différente.
Énergie : la Suisse doit désormais importer pour assurer ses besoins

La Suisse vit à crédit pour ses besoins en énergie
Depuis ce lundi 27 avril 2026, la Suisse a franchi un seuil symbolique. Selon la Fondation Énergie, le pays a épuisé sa production énergétique annuelle avant la fin de l’année civile, ce qui signifie qu’il dépend désormais d’importations pour couvrir ses besoins restants. Ce phénomène met en évidence une tension croissante entre consommation et production. L’électricité suisse repose historiquement sur deux piliers : l’hydraulique et le nucléaire. Or, ces sources ne suffisent plus à suivre l’évolution des usages, notamment avec l’électrification des transports et du chauffage.
Dans ce contexte, la Suisse doit se tourner vers ses voisins européens pour compléter son approvisionnement. Ainsi, cette dépendance s’inscrit dans une tendance de fond liée à l’augmentation continue de la demande énergétique. Le pays vit ainsi “à crédit”, au sens où il consomme une énergie qu’il ne produit pas localement. Par exemple, il reste très dépendant des importations pour le pétrole, le gaz ou encore le nucléaire. Chaque année, le pays dépense 7 milliards de francs dans ces importations. Selon la Fondation Énergie, pour atténuer cette dépendance aux importations, le pays helvétique devrait miser plus fortement sur les énergies renouvelables.
La France pas tout à fait dans la même situation
La dépendance énergétique de la Suisse se manifeste particulièrement en hiver. Durant cette période, la production hydraulique diminue en raison de la baisse des débits, ce qui accentue le recours aux importations. De plus, cette vulnérabilité saisonnière constitue un enjeu majeur pour la sécurité énergétique du pays. En cas de tensions sur les marchés européens, la Suisse pourrait rencontrer des difficultés pour garantir un approvisionnement stable.
Ce modèle repose en effet sur une interconnexion forte avec les réseaux voisins. Il fonctionne tant que les flux d’électricité circulent librement. Mais il expose également le pays aux aléas extérieurs, qu’ils soient économiques ou géopolitiques. À l’inverse, la France offre un contraste intéressant. Son système énergétique repose largement sur le nucléaire, qui assure une production abondante et relativement stable tout au long de l’année.
Ce choix historique permet à la France de limiter sa dépendance aux importations. Dans des conditions normales, le pays est même capable d’exporter de l’électricité vers ses voisins, y compris la Suisse. Cependant, cette autonomie n’est pas absolue. Ces dernières années, plusieurs réacteurs ont été mis à l’arrêt pour maintenance, ce qui a réduit temporairement la production nationale. Dans ces périodes, la France a dû importer de l’électricité, révélant une certaine fragilité du système. De plus, l’Hexagone reste complètement dépendant de certaines importations comme le pétrole. Les automobilistes l’ont vu avec l’explosion des prix du pétrole depuis le début de la guerre en Iran.
