Les smartphones d’occasion prennent de la valeur sur le marché de la revente. Portés par les modèles haut de gamme et par de nouvelles habitudes de renouvellement, les anciens téléphones deviennent un apport de plus en plus conséquent pour financer l’achat du suivant.
Smartphones d’occasion : la valeur de reprise s’envole

Le prix de revente des smartphones vient de franchir un nouveau seuil. Selon la troisième édition de l’Indice de la Reprise 2026, publiée par Recommerce et fondée sur l’ensemble des appareils traités par l’entreprise au cours des douze derniers mois, le montant moyen versé pour un téléphone repris atteint désormais 189 euros, contre 170 euros en 2025. Cette hausse supérieure à 10% traduit notamment la revente d’appareils plus récents et de plus grande valeur.
Smartphones : le prix moyen de revente atteint 189 euros
D’après l’Indice de la Reprise 2026, un propriétaire récupère donc en moyenne 19 euros de plus qu’un an auparavant lorsqu’il revend son smartphone. Cette moyenne ne signifie pas pour autant que tous les téléphones ont vu leur cote augmenter dans les mêmes proportions. Elle reflète aussi l’arrivée sur le marché de modèles haut de gamme, dont le prix d’achat initial et la valeur résiduelle sont plus élevés.
L’étude montre également que le calendrier des fabricants exerce une influence directe sur les volumes de revente. Les consommateurs attendent souvent l’annonce d’un nouvel appareil pour céder la génération qu’ils possèdent et financer une partie de leur prochain achat.
Selon l’Indice de la Reprise 2026, la sortie du Galaxy S26 a ainsi permis à Samsung de représenter plus du tiers des volumes repris pendant la période concernée. La valeur moyenne de reprise des modèles Galaxy S a parallèlement approché 187 euros, soit une progression de 19% en un an.
Le phénomène est encore plus marqué chez Apple. Au cours du mois suivant la sortie de l’iPhone 17, la marque a concentré près de 80% des reprises enregistrées par Recommerce. Ce pic annuel confirme que le lancement d’une nouvelle génération pousse rapidement une partie des propriétaires à remettre leur ancien appareil sur le marché.
Les marques Android progressent également. L’Indice de la Reprise 2026 indique que la part des modèles Google dans les volumes repris a augmenté de 64% en un an, tandis que celle des appareils Xiaomi a progressé de près de 20%. Apple reste toutefois très largement majoritaire dans le classement des téléphones les plus fréquemment revendus.
L’iPhone 13 domine le marché de l’occasion
L’iPhone 13 occupe la première place du classement 2026 des smartphones les plus repris par Recommerce. Il devance l’iPhone 15, l’iPhone 14, l’iPhone 11 et l’iPhone 12. Les versions Pro et Pro Max sont elles aussi bien représentées, preuve que les appareils premium alimentent de plus en plus le marché de l’occasion.
Samsung place deux modèles dans les dix premières positions : le Galaxy S23 5G et le Galaxy S22 5G. Cette présence reste limitée face aux huit références Apple, mais elle montre que certains appareils Android conservent eux aussi une valeur suffisamment élevée pour inciter leurs propriétaires à les revendre.
L’Indice de la Reprise 2026 mesure également la part du prix initial qu’un consommateur peut encore récupérer. Lors de l’année de lancement de l’iPhone 17, la reprise d’un iPhone 15 rapportait en moyenne 33% de son prix de départ. Cette proportion atteignait 25% pour l’iPhone 14 et 20% pour l’iPhone 13. Même l’iPhone 11 pouvait encore être repris à hauteur de 9% de sa valeur initiale.
Du côté de Samsung, le Galaxy S25 conservait environ 34% de son prix de lancement lors de la sortie du Galaxy S26. Le propriétaire d’un Galaxy S24 pouvait récupérer 30% de sa valeur initiale, contre 20% pour un Galaxy S23.
Ces chiffres confirment que certains smartphones peuvent conserver une valeur marchande pendant plusieurs années. Le prix effectivement proposé dépend néanmoins de la capacité de stockage, de l’état de l’écran, du fonctionnement de la batterie et de l’aspect général de l’appareil.
Augustin Becquet, directeur général de Recommerce, souligne dans l’Indice de la Reprise 2026 que la valeur d’un téléphone perd « près de 15% par an » après la forte décote de la première année.
Revendre entre la deuxième et la troisième année
Le moment de la revente devient ainsi un élément important du coût réel d’un smartphone. Attendre trop longtemps réduit mécaniquement le montant récupéré, tandis qu’une vente très rapide intervient après la décote particulièrement forte subie durant la première année.
Dans l’Indice de la Reprise 2026, Augustin Becquet estime que revendre son appareil entre la deuxième et la troisième année constitue le « le moment le plus avantageux financièrement ». Cette période permettrait de profiter suffisamment longtemps du téléphone sans attendre que sa valeur résiduelle devienne trop faible.
Le soin apporté à l’appareil joue aussi sur le prix. Un écran intact, une batterie préservée et une coque sans dommage important permettent de rester dans la fourchette haute des estimations. À l’inverse, des rayures profondes, un écran cassé ou une autonomie fortement dégradée entraînent une réduction du montant proposé.
La durée du support logiciel devient également un critère. Un téléphone encore couvert par les mises à jour de sécurité peut être plus facilement reconditionné et revendu qu’un modèle devenu obsolète. Les engagements pris par les constructeurs en matière de longévité peuvent donc soutenir la valeur des générations récentes.
Ce que vaut encore votre ancien téléphone
- 189 euros : prix moyen de reprise d’un smartphone en 2026.
- 170 euros : prix moyen constaté en 2025.
- 15% : décote annuelle moyenne après la première année.
- 33% : part du prix initial récupérée en moyenne pour un iPhone 15.
- 34% : part récupérée pour un Galaxy S25 lors de la sortie du S26.
La revente devient un moyen de financer le prochain achat
La progression du prix moyen accompagne l’installation durable du smartphone d’occasion dans les habitudes de consommation. D’après le Baromètre 2026 du marché du mobile d’occasion, réalisé par Recommerce avec Kantar, 50% des Français ont déjà acheté un appareil de seconde main, contre 24% en 2019. En 2026, 22% des téléphones possédés en France sont d’occasion.
Le prix reste la première motivation, cité par 71% des personnes interrogées. La revente progresse elle aussi : 44% des Français déclarent vouloir céder leur téléphone lors de leur prochain changement, soit sept points de plus qu’un an auparavant. Dans les faits, 37% des sondés ont déjà revendu au moins un appareil.
L’ancien smartphone devient ainsi une forme d’apport. Le Baromètre 2026 indique que 37% des personnes interrogées revendent leur appareil pour financer le suivant. Elles sont également 32% à rechercher un paiement immédiat ou une réduction directement appliquée au prix de leur nouvel achat.
Augustin Becquet considère que la revente immédiate devient « un levier de pouvoir d’achat » alors que les appareils neufs coûtent de plus en plus cher.
Cette évolution favorise la reprise à terme, également appelée « Forward Trade-In ». Le prix futur de rachat est déterminé dès l’acquisition du smartphone, sous réserve que l’appareil soit restitué dans l’état prévu. L’Indice de la Reprise 2026 comptabilise plus de 200.000 engagements de ce type en Europe en 2025, répartis dans plus de dix programmes opérés par Recommerce.
Le prix ne suffit pas à déclencher la revente
Malgré la hausse des montants proposés, une partie des consommateurs hésite encore à céder son ancien téléphone. La protection des données personnelles demeure l’un des principaux freins. Selon le Baromètre Recommerce-Kantar 2026, 80% des Français exigent une certification garantissant l’effacement de leurs informations avant la remise en circulation de l’appareil.
La traçabilité compte également. Quelque 71% des personnes interrogées veulent connaître précisément l’identité du reconditionneur, tandis que 63% demandent une labellisation accordée par un organisme indépendant. Les doutes sur la durée de vie des téléphones d’occasion sont cités par 34% des sondés et le manque de confiance envers les professionnels du secteur par 30%.
Les consommateurs attendent aussi que les opérateurs simplifient la démarche. Le Baromètre 2026 montre que 76% des Français souhaitent que leur opérateur propose un service de reprise. La transparence du diagnostic, la sécurité des données et la garantie du prix annoncé deviennent donc aussi importantes que le montant affiché.
