Jardinage : près de 4 Français sur 10 le pratiquent en ville

Le jardinage gagne les balcons, les rebords de fenêtre, les terrasses et les jardins partagés. Selon l’étude YouGov pour STIGA, près de 4 Français sur 10 pratiquent désormais le jardinage urbain, signe qu’une tendance européenne s’installe dans les petits espaces.

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By Aurélie Giraud Published on 12 juin 2026 9h31
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Balcons, rebords de fenêtre et jardins partagés deviennent les nouveaux terrains du jardinage urbain en Europe. - © Economie Matin
39%39% Part des Français interrogés qui pratiquent le jardinage urbain.

Le jardinage n’est plus seulement l’affaire des maisons avec terrain. En ville, il devient une pratique d’appropriation du quotidien : quelques aromates sur un rebord de fenêtre, des fleurs sur un balcon, un carré potager partagé au pied d’un immeuble. L’étude « Gardens of Europe », réalisée par YouGov pour STIGA en mars 2026 auprès de 5.171 personnes dans cinq pays européens, donne une photographie nette de ce basculement : les urbains veulent du vert, même sans jardin classique.

Jardinage urbain : la France en tête d’une tendance européenne

Selon l’étude YouGov pour STIGA, 39% des Français interrogés déclarent pratiquer le jardinage urbain, devant l’Espagne, à 36%. L’Allemagne atteint 28%, l’Italie 26% et le Royaume-Uni 25%. À l’échelle des cinq pays étudiés, près d’une personne sur trois pratique activement cette forme de jardinage adaptée aux espaces réduits.

Cette dynamique est particulièrement visible en France. D’après STIGA et YouGov, 60% des jardiniers urbains français disent s’intéresser davantage aux activités de jardinage qu’en 2021. La tendance ne relève donc pas uniquement d’un effet d’après-crise sanitaire ou d’une mode passagère : elle s’ancre dans les usages.

« Ce qui était autrefois considéré comme une contrainte – le manque d’espace – est désormais perçu comme une opportunité de cultiver la verdure de manière innovante et plus flexible. » expliquent les auteurs de l'étude.

Le jardinier urbain ne se définit plus par la surface dont il dispose, mais par la manière dont il l’utilise. Un balcon devient un potager miniature. Une terrasse accueille des fleurs, des herbes aromatiques ou quelques légumes. Un rebord de fenêtre suffit parfois à installer une routine végétale. La ville, longtemps opposée à l’idée de jardin, devient ainsi le terrain d’une pratique plus souple, plus fragmentée, mais aussi plus régulière.

Une ville plus verte, portée par de petits gestes quotidiens

Le jardinage urbain repose d’abord sur l’entretien. Selon l’étude YouGov pour STIGA, les gestes les plus fréquents restent le désherbage, le nettoyage, les soins saisonniers et l’entretien général des espaces verts. Cette activité concerne 81% des jardiniers urbains au Royaume-Uni, 73% en Allemagne et 70% en France.

La culture de légumes ou d’herbes aromatiques occupe aussi une place importante, notamment en Allemagne et en France, où elle concerne 61% des jardiniers urbains. La culture de plantes ornementales ou l’entretien de parterres de fleurs attire de son côté plus de la moitié des jardiniers urbains, avec des niveaux élevés au Royaume-Uni et en Italie.

L’étude observe également une différence dans la manière de concevoir ces espaces. En France, 43% des jardiniers urbains déclarent s’intéresser à la planification ou à la conception d’un jardin, contre 38% en Allemagne, mais seulement 18% en Espagne et 16% en Italie. Ce point traduit une évolution : les petits espaces végétalisés ne sont pas uniquement entretenus, ils sont pensés, organisés, aménagés.

Cette progression s’inscrit dans un contexte plus large de réflexion sur la place du végétal dans les villes. L’Organisation mondiale de la Santé souligne que les espaces verts urbains peuvent contribuer à la santé mentale et physique des habitants, notamment en favorisant la relaxation, l’activité physique, la cohésion sociale et la réduction de l’exposition à certains risques environnementaux.

La Commission européenne, via des travaux soutenus par l’Union européenne, met également en avant le rôle des espaces verts urbains dans la qualité de vie et le bien-être des citadins. Le jardinage urbain apparaît ainsi comme une déclinaison individuelle et quotidienne d’un mouvement plus vaste : remettre de la nature au cœur de la ville.

Le bien-être, moteur silencieux du retour au jardinage

La motivation n’est pas seulement décorative. Selon YouGov pour STIGA, la plupart des jardiniers urbains européens considèrent que le jardinage améliore leur bien-être général. Cette perception atteint 89% au Royaume-Uni, 88% en Italie, 84% en Espagne, 82% en France et 80% en Allemagne.

En France, le lien entre culture alimentaire et moral ressort nettement : 85% des jardiniers urbains français estiment que cultiver des fruits ou des légumes a un effet positif sur leur moral. « Prendre soin de la verdure dans les coins urbains peut être considéré comme un rituel modeste mais significatif. » précise l'étude.

Cette pratique répond à une tension très contemporaine : vivre dans un environnement dense, rapide, minéral, tout en recherchant des gestes simples, lents et tangibles. Arroser, tailler, planter, rempoter ou récolter quelques feuilles de basilic imposent un rythme différent. Le jardinage introduit une temporalité courte, mais répétée, dans des vies souvent saturées d’écrans et de contraintes urbaines.

Les travaux scientifiques sur les espaces verts vont dans le même sens. L’OMS Europe rappelle que la vie urbaine moderne est associée au stress chronique, au manque d’activité physique et à plusieurs expositions environnementales défavorables ; les espaces verts peuvent agir comme des supports de détente psychologique et d’activité physique.   L’Université de Bordeaux a également relayé en 2026 des travaux soulignant que le manque d’espaces verts est associé à davantage de détresse psychologique, notamment anxiété et dépression.

Des outils plus simples pour des espaces plus petits

À mesure que la pratique se développe, le marché s’adapte. Selon l’étude YouGov pour STIGA, 30% des Français interrogés privilégient le rapport qualité-prix lors de l’achat de leurs outils. Le besoin n’est pas celui d’un équipement lourd destiné à de grands terrains, mais d’outils maniables, compacts, adaptés aux balcons, terrasses, bacs et petites surfaces.

STIGA met en avant, dans son communiqué, des produits pensés pour ces usages réduits : sécateurs, ciseaux d’élagage, outils manuels ergonomiques. L’objectif affiché est de rendre l’entretien plus accessible, y compris pour des jardiniers débutants ou occasionnels. Cette évolution du matériel accompagne un changement sociologique : le jardinier urbain est souvent pragmatique, mobile, attentif au confort d’usage et peu disposé à stocker des outils encombrants.

L’étude conclut sur une définition élargie de la pratique : « Ce n’est plus la taille de l’espace qui définit le jardinage, mais la manière dont les gens choisissent de s’y adonner. » Dans les villes européennes, cette phrase résume l’essentiel : le jardin n’est plus nécessairement un lieu. Il devient une activité, un rapport au vivant, parfois concentré dans quelques pots.

Le jardinier urbain en Europe

Points clés :

  • Près d’1 personne sur 3 pratique activement le jardinage urbain dans les cinq pays étudiés par YouGov pour STIGA.
  • La France affiche le taux le plus élevé, avec 39% de pratiquants, devant l’Espagne à 36%.
  • En France, 60% des jardiniers urbains déclarent s’intéresser davantage au jardinage qu’en 2021.
  • 85% des jardiniers urbains français estiment que cultiver des fruits ou des légumes a un effet positif sur leur moral.
  • L’entretien général reste l’activité la plus répandue chez les jardiniers urbains français, à 70%.
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Aurélie Giraud, juriste de formation, titulaire d'une maîtrise de droit public (Sorbonne, Paris I), est journaliste à Economie Matin, après avoir travaillé comme correctrice et éditrice dans l’édition.

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