Une étude Catella révèle la fragilité du marché des locations courte durée face aux hausses de prix. Seuls 10% des utilisateurs y resteraient fidèles en cas d’augmentation tarifaire, tandis que 34% se tourneraient vers l’hôtel.
Locations courte durée : 34% des Français basculeraient vers l’hôtel si le prix devient trop cher

L'attractivité des locations courte durée repose avant tout sur le prix. Selon une étude YouGov réalisée pour Catella France, 34% des Français choisiraient l'hôtel en cas de hausse des tarifs de ces hébergements alternatifs. Un chiffre qui révèle la fragilité d'un marché jusqu'alors en forte croissance.
L'enquête, menée auprès de 1 007 personnes représentatives de la population française, montre que seuls 10% des utilisateurs de locations courte durée y resteraient fidèles quels que soient les prix. Cette proportion particulièrement faible illustre le caractère opportuniste de ce mode d'hébergement, davantage choisi pour son rapport qualité-prix que par préférence.
Les jeunes actifs premiers exclus de l'hôtellerie traditionnelle
Le renoncement à l'hôtel touche massivement les Français, concernant une personne sur deux au niveau national. Ce phénomène s'accentue chez les jeunes générations : 70% des 25-34 ans déclarent avoir déjà renoncé à l'hôtel, contre 59% en région parisienne.
Le prix constitue la principale barrière selon l'étude, cité par 32% des répondants et même par 43% des 25-34 ans. Cette contrainte budgétaire pousse une partie de la demande vers les plateformes de location entre particuliers, créant selon Catella un déséquilibre économique territorial.
"Quand l'hôtel devient trop cher ou inaccessible, une partie de la demande se reporte vers les locations courte durée, sans emploi local, sans fiscalité hôtelière", analyse Raphaël Amouretti, Président de Catella Property, dans le communiqué.
Un durcissement réglementaire attendu par près d'un Français sur deux
L'opinion publique semble favorable à un encadrement renforcé des locations courte durée. L'étude révèle que 46% des Français souhaitent un durcissement de la réglementation, avec des écarts régionaux marqués : 50% dans le Sud-Ouest et le Sud-Est, 49% dans le Nord-Est, contre 38% dans le Nord-Ouest.
Cette attente intervient alors que la loi Le Meur, adoptée récemment, réduit certains avantages fiscaux et renforce les capacités d'action des collectivités locales. À Paris, l'Atelier parisien d'urbanisme annonce une stabilisation des annonces de locations courte durée à 54 000 en octobre 2025, après un pic de 79 000 à l'été 2024.
Les meublés touristiques représentent désormais 3,5% du parc résidentiel parisien et génèrent 585 millions d'euros de chiffre d'affaires hors circuit hôtelier, selon la Direction générale des entreprises.
Vers des modèles hybrides dans l'hôtellerie
L'usage de l'hôtel répond à des critères pragmatiques : séjours courts (33%), prix compétitifs (32%) et services inclus (28%). Cette approche plus flexible ouvre des perspectives pour les établissements proposant des formules hybrides associant hébergement, coworking ou séjours longue durée.
La cohabitation entre voyageurs de loisirs et clientèle d'affaires est globalement bien acceptée : 46% des Français estiment qu'elle n'impacte pas leur séjour, tandis que 13% y voient un avantage en matière d'animation et de services. Cette proportion atteint 26% chez les 25-34 ans et 23% en région parisienne.
Ces évolutions suggèrent une recomposition du marché de l'hébergement, où les équilibres entre hôtellerie traditionnelle et locations courte durée dépendront largement des arbitrages économiques et de l'évolution réglementaire.