E.Leclerc lance à partir du 9 juillet 2026 un tarif de recharge électrique à 0,19 €/kWh sur son réseau Charge E-Lec, soit environ 3,40 euros pour 100 kilomètres. Cette offre sans abonnement, applicable aux bornes de 22 kW, divise par trois le coût d’usage par rapport au carburant thermique et s’inscrit dans la stratégie historique de guerre des prix du distributeur.
Recharge électrique : Leclerc propose un tarif imbattable à 0,19 €/kWh

À partir du 9 juillet 2026, recharger son véhicule électrique chez Leclerc coûtera 0,19 €/kWh, soit environ 3,40 euros pour 100 kilomètres. Un tarif sans abonnement qui rapproche enfin le coût de la mobilité électrique de celui du carburant, au moment où les Français préparent leurs vacances d'été.
Un prix qui fait la différence : 0,19 €/kWh sans abonnement
Michel-Édouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E.Leclerc, annonce la recharge la moins chère de France sur le réseau Charge E-Lec. Le kilowattheure s'affiche à 0,19 euro, un niveau comparable aux tarifs domestiques EDF (19,27 à 19,40 centimes). Les opérateurs concurrents facturent actuellement entre 25 et 27 centimes le kWh sur les bornes publiques, soit une différence de 30 à 40 % selon Automobile Propre.
L'offre ne nécessite aucun abonnement mensuel. Les automobilistes téléchargent l'application mobile Charge E-Lec, créent un compte et paient uniquement leur consommation réelle. Une offre de bienvenue crédite 50 % du montant de la première recharge en avoir pour des achats en magasin E.Leclerc. Cette simplicité tranche avec la jungle tarifaire actuelle, où les formules d'abonnement et les grilles de prix varient d'un opérateur à l'autre.
Combien coûte vraiment une recharge pour 100 km ?
Pour parcourir 100 kilomètres, un véhicule électrique consomme en moyenne 17 à 18 kWh, selon le modèle et les conditions de conduite. Au tarif Leclerc de 0,19 €/kWh, la facture s'établit à 3,40 euros environ pour 100 kilomètres. Un véhicule thermique consommant 6 litres aux 100 kilomètres, avec un carburant à 1,70 euro le litre, coûte 10,20 euros sur la même distance. L'électrique divise donc le budget par trois, même en recharge publique.
Cette économie devient encore plus significative sur un trajet vacances. Pour rejoindre Nice depuis Paris (930 kilomètres), la recharge électrique chez Leclerc coûterait environ 31,50 euros, contre 95 euros en carburant. L'écart atteint 63 euros, soit une économie substantielle pour un ménage. Ces calculs supposent toutefois l'accès aux bornes Leclerc, situées principalement dans les zones commerciales et non sur les axes autoroutiers.
Comparaison : électrique vs carburant, le match du budget vacances
L'offensive tarifaire de Leclerc intervient en pleine opération carburant à prix coûtant, organisée les 3 et 4 juillet 2026 dans 711 stations-service du réseau. Michel-Édouard Leclerc déclare : « Le carburant restera encore pendant longtemps un totem de notre prix bas, mais maintenant la charge électrique également. » L'enseigne transpose ainsi sa stratégie historique de lutte contre les prix à la mobilité électrique, marché qui représente désormais 30 % des ventes automobiles en France.
Attention cependant : le tarif de 0,19 €/kWh s'applique uniquement aux bornes accélérées de 22 kW maximum. Les bornes rapides (22 à 99 kW) et ultra-rapides (plus de 100 kW), installées sur les aires d'autoroute, restent exclues de cette offre. Une recharge complète sur borne 22 kW nécessite plusieurs heures, contre 20 à 30 minutes sur borne rapide. Le gain financier impose donc une contrainte temporelle.
La stratégie Leclerc : transposer la guerre des prix du carburant à l'électrique
Un héritage depuis 1970 : Leclerc et la bataille tarifaire
En 1970, Édouard Leclerc installe la première station-service du réseau à Gouesnou et lance les ventes « à prix coûtant ». Cette offensive provoque une révolution dans la distribution de carburant en France. Neuf ans plus tard, la libéralisation partielle des licences d'importation permet la création de SIPLEC, filiale d'approvisionnement qui consolide la position de Leclerc comme deuxième distributeur de carburant français. Les opérations à prix coûtant, organisées plusieurs fois par an, sont devenues une signature du groupe.
Le réseau Charge E-Lec compte actuellement 3 000 points de charge. L'objectif fixé pour 2035 atteint 10 000 bornes, un déploiement qui nécessite des investissements massifs. Michel-Édouard Leclerc justifie cette stratégie : « Il n'y avait pas [de bataille des prix sur la recharge électrique] et donc on va lancer la bataille du prix de la recharge. » Le groupe applique à l'électrique la même logique de volume et de prix bas qui a fait son succès sur le carburant.
Pourquoi maintenant ? Le contexte économique de 2026
L'annonce survient dans un contexte économique tendu. Michel-Édouard Leclerc évoque « les conséquences de la guerre en Iran » qui ont fait flamber les prix de l'énergie. Les ménages français subissent une inflation persistante sur leur budget transport. Le groupe positionne son offre comme un soutien au pouvoir d'achat, particulièrement lors des départs en vacances d'été, période sensible pour les budgets familiaux.
Le marché automobile français a basculé : 30 % des ventes concernent désormais des véhicules électriques. Cette massification crée un nouveau marché de la recharge publique, encore peu structuré et opaque. Leclerc identifie une opportunité : démocratiser la mobilité électrique en cassant les prix, comme il l'a fait pour le carburant il y a cinquante ans. La stratégie vise autant la captation de clientèle que le positionnement d'image sur la transition énergétique.
Comment accéder à cette offre et où recharger ?
3 000 bornes aujourd'hui, 10 000 en 2035 : la couverture territoriale
Les 3 000 points de charge Charge E-Lec se situent principalement sur les parkings des centres commerciaux Leclerc. Cette implantation favorise les recharges lors des courses hebdomadaires, mais limite l'usage pour les longs trajets autoroutiers. Enerzine souligne que l'absence de bornes sur les grands axes routiers constitue une limite pour les vacanciers pressés.
Le déploiement vers 10 000 bornes d'ici 2035 nécessitera neuf années. À titre de comparaison, le réseau Tesla Supercharger compte environ 1 200 points en France, tandis qu'Ionity en exploite 400. Leclerc vise une couverture dense en zones périurbaines et rurales, là où ses magasins sont implantés. Cette stratégie complémente les réseaux autoroutiers sans les concurrencer directement. La question de la cohabitation avec les autres usagers de parkings, déjà source de tensions lors d'événements climatiques, se posera inévitablement.
Application mobile et offre de bienvenue : les conditions d'accès
L'application Charge E-Lec centralise la localisation des bornes, la réservation et le paiement. Les utilisateurs créent un compte gratuitement, renseignent un moyen de paiement et démarrent leur recharge via l'application. Aucun badge RFID n'est nécessaire, contrairement à certains opérateurs historiques. L'offre de bienvenue crédite 50 % du montant de la première recharge en avoir magasin, un mécanisme qui fidélise le client sur l'ensemble de l'écosystème Leclerc.
Les bornes de 22 kW conviennent aux véhicules dont le chargeur embarqué accepte cette puissance. Certains modèles d'entrée de gamme plafonnent à 7 kW, prolongeant d'autant le temps de recharge. La puissance réelle dépend donc autant de la borne que du véhicule. Pour un usage optimal, il convient de vérifier les caractéristiques techniques de son automobile avant de planifier une recharge longue durée. L'arrivée massive de constructeurs chinois comme BYD sur le marché européen pourrait accélérer la standardisation des chargeurs embarqués performants.
L'offensive tarifaire de Leclerc redéfinit les standards du marché de la recharge électrique. Reste à savoir si les concurrents suivront ce mouvement ou si la guerre des prix provoquera une consolidation du secteur. Pour les automobilistes, l'équation budgétaire de la mobilité électrique vient de basculer en faveur de l'électron.
