L’alerte autour du Hantavirus franchit un nouveau seuil en France. Une passagère française rapatriée du navire MV Hondius a été testée positive après une dégradation de son état de santé durant la nuit de dimanche à lundi. Dans le même temps, les autorités sanitaires ont identifié 22 cas contacts sur le territoire français. Le gouvernement affirme vouloir « briser les chaînes de transmission » de ce virus rare mais redouté, alors que plusieurs pays renforcent leurs mesures d’isolement.
Hantavirus : une française testée positive, 22 cas contacts sous surveillance

Hantavirus : la France active un protocole sanitaire maximal
Lundi 11 mai 2026, le ministère de la Santé a confirmé le premier cas positif de Hantavirus recensé parmi les ressortissants français rapatriés du MV Hondius. Selon Stéphanie Rist, ministre de la Santé, l’état d’une des cinq personnes françaises placées à l’isolement à l’hôpital Bichat, à Paris, s’est « malheureusement dégradé cette nuit » avant que « les tests soient revenus positifs », selon des déclarations rapportées par RTL le 11 mai 2026. Immédiatement, les autorités ont renforcé les dispositifs de surveillance. De plus, un décret publié au Journal officiel prévoit une quarantaine pouvant atteindre 42 jours pour les personnes considérées à risque. Cette durée exceptionnelle correspond à la période maximale d’incubation du Hantavirus évoquée par l’Organisation mondiale de la santé. Ainsi, le gouvernement cherche à limiter tout risque de propagation sur le territoire national.
Par ailleurs, les autorités françaises ont recensé 22 cas contacts liés aux déplacements aériens de passagers contaminés ou suspects. Selon les informations détaillées par Le Monde le 11 mai 2026, huit Français se trouvaient à bord du vol entre Sainte-Hélène et Johannesburg emprunté par une passagère néerlandaise décédée après avoir contracté le virus. De plus, quatorze autres personnes ont été identifiées sur un vol reliant Johannesburg à Amsterdam. Stéphanie Rist a demandé publiquement à ces voyageurs de se signaler afin de « renforcer l’isolement ». Certains de ces cas contacts ont déjà été placés sous surveillance renforcée. Le Premier ministre Sébastien Lecornu doit également réunir une nouvelle cellule de crise à Matignon afin de suivre l’évolution du dossier sanitaire.
Un virus rare qui inquiète les autorités sanitaires
Le Hantavirus des Andes, identifié à bord du MV Hondius, reste peu connu du grand public. Pourtant, il suscite une forte inquiétude chez les infectiologues en raison de sa capacité de transmission interhumaine, un phénomène extrêmement rare parmi les hantavirus. Six cas confirmés ont été recensés parmi huit cas suspects à l’échelle internationale. Trois décès ont déjà été enregistrés. Toutefois, l’OMS insiste sur le fait que la situation actuelle « n’est pas comparable » à celle des débuts de la pandémie de Covid-19. Néanmoins, les autorités sanitaires internationales appliquent des mesures très strictes afin d’éviter toute chaîne de contamination prolongée. En parallèle, plusieurs spécialistes rappellent que la transmission du Hantavirus nécessite des contacts rapprochés et répétés.
Sur RTL, le médecin Jimmy Mohamed a expliqué que le virus se transmet essentiellement « par les gouttelettes de salive » et que le risque augmente avec la proximité et la durée d’exposition. Selon lui, partager un espace clos ou dormir dans le même lit qu’une personne infectée constitue une situation particulièrement dangereuse. En revanche, un simple croisement dans la rue ne suffirait pas à provoquer une contamination. Le médecin a également rappelé que le Hantavirus présente un taux de mortalité pouvant atteindre « 30 à 40 % », voire davantage dans certains cas sévères. De plus, les symptômes initiaux ressemblent fortement à une grippe classique, avec fièvre, douleurs musculaires, maux de tête ou troubles digestifs, ce qui complique les diagnostics précoces.
Hantavirus : le MV Hondius au centre d’une crise sanitaire internationale
Le foyer de Hantavirus détecté sur le MV Hondius mobilise désormais plusieurs gouvernements. Ce navire de croisière transportait environ 150 passagers et membres d’équipage issus d’une vingtaine de nationalités. Selon Le Monde, 94 personnes de 19 nationalités différentes ont déjà été évacuées depuis Tenerife, dans l’archipel espagnol des Canaries. Les autorités espagnoles espèrent finaliser l’ensemble des opérations d’évacuation avant la fin de la journée du lundi 11 mai 2026. Ensuite, le navire devrait reprendre sa route vers Rotterdam, aux Pays-Bas, avec seulement une partie de l’équipage à bord. Les passagers évacués ont quitté le bateau sous haute protection sanitaire, vêtus de combinaisons jetables et de masques FFP2. D’autres pays ont également renforcé leurs dispositifs. L’Australie a annoncé l’isolement pendant au moins trois semaines de six passagers arrivant depuis Tenerife.
Les États-Unis ont, eux aussi, confirmé qu’un passager américain avait été testé positif au Hantavirus des Andes. Un second voyageur présente des symptômes jugés « légers » par les autorités sanitaires américaines. Selon RTL, 17 ressortissants américains sont actuellement acheminés vers un centre spécialisé du Nebraska. Les deux passagers symptomatiques voyagent dans des compartiments de confinement biologique. Enfin, l’OMS recommande une quarantaine de 42 jours pour les cas contacts considérés à haut risque. Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’organisation, a rappelé que ces recommandations étaient « très claires », selon Le Monde. Face à cette crise, plusieurs experts soulignent que les autorités sanitaires tentent désormais d’éviter une répétition des erreurs commises au début de la pandémie de Covid-19, même si aucun scénario pandémique n’est envisagé à ce stade.
