Alimentation : les additifs alimentaires désormais liés aux maladies cardiaques

L’alimentation industrielle subit une nouvelle vague de critiques scientifiques. Plusieurs travaux publiés ces derniers jours relancent le débat sur les additifs, les colorants et les conservateurs présents dans les produits ultratransformés. Selon des chercheurs français et européens, ces substances pourraient favoriser l’hypertension, les maladies cardiovasculaires, mais aussi le diabète de type 2 et certains cancers. Les résultats, jugés préoccupants, renforcent les appels à une révision des règles sanitaires encadrant l’industrie agroalimentaire.

Stephanie Haerts
By Stéphanie Haerts Published on 21 mai 2026 16h00
Alimentation et additifs : des conservateurs désormais associés à l’hypertension
Alimentation : les additifs alimentaires désormais liés aux maladies cardiaques - © Economie Matin

Le 21 mai 2026, de nouvelles données scientifiques ont replacé l’alimentation au cœur des enjeux de santé publique. Des travaux publiés dans Diabetes CareEuropean Journal of Epidemiology et European Heart Journal et issus notamment de la cohorte NutriNet-Santé, pilotée par des chercheurs de l’Inserm, montrent que la consommation régulière de produits ultratransformés contenant des additifs, des colorants et des conservateurs pourrait accroître les risques cardiovasculaires. Dans le même temps, plusieurs études rappellent déjà les liens établis entre alimentation ultratransformée, diabète de type 2 et cancers digestifs.

Alimentation et additifs : des conservateurs désormais associés à l’hypertension

L’étude publiée dans l’European Heart Journal s’appuie sur les données de 112 395 participants français suivis entre 2009 et 2024. Les chercheurs ont analysé l’exposition alimentaire à 58 conservateurs présents dans les produits industriels. Selon cette publication scientifique parue le 20 mai 2026, les personnes consommant le plus de conservateurs présentaient un risque d’hypertension supérieur de 29 % par rapport aux faibles consommateurs. De plus, le risque de maladies cardiovasculaires augmentait de 16 %. Les chercheurs ont également recensé 5 544 cas d’hypertension et 2 450 événements cardiovasculaires pendant le suivi.

Cette alimentation riche en additifs et en conservateurs concerne désormais une grande partie de la population. Selon l’étude relayée par le quotidien 20 Minutes le 21 mai 2026, près de 99,5 % des participants consommaient au moins un conservateur alimentaire. Les scientifiques ont notamment identifié plusieurs substances largement utilisées dans l’industrie agroalimentaire, comme les nitrites, les sulfites ou encore le sorbate de potassium. « Plusieurs associations entre l’exposition aux conservateurs alimentaires largement utilisés dans les aliments industriels et une incidence plus élevée d’hypertension ou de maladies cardiovasculaires ont été observées », écrivent les auteurs de l’étude dans l’European Heart Journal, le 20 mai 2026.

Alimentation : les additifs alimentaires désormais liés aux maladies cardiaques

Alimentation ultratransformée : le risque de diabète et de cancer se confirme

Depuis plusieurs années, l’Inserm et l’équipe NutriNet-Santé alertent déjà sur les conséquences d’une alimentation fondée sur les produits ultratransformés. Ces aliments concentrent souvent additifs, colorants, conservateurs et excès de sel, de sucre ou de graisses transformées. Selon les données régulièrement actualisées par les chercheurs français, une hausse de 10 % de la consommation d’aliments ultratransformés serait associée à une augmentation du risque de diabète de type 2 et de plusieurs cancers, notamment le cancer colorectal. Par ailleurs, les scientifiques observent que certains conservateurs pourraient agir sur plusieurs mécanismes biologiques. Les nitrites et nitrates, fréquemment utilisés dans la charcuterie industrielle, sont suspectés de favoriser le stress oxydatif et l’inflammation chronique.

D’autres additifs pourraient modifier le microbiote intestinal ou perturber les réponses métaboliques. Selon l’étude scientifique publiée dans l’European Heart Journal le 20 mai 2026, 54 % des nitrites consommés provenaient des viandes transformées. De plus, 76,8 % des nitrates analysés étaient liés à ces mêmes aliments industriels. Cette alimentation ultratransformée reste donc fortement associée aux pathologies métaboliques et cardiovasculaires.

Pourquoi les additifs inquiètent désormais les chercheurs

Ces nouvelles données alimentent désormais les débats autour de la réglementation européenne. Les chercheurs estiment que certains additifs nécessitent une réévaluation rapide. Dans leur publication scientifique, les auteurs évoquent explicitement la nécessité d’améliorer la protection des consommateurs. « Si ces données sont confirmées, elles appellent à une réévaluation des réglementations encadrant l’usage de ces additifs », indiquent les chercheurs dans l’European Heart Journal, le 20 mai 2026. Les inquiétudes dépassent désormais le seul cadre scientifique. Plusieurs spécialistes alertent sur l’explosion des cas d’hypertension artérielle et de crises cardiaques observée ces dernières années. Cette progression concernerait particulièrement les populations consommant davantage d’alimentation ultratransformée. Cette inquiétude s’étend aussi aux résidus de pesticides présents dans l’alimentation européenne. Selon une enquête, 45 produits alimentaires analysés contenaient des traces de pesticides interdits dans l’Union européenne, relançant les critiques sur la sécurité sanitaire des aliments importés.

En parallèle, les autorités sanitaires européennes surveillent déjà certains conservateurs comme les sulfites et les nitrites. L’étude scientifique révèle notamment que plusieurs participants dépassaient les doses journalières admissibles fixées par l’Autorité européenne de sécurité des aliments pour les sulfites et les nitrites. Les chercheurs rappellent toutefois qu’aucun aliment ne peut être jugé uniquement sur un seul additif. Cependant, l’accumulation de produits ultratransformés, de colorants et de conservateurs dans l’alimentation quotidienne semble devenir un facteur de risque préoccupant. Les scientifiques appellent donc à privilégier les produits bruts, les aliments peu transformés et une alimentation diversifiée afin de limiter l’exposition prolongée aux additifs industriels.

Stephanie Haerts

Rédactrice dans la finance et l'économie depuis 2010. Après un Master en Journalisme, Stéphanie a travaillé pour un courtier en ligne à Londres où elle présentait un point bourse journalier sur LCI. Elle rejoint l'équipe d'Économie Matin en 2019, où elle écrit sur des sujets liés à l'économie, la finance, les technologies, l'environnement, l'énergie et l'éducation.

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