Ce zoo d’Anjou devient une référence mondiale du bien-être animal

Un zoo français vient de s’inviter dans un classement mondial très observé : le Bioparc de Doué-la-Fontaine, dans le Maine-et-Loire, a été distingué par National Geographic comme le deuxième établissement zoologique le plus engagé en matière d’éthique, de conservation et de bien-être animal.

19424182 666686806871568 3563256725307607897 N
By Aurélie Giraud Published on 12 mai 2026 11h39
Doue La Fontaine-zoo-éthique-animal-animaux
Le Bioparc de Doué-la-Fontaine a été distingué par National Geographic pour son engagement en faveur du bien-être animal. - © Economie Matin
2.000 ANIMAUXNombre d’animaux accueillis par le Bioparc de Doué-la-Fontaine.

Le palmarès, publié le 5 mai 2026 par National Geographic Traveller, ne récompense pas la taille d’un parc ni sa fréquentation, mais sa capacité à placer la conservation, la recherche et le respect des animaux au cœur de son modèle. Dans ce classement de six établissements, le Bioparc de Doué-la-Fontaine est le seul zoo français retenu.

Zoo éthique : le Bioparc de Doué-la-Fontaine entre dans le classement mondial

Le mot "zoo" reste chargé d’ambiguïtés. Il évoque encore, pour beaucoup, l’enfermement, le spectacle et la mise à distance du vivant. C’est précisément cette image que National Geographic entend nuancer avec son classement des établissements "à visiter en conscience", publié le 5 mai 2026. Le média rappelle que les meilleurs zoos contemporains mettent désormais l’accent sur la conservation, la recherche et les accréditations internationales comme WAZA, AZA, EAZA ou BIAZA.

En deuxième position figure un parc français : le Bioparc de Doué-la-Fontaine, installé en Anjou. National Geographic insiste sur un principe central du site : le bien-être des animaux y passe avant leur visibilité pour les visiteurs. L’éthique d’un zoo ne se mesure donc pas seulement à ce qu’il montre, mais aussi à ce qu’il accepte de ne pas exposer en permanence.

Le classement place le Zoo Leipzig, en Allemagne, en première position, devant Doué-la-Fontaine, puis le Smithsonian’s National Zoo aux États-Unis, le Singapore Zoo, Shaldon Zoo au Royaume-Uni et le Bern Animal Park en Suisse.   Pour le Bioparc, cette reconnaissance est d’autant plus notable que l’établissement revendique être le seul parc français distingué dans ce palmarès mondial.

Un parc troglodytique où les animaux ne sont pas toujours visibles

Le Bioparc de Doué-la-Fontaine n’a pas le profil d’un parc zoologique classique. National Geographic le présente comme le seul zoo troglodytique au monde, aménagé dans une ancienne carrière de pierre calcaire, au cœur d’un paysage naturellement sculpté. Le parc lui-même met en avant ce cadre minéral et végétal, composé de falaises, de tunnels et d’espaces pensés pour la protection des espèces menacées.

Cette architecture particulière joue un rôle dans la philosophie du lieu. Les animaux disposent de zones de retrait, parfois au détriment de l’expérience immédiate du visiteur. C’est un choix pédagogique autant qu’éthique : dans un zoo pensé pour le bien-être animal, tout ne doit pas être visible à tout moment. Le visiteur ne vient plus seulement "voir" des animaux, mais comprendre les conditions nécessaires à leur équilibre.

Dans un message publié le 6 mai 2026, le Bioparc se réjouit : « Nous sommes fiers d’être distingués par National Geographic parmi les zoos les plus éthiques au monde, à la 2ᵉ place de son palmarès mondial ». Il ajoute que cette distinction fait de lui « le seul parc français présent dans le top 6 ».

Cette reconnaissance intervient dans un contexte où les parcs zoologiques cherchent à redéfinir leur rôle. Les établissements les mieux notés ne se présentent plus seulement comme des lieux de visite familiale, mais comme des acteurs de conservation, de recherche et d’éducation. La frontière reste discutée, notamment par les défenseurs d’une abolition de la captivité animale. Mais le classement de National Geographic distingue précisément les parcs qui affirment avoir dépassé la logique du divertissement.

Conservation, animaux menacés, EAZA : les chiffres derrière la distinction

Le Bioparc accueille 2.000 animaux, selon les informations mises en avant par l’établissement sur son site officiel. Le parc indique aussi que 125 espèces animales y sont représentées et que 30% d’entre elles sont inscrites comme menacées ou quasi menacées sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

National Geographic évoque, de son côté, 2.000 animaux issus de 130 espèces et rappelle que beaucoup participent à des programmes européens d’élevage pour les espèces menacées (EEP) coordonnés par l’Association européenne des zoos et aquariums (EAZA), destinés à suivre les lignées et à gérer la reproduction d’espèces menacées. Cette légère différence entre les chiffres publics du parc et ceux repris par le média ne change pas l’essentiel : le Bioparc est distingué pour son positionnement sur la conservation des espèces et la gestion raisonnée des populations animales.

Le parc explique que les EEP visent à préserver au maximum le patrimoine et la diversité génétique des espèces concernées, sous la responsabilité de coordinateurs chargés de suivre les populations captives et leurs transferts. En 2024, le Bioparc indiquait participer à 45 Programmes ex situ de l’EAZA, 11 Studbooks européens et 1 Studbook international.

Le bien-être animal passe aussi par l’absence de mise en scène spectaculaire. Le Bioparc affirme que les visiteurs peuvent observer les comportements naturels des animaux et précise : « ici pas de dressage, seulement le spectacle de la nature ! » Dans le débat sur l’éthique des zoos, cette absence de dressage constitue un marqueur important, car elle distingue une démarche de sensibilisation d’une logique de divertissement.

Bien-être animal : une reconnaissance, mais pas un blanc-seing

Être classé parmi les zoos les plus éthiques du monde ne signifie pas que le débat est clos. La captivité animale demeure un sujet sensible, et le terme même de "zoo éthique" peut sembler contradictoire à certains. National Geographic lie d’ailleurs son classement à plusieurs critères précis : programmes pour espèces menacées, habitats inspirés des milieux naturels, conservation, recherche et accréditations professionnelles.

Le Bioparc met en avant trois axes : le bien-être animal, la conservation des espèces menacées et la pédagogie. Dans son communiqué, l’établissement estime que cette distinction vient souligner « le travail mené chaque jour par nos équipes autour de trois axes essentiels : le bien-être animal, la conservation des espèces menacées et la pédagogie ».

Cette formulation est importante, car elle replace le visiteur dans l’équation. Un zoo qui se veut éthique ne peut plus seulement promettre une sortie agréable. Il doit justifier l’existence de la captivité par une contribution concrète à la protection du vivant et par une sensibilisation du public. C’est là que le Bioparc entend se distinguer, notamment à travers son fonds de dotation Bioparc Conservation.

Un modèle économique tourné vers les projets de terrain

La distinction obtenue par le Bioparc tient aussi à ce qui se passe hors de ses murs. En 2025, le fonds de dotation Bioparc Conservation a collecté 622.930 euros pour ses Projets Nature. Sur cette somme, 144.000 euros proviennent directement des billets d’entrée, à raison de 4% de chaque billet.

Depuis 2001, près de 5,3 millions d’euros ont été consacrés à la préservation de la biodiversité en France et à l’international. En 2025, 40 projets ont été soutenus dans 22 pays, au bénéfice de 42 espèces, dont 67% sont menacées d’extinction. Ces données donnent une traduction concrète à la notion d’éthique : l’argent généré par la visite est en partie redirigé vers des programmes de conservation.

Le Bioparc revendique également un engagement local pour la biodiversité. Depuis l’automne 2019, l’ensemble du site est classé "Refuge LPO", une reconnaissance liée notamment à l’installation de nichoirs, à l’absence de produits chimiques dans la gestion des espaces verts et à la fauche tardive de la flore locale.

19424182 666686806871568 3563256725307607897 N

Aurélie Giraud, juriste de formation, titulaire d'une maîtrise de droit public (Sorbonne, Paris I), est journaliste à Economie Matin, après avoir travaillé comme correctrice et éditrice dans l’édition.

No comment on «Ce zoo d’Anjou devient une référence mondiale du bien-être animal»

Leave a comment

* Required fields